Le système des tickets de rationnement avait perduré, sur le territoire métropolitain, jusqu'au 1er décembre 1949 (dernier "mois" d'application).
Néanmoins, de mémoire, tout en ayant évolué, son emploi, prolongé, une première fois, en 1949, était resté en place pour l'essence jusqu'en 1954-1955 , avant d'être prolongé en 1956-1957, suite à la "Crise de Suez". Durant la première moitié des années "1950", l'émission de ces "bons d'essence", achetés à l'avance, avait eu pour fonction première de prévoir les besoins en carburant du "prolétariat vacancier estival" français, qui venait, lui-même, de découvrir", en "juillet-août'", les avantages de l'automobile pour ses déplacements familiaux! La 4 CV Renault et la "Deudeuche" Citroën constituant, alors, l'essentiel des achats. C'est, aussi, à la même époque, qu'on avait connu les tous premiers "bouchons" à la sortie de Paris, le réseau routier français - de qualité, certes, par son importance - n'étant constitué que de routes nationales et départementales à deux voies de circulation! En 1936, avec les congés payés instaurés par le Front Populaire, les moyens de transport des nouveaux "vacanciers" avaient essentiellement été le train et la bicyclette!
A propos de la "Deudeuche", il convient de se rappeler qu'il y avait eu, dans les années 1953-1954, un véritablement engouement de la part des Français amenés à séjourner, pour les vacances ou le boulot, dans des contrées "lointaines". Ainsi, ma mère, en transit entre Casablanca et Bagdad, pour raisons professionnelles, avait passé sans problème son permis de conduire, en France, durant ses congés estivaux de 1953, à bord d'une 2CV. Bon nombre de cadres français de son entreprise, "mutés" en Irak, avaient, alors acquis une 2 CV, réputée pour ses qualités "tous-terrains", acheminée à "grands frais", d'abord par bateau, depuis Marseille jusqu'à Beyrouth, puis par voie ferrée jusqu'à Bagdad.
Le problème était que, au final, rendue sur place, la "Deudeuche" leur avait coûté une "petite fortune", alors, que, un, au même moment, à Bagdad, on pouvait acheter, en gros, pour "trois francs-six sous" ou presque, une grosse berline américaine neuve, dotée d'un 8 cylindres et, en ajoutant un supplément, disposer de la "clim"(!)... deux, l'essence y coûtait peanuts, trois, les rues de Bagdad et de sa banlieue étaient, alors, non seulement, toutes, bitumées, mais le goudron employé ne se liquéfiait pas ou très peu au soleil (+ de 50°C , "à l'ombre", durant l'été!)
Certes, vers l'est ou l'ouest, sorties de la "capitale", les routes goudronnées s'arrêtaient à plus ou moins à 25 "bornes", pour devenir des pistes très largement carrossables... sur lesquelles, ces "enfoirés" d'irakiens, à la saison chaude, épandaient à l'envie du pétrole quasiment brut pour "fixer la poussière", mais les "aventuriers européens" étaient, eux-mêmes, très rares, sauf pour des nécessités professionnelles!
Mon paternel et ma mère avaient, ainsi, cassé un châssis de Chevrolet, dans le massif montagneux qui sépare l'Irak de l'Iran, en voulant, pour le "plaisir", rallier Téhéran et pouvoir s'y taper du caviar de la Caspienne (!). Certes, ils y étaient parvenus, mais, a l'aller, après la mise hors service de la Chevrolet, ils avaient dû finir le trajet à bord des monumentales "cages à poules", pour l'essentiel de "vieux autobus" américains à caisse en bois, acquis d'occase, chargés bien au-delà des limites d'emport - ma Mère, qui disposait pourtant d'une longue expérience coloniale, avait alors éprouvé l'une des plus belles trouilles de sa vie, en constatant la façon de conduire des chauffeurs locaux!

-, puis rentrer en avion!
Résultat: Les "Deudeuches" acheminées à "grands frais" avaient toutes aimablement roupillé dans le garage mitoyen des spacieuses villas, louées, elles-mêmes, pour des "queues de cerise", tandis que leurs propriétaires s'étaient empressés de faire l'acquisition d'une berline américaine (Chevrolet, Buick, etc.)!
