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Le système de transport militaire français

Une question sur un blindé, une arme, du matériel, un canon, un véhicule, une locomotive de la seconde guerre mondiale?
C'est ici.
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Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 1  Message de bernard-1954  Message 03 Sep 2026, 07:24

En l'absence d'un forum dédié aux systèmes et aux doctrines de la seconde guerre mondiale, je propose d'utiliser ce forum, comme je l'ai fait pour mes deux sujets sur la logistique, pour étudier cette fois les systèmes de transport militaires, et en particulier celui de la France.

Jusqu'à la fin du premier Empire, le transport militaire ne concernait que la logistique (munitions et vivres). Les troupes se déplaçaient, sur la terre ferme, par leurs propres moyens : à pied ou à cheval. Je pense qu'il est utile de partir de la naissance du chemin de fer et de son application au transport de troupes pour parcourir rapidement l'évolution jusqu'à la seconde guerre mondiale et comprendre le "pourquoi" de l'organisation mise en place. Les premiers posts seront antérieurs à la seconde guerre mondiale, ce qui, je l'espère, ne posera pas de problème pour la modération.

Les sources utilisées sont :
- des ouvrages sur le transport militaire ferroviaire au XIXe siècle
- des ouvrages sur le transport militaire pendant la première guerre mondiale
- deux documents de l'Ecole supérieure de guerre, datant de 1939 :
- notes pratiques d'état-major
- aide-mémoire pour les travaux d'état-major

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 2  Message de Alfred  Message 03 Sep 2026, 10:29

la grande différence c'esr qu'à partir de 1914 il existe un front continu?En 1870,sauf autour du siège de Paris cette notion n'existait pas mon grand père avait pu aller payer les dettes de l'entreprise familiale aux Moulins de Creil depuis Dunkerque Seule précaution toutes les pièces d'or avaient été cousues dans la doublure de sa redingote

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 3  Message de alain adam  Message 03 Sep 2026, 11:07

bernard-1954 a écrit:Les sources utilisées sont :
- des ouvrages sur le transport militaire ferroviaire au XIXe siècle
- des ouvrages sur le transport militaire pendant la première guerre mondiale
- deux documents de l'Ecole supérieure de guerre, datant de 1939 :
- notes pratiques d'état-major
- aide-mémoire pour les travaux d'état-major


J'ai pour ma part l'aide mémoire de 1938 ( jamais trouvé celui de 40 ) et surtout le Lee Sharp volume VI part 3 dédié aux unités de transport s'il y a besoin d'entrer dans le détail des unités pour 1940.

Alain
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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 4  Message de P165gba  Message 03 Sep 2026, 11:22

Pour 1914, les premières pages du livre de l'historien anglais John Keegan "La première guerre mondiale", chapitre "plans de guerre" décrivent très bien la problématique du ferroviaire.

Il note une topographie de réseaux très différente entre la France et l'Allemagne. La France a un réseau en étoile ayant pour centre, Paris (L'objectif de nos défaites). Alors que le réseau allemand est une matrice axe Est-Ouest et axe Nord-Sud.

Il précise aussi l'importance de la gestion des horaires qui déjà en 1870 avait fonctionné à merveille pour l'acheminement des troupes allemandes. La planification des horaires était une obsession dans l'acheminement des troupes, depuis la mobilisation jusqu'aux positions en réserve ou sur la ligne de front.

Du "M Tag", jour de mobilisation pour les allemands découlait les réservations des horaires sur le Graphique Horaire (Graphique espace/temps) et donc la réservation du matériel. Des techniques tel que le cadencement horaire ont été mis au point par les allemands.

Par contre, si loin du front l'organisation des horaires ne rencontrait que peu de problème autre que des pannes et casse technique, plus on se rapprochait du front les combats, bombardement du réseau, des matériels (locomotives, voitures, wagons) nécessitaient l'adaptation acrobatique du graphique horaire. A l'époque les aiguillages se manœuvraient uniquement à la main contrairement à aujourd'hui ou cela se fait aussi électroniquement par des commandes centralisées.

Rappel en 1914, la SNCF n'existait pas, elle est créée en 1938. Le réseau ferroviaire français était détenu par des entreprises privées ayant, pour simplifier une délégation de transport de l'Etat sur un territoire. Le réseau ferré français était exploité par six grandes compagnies privées et le réseau de l'État, chacune disposant d'un monopole territorial.

  • Compagnie du Nord : desservait le nord de la France et les régions industrielles.
  • Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) : couvrait l'est et le sud, spécialisée dans le luxe et les vacances.
  • Réseau de l'État : issu de la nationalisation de la Compagnie de l'Ouest en 1908, il gérait l'ouest du pays et les stations balnéaires.
  • Compagnie de l'Est : connectait la capitale à l'Alsace et à la frontière allemande.
  • Compagnie du Paris-Orléans (PO) : exploitait le centre-ouest et les stations thermales.
  • Compagnie du Midi : unique grande compagnie sans tête de ligne à Paris (siège à Bordeaux), desservant le sud-ouest.
À cette date, le réseau ferré d'intérêt général atteignait environ 39 400 km. L'Alsace-Lorraine, annexée par l'Empire allemand en 1871, n'était pas incluse dans ce comptage français et était exploitée par la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine.

La problématique était que les 6 compagnies privées définissaient elle même leurs moyens techniques et leurs normes, ce qui devenait un handicap avec l'extension du réseau et la modernisation technologique (Electrification, signalisation, ...). Ceci empêchait d'envisager la fluidité des trajets et l'interopérabilités dans la couverture du territoire. C'est pourquoi en 1938, il fut décider de créer la SNCF.

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 5  Message de Loïc Charpentier  Message 03 Sep 2026, 12:07

La Guerre de 1870-1871 avait été, notamment en juillet-août 1870, l'exemple même de l'emploi défectueux du transport ferroviaire par l'intendance militaire française. Çà ne venait pas du réseau ferré, mais de la manie de notre intendance militaire de l'époque à vouloir créer des dépôts distincts - exemple, un dépot pour les canons, un autre pour leurs affûts, un troisième pour les munitions! - avec, pour résultat, des Corps d'Armées qui ne réceptionnaient qu'une partie de leurs dotations!

Autre problème, la "mobilisation" des troupes françaises ne s'effectuait pas par région, mais par régiment "d'origine", ce qui faisait qu'un "troufion", qui servait, désormais, dans une unité cantonnée dans le secteur lyonnais, devait, au préalable, rejoindre son régiment stationné à Lille ou Bordeaux!...qui était alors acheminé en Alsace ou Lorraine! Il y a eu bien pire, car un certain nombre de régiments ayant été, entre temps, affectés en Algérie, ledit troufion traversait la France, franchissait la Méditerranée pour rejoindre son unité, pour, au final, effectuer le trajet dans l'autre sens, avant d'aboutir en Alsace-Lorraine.

En ce qui concerne les officiers, çà avait été un boxon innommable, car, dans le cadre d'une "mobilisation", il était de règle, dans l'Armée française, qu'ils changent systématiquement d'affectation - la vieille trouille "républicaine" de possibles "coups d'état" militaires, afin d'éviter toute possibilité de collusion entre les officiers et leurs troupes! -., bref, le capitaine ou le commandant, chef d'unité à Carcassonne, se voyait expédier au Mans ou Tourcoing! :mrgreen:

Au final, alors que le Second Empire avait déclaré la guerre à la "Prusse", le 15 juillet 1870, début août 1870, la situation générale de l'armée française flirtait, au mieux, avec un aimable boxon!

Déjà, sur les "400 000 hommes en armes" qu'elle était censée pouvoir rassembler, début août 1870, elle en alignait, au mieux, que 250 000!

Ci-après, un exemple parmi bien d'autres...

Instruction des cadres

L’Etat-major avait considéré que l’attribution des canons à balles à l’Artillerie offrait un avantage supplémentaire pour maintenir le secret autour de l’arme. La compétence technique des artilleurs permettra de limiter la formation ad hoc au strict minimum. Un stage d’initiation de 2 jours, organisé à l’intention des cadres, est considéré comme amplement suffisant, pour le reste, la lecture de l’Instruction, qu’il est prévu de publier, doit y pallier. Les armes nouvelles ne seront distribuées en unités qu’au tout dernier moment. On avait déjà fonctionné de la sorte pour le nouveau canon-obusier, lors de la Campagne de Crimée, et pour la pièce de 4 livres rayées, qui n’avait été confiée aux batteries qu’une fois rendues en Italie, en 1859 -à cette époque, le général Le Bœuf était d’ailleurs commandant en chef de l’artillerie de l’Armée des Alpes-. Cà avait bien râlé un petit peu dans les rangs des officiers subalternes qui avaient essuyé les plâtres mais, globalement, en haut-lieu, on s’était montré satisfait du stratagème -. On procédera donc de la même manière pour les mitrailleuses.

A l’époque, le service d’une arme par la troupe et les sous-officiers passe, avant toute chose, par l’instruction de son commandement. Disons-le tout net, il ne règne pas une grande opinion dans le corps des officiers, sur la compétence de ses subordonnés. Les sous-officiers sont considérés comme des coureurs de solde à l’ancienneté et la troupe, à base d’appelés, dépourvus de fortune pour se payer un remplaçant, comme une bande d’incompétents illettrés, tout juste bonne à effectuer des mouvements répétitifs, inculqués sous une forme basique – l’apprentissage de la marche au pas cadencé, sur l’ordre de « Paille ! Foin ! », pour distinguer la gauche de la droite, n’est pas qu’une aimable légende-. Pourtant, l’emploi efficace d’une arme implique d’instruire l’ensemble de son personnel, pour éviter, dans l’émotion des combats, nombre de d’enrayages et d’accidents de tir. De même, l’encadrement doit s’accoutumer à l’exploitation des résultats, interpréter les effets et rectifier rapidement les réglages. On va pourtant s’asseoir aimablement sur ces sages préceptes.

A partir du mois d’avril 1868, quatre séries de stages, d’environ une semaine de durée, sont constitués pour des capitaines-commandant de batterie. Pour bénéficier de ce stage, les officiers désignés doivent, au préalable, signer un engagement particulier.


Au total, 24 capitaines, un colonel et un général, directeur de l’artillerie de la marine participeront à ces stages de formation, entre avril et mai 1868. Mais, lors de l’entrée en campagne, à l’exception de trois d’entre eux, les officiers instruits ne seront pas affectés à des batteries de canons à balles !

A la déclaration de guerre, on va être obligé d’effectuer à la hâte, les désignations des commandants de batterie de mitrailleuses, d’expédier les cadres à Meudon, de mettre sur roues les voitures engerbées - car tout est soigneusement stocké, de la pièce de 12 livres à la ceinture de flanelle – puis de les diriger avec leur précieux chargement sur les garnisons et les points de concentrations, alors que les gares du chemin de fer sont débordées par les envois de vivres et de matériels, les unités d’actives sont souvent débarquées au petit bonheur la chance et le réserviste, demeurant à Langres ou à Nancy, expédié sur son dépôt d’affectation à Bordeaux ou en Algérie avant d’être redirigé sur Bitche ou Strasbourg pour rejoindre son unité !

Le commandant Reffye et le capitaine Pothier, remplaçant de l’infortuné Schulz, vont assurer, dans l’urgence, la formation des cadres, officiers et sous-officiers, de 28 batteries, convoqués entre le 9 juillet et le 15 juillet 1870. A partir du 11 juillet, les convocations aux stages inclus un brigadier, 5 servants et 2 ouvriers en fer. Il était temps ! Dans l’incertitude des affectations, les convocations vont porter jusqu’à 3 batteries par régiment mais, en réalité, seules, 15 batteries, sur un total de 24, bénéficieront du stage. Le 2 août, alors que, pour la première fois, les mitrailleuses de la 9e batterie du 5e régiment d’artillerie (2ème division, 2ème Corps) ouvrent le feu à Sarrebrück, de nouveaux stages d’initiation au canon à balles sont encore organisés à Vincennes, Besançon et Bourges ! Mais, alors que le Ministre, par circulaire, insiste sur l’importance de ces stages pour former des noyaux d’instruction au sein de leurs batteries, cela n’empêchera pas le personnel « spécialisés » de se retrouver affecté à des batteries de 4, de 12, où à l’état-major divisionnaire tandis que les mitrailleuses sont confiée aux mains inexpertes de servants ignorants, commandés par des officiers qui n’ont que des notions plus que sommaires sur leur emploi. Les voies de l’administration militaires sont souvent impénétrables ! Entre le 15 juillet et le 9 septembre 1870, 29 batteries (174 mitrailleuses) sont assemblées et distribuées. A chaque envoi d’une batterie complète, sont joints 4 tableaux de composition de batterie et 4 Instructions sur le service du canon à balles. C’est déjà insuffisant pour une batterie de 6 pièces mais il s’avère, en plus, qu’on a oublié de mettre les états-majors dans la liste des destinataires !

Tout en menant de front, l’assemblage des mitrailleuses – dès le 12 juillet 1870, 18 batteries sont mises sur roues et l’inventaire de l’état des munitions stockées assure un approvisionnement pour 30 batteries à 800 coups par pièce - et les stages du personnel, Reffye et son équipe se dépensent sans compter. Ils vont, de leur propre chef, livrer plusieurs batteries aux unités sur le terrain, effectuer les ultimes réglages, improviser des cours d’initiation, organiser des tirs d’exercice. Mais la tâche est démesurée et bien souvent, les batteries sont réceptionnées dans l’inconnu le plus complet. Les documents joints ont beau prescrire, dès la réception du matériel, de procéder à un exercice et, si possible, d’exécuter un tir, pour la plupart des batteries, la première école à feu aura pour objectif les batteries allemandes redoutablement entrainées et qui ont pour consigne de les faire taire dans les plus brefs délais.


A l'inverse, la "mobilisation" allemande, déclenchée après la déclaration de guerre française, elle, avait été menée au cordeau! On en connait, hélas, le résultat! ::mal-a-la-tete::

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 6  Message de bernard-1954  Message 03 Sep 2026, 13:00

Je suis surpris, positivement surpris, par les réactions à mon premier post. Je pensais entamer un monologue et je constate qu'il y aura des contributeurs - et des contradicteurs ? - pour enrichir le débat.

Pour l'instant, juste une information : le passage de l'heure locale, heure du soleil dans chaque village, à l'heure légale en France a été rendu nécessaire par l'exploitation du transport passager sur les lignes ferroviaires. L'étape suivante, plus tardive, a été l'alignement sur l'heure anglaise afin de faciliter les voyages de nos amis d'Outre-Manche sur la "malle" Calais-Douvres et le réseau ferroviaire français.

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 7  Message de Loïc Charpentier  Message 03 Sep 2026, 13:40

A propos de la situation ferroviaire française à l'été 1870, il existe cette étude qui traite de la célèbre compagnie française, PLM (Paris-Lyon-Méditerranée)...

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... /f93.item#

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 8  Message de bernard-1954  Message 03 Sep 2026, 13:47

Loïc Charpentier a écrit:A propos de la situation ferroviaire française à l'été 1870, il existe cette étude qui traite de la célèbre compagnie française, PLM (Paris-Lyon-Méditerranée)...

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... /f93.item#


J'ai trouvé couvrant cette période, exclusivement ou non :
- The rise of rail-power in war and conquest 1833-1914 - Edwin A. Pratt - 1915 (payant)
- Aperçu historique sur le service des transports militaires - A Pernot - 1894 (numérisé par Google, accès libre)
- Les chemins de fer pendant la guerre de 1870-1871 : leçons faites en 1872 à l'École des ponts et chaussées par Frédéric Jacqmin (numérisé par la BNF, accès libre) - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4086242

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 9  Message de Loïc Charpentier  Message 03 Sep 2026, 15:42

bernard-1954 a écrit:J'ai trouvé couvrant cette période, exclusivement ou non :
...
- Les chemins de fer pendant la guerre de 1870-1871 : leçons faites en 1872 à l'École des ponts et chaussées par Frédéric Jacqmin (numérisé par la BNF, accès libre) - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4086242


Ce dernier ouvrage comparant, également, les organisations françaises et allemandes durant la période de référence! ::super::
Sinon, un détail "amusant" à partir de ces vieux horaires "PLM" de 1871, celui des "délais d'acheminement", 90 ans plus tard (décennie 1960) sur les mêmes trajets (exemple Paris-Marseille), en empruntant, dans les années "1960", un train dit "expresse", qui faisait halte à chaque gare et un "rapide", qui, lui, ne s'arrêtait sur le même parcours que dans quelques gares principales.

J'ai un exemple en tête, le célèbre Vintimille-Paris-Strasbourg, à bord duquel j'embarquais, à Saint-Raphaël, le vendredi après-midi, entre 16H30 et 17H00, qui faisait halte, en tant que "rapide' à Lyon-Perraches, sur les coups de 23H00-23H30, s'y séparait en deux convois, l'un vers Paris (toujours "rapide"), l'autre, vers Strasbourg, qui, lui, devenant, dès lors, un "expresse", s'arrêtait dans toutes les gares qui s'échelonnaient entre Lyon et Strasbourg, avec pour résultat de se retrouver sur le quai de gare strasbourgeois à 06H 55 ou "07H 00" du matin!...

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Re: Le système de transport militaire français

Message Post Numéro: 10  Message de bernard-1954  Message 04 Sep 2026, 07:21

Un peu de contexte avec 1870.

Si le rail (en bois) existe depuis longtemps, en particulier dans les mines, il connaît un grand développement dans les premières décennies du XIXe siècle grâce à l'utilisation du fer, puis de l'acier, et au remplacement du cheval par la locomotive à vapeur. L'Angleterre crée les premières lignes ferroviaires commerciales : Stockton-Darlington (fret, 1825) et Liverpool-Manchester (fret et passagers, 1830). Sur cette dernière ligne, la même année, un régiment inaugure le transport ferroviaire militaire : le voyage lui prend 2 heures au lieu de 2 jours s'il l'avait fait à pied.

Avec le développement des réseaux ferroviaires sur le continent, l'Allemagne (Confédération germanique) et la France s'essaient au transport de troupes par rail. En 1846, la Prusse transporte un corps d'armée entier, avec ses véhicules et ses chevaux. La première utilisation "pour de bon" est due à la France, lors de la campagne d'Italie de 1859. Quelques années plus tard, le chemin de fer est largement utilisé à des fins militaires pendant la guerre de sécession (1861-1865). Les Allemands l'utilisent pendant la campagne de 1866 et codifient son usage en s'inspirant de ce qui s'est passé en Amérique.

En France, il existe un "vieux" règlement sur les transports par chemin de fer, inadapté aux conditions modernes. Le ministre de la guerre, le maréchal Niel, crée en 1869 une commission centrale de chemin de fer pour préparer un nouveau règlement. La guerre de 1870 interrompt ses travaux et la France part en guerre avec l'intention de réaliser sa concentration plus vite que la Confédération, mais sans aucune organisation dans le domaine ferroviaire.

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