Les aviateurs tchécoslovaques en France : de l'exil à la lutte contre l'Allemagne nazie.

L'exil clandestin vers la France
Après l'invasion et le démantèlement de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne en mars 1939, de nombreux militaires refusent la capitulation.
De mai 1939 au printemps 1940 de très nombreux personnels de l'aéronautique tchèque, toutes spécialités confondues, sont arrivés par bateau depuis la Pologne et aussi par d’autres itinéraires. Au 1er janvier 1940, les effectifs recensés en France comprennent 584 naviguants dont 167 pilotes de chasse, 34 pilotes de bombardement, 117 pour l’observation / reconnaissance. Ces hommes ont rejoint la France parce qu'ils considèrent ce pays comme leur principal allié. Leur objectif initial était de reconstituer des forces tchécoslovaques en exil mais leur organisation demeurera longtemps dépendante des autorités françaises.
Un détour par la Légion étrangère
À leur arrivée en France en 1939, leur situation juridique est complexe. La France n'est pas encore en guerre et ne peut légalement intégrer des soldats étrangers dans son armée régulière. Les autorités françaises imposent alors une condition stricte : s'engager dans la Légion étrangère pour une durée de 5 ans.
Cet engagement comprenait une clause qui précisait qu’en cas de déclaration de guerre, ils seraient immédiatement transférés dans une unité aérienne française ou tchèque. Pendant la "Drôle de guerre", ils seront regroupés dans des camps d'entraînement de la Légion principalement à Sidi Bel-Abbès en Algérie avant d'être enfin versés dans l'Armée de l'air française à l'automne 1939.

Les Tchécoslovaques au camp d’Agde, dans l'Hérault à partir de septembre 1939
L'intégration dans l'Armée de l'Air
Contrairement à la Pologne ou à ce qui se fera plus tard en Angleterre, la France refuse de créer des escadrilles tchécoslovaques autonomes. Les pilotes de chasse et de bombardement seront disséminés par petits groupes au sein des escadrilles françaises.
Cette dispersion présentait un sérieux inconvénient. Les Tchéques n'avaient pas de commandement opérationnel autonome. Elle leur permit néanmoins de rejoindre rapidement des unités françaises expérimentées et de combattre sur des appareils modernes. Toutefois une partie de ces hommes ne sera jamais affectée à une unité combattante avant l'armistice. La raison principale tient à la lenteur de leur intégration dans l'armée de l'Air française, aggravée par le manque de personnel technique et par l'effondrement militaire de mai-juin 1940.

Au C.I.C. (Centre d'instruction à la Chasse ) à Chartres en 1940
Leurs actions furent importantes dans la Bataille de France. Bien qu'ils ne représentent qu'une grosse centaine de pilotes de chasse au front, leur impact a été spectaculaire. Au plus fort des combats en juin 1940, un pilote de chasse sur huit en France est tchécoslovaque. Rompus à une discipline de fer et portés par une rage farouche de libérer leur patrie, ils remporteront plus de 130 victoires aériennes confirmées ce qui reste un score plus qu'honorable.
L'évacuation vers l'Angleterre
Lors de la débâcle de juin 1940 et la signature de l'Armistice, les aviateurs tchéques vont refuser une nouvelle fois de déposer les armes.
Grâce à des filières d'évacuation, la grande majorité d'entre eux parviendra à s'embarquer depuis les ports du sud de la France (comme Port - Vendres) ou d'Afrique du Nord vers la Grande-Bretagne.

Au GC I/5 avec le Lt Marin la Meslée à l'extrème droite
Le bilan pendant la bataille de France
Les Tchèques comptent parmi les contributeurs importants aux victoires de l'Armée de l'air française en mai - juin 1940. La plupart des aviateurs qui le purent, cherchèrent à rejoindre la Grande-Bretagne, en passant par les ports français et parfois par l'Afrique du Nord. Le transfert fut compliqué en raison de l'effondrement militaire, des multiples changements d'ordres auxquels vont s’y ajouter le risques d'interception en mer.
Plus d’une trentaine d’aviateurs tchèques perdirent la vie durant la Campagne de France dont 18 pilotes.
Leur expérience française sera une première étape vers la RAF. Les pilotes tchécoslovaques participeront ensuite à la bataille d'Angleterre et serviront dans des squadron tchécoslovaques sous commandement britannique.

L'As tchèque František Peřina aux 13 victoires lors de la Bataille de France
11 confirmées+2 probables
Retour au pays
Après la guerre, la majorité de ces personnels est retournée en Tchécoslovaquie à l'automne 1945 pour former la base de la nouvelle armée de l'air tchécoslovaque, avant d'être dissoutes en février 1946, Après 1948, nombre de ces anciens combattants furent écartés de l'armée tchécoslovaque devenue communiste ou persécutés en raison de leur service auprès des Alliés occidentaux !...
Sources
Icare n°131 Vol XV
SHAA
https://interfas.univ-tlse2.fr/nacelles/1226
https://fcafa.com/2010/11/15/czechoslov ... rld-war-2/

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