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René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Venez nous présenter votre dernière lecture ou des ouvrages qui vous tiennent particulièrement à coeur. Parlons des dernières parutions concernant la seconde guerre mondiale. Une belle photo de la couverture est toujours la bienvenue...
Présentez également vos périodiques préférés. Donnez-nous les sommaires et discutez sur les contenus.

Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 11  Nouveau message de Aldebert  Nouveau message 24 Sep 2026, 17:38

alfa1965 a écrit:Est-ce que Bousquet a été renvoyé par Laval ou bien a-t-il démissionné de ses fonctions ?


Mon amie l'iA qui ne ment jamais (ou presque) nous conte ceci:

René Bousquet a officiellement démissionné de ses fonctions de secrétaire général de la police de Vichy le 31 décembre 1943. Cependant, cette démission a été provoquée par une intense pression des autorités allemandes sur le chef du gouvernement Pierre Laval. L'événement s'est déroulé en plusieurs étapes clés :Le déclencheur : Début décembre 1943, suite à l'assassinat de son ami Maurice Sarraut, Bousquet fait arrêter les coupables, qui s'avèrent être des miliciens ultra-collaborateurs. Il refuse fermement de les libérer malgré les exigences du chef de la Milice, Joseph Darnand.La pression allemande : Face à ce refus, Darnand se tourne vers les occupants nazis. Estimant déjà Bousquet « trop frileux » ou pas assez docile face à l'évolution de la guerre, les Allemands exigent son remplacement et font pression sur Pierre Laval. Le départ : Se sachant désavoué, condamné à brève échéance et en totale disgrâce auprès de l'occupant, René Bousquet choisit de devancer son limogeage officiel. Il détruit une grande partie de ses dossiers et archives avant de présenter sa démission. Il est immédiatement remplacé par Joseph Darnand le jour même de son départ.

Mais peut être que l'iA a péché ces infos dans le bouquin de Limore Yagil :evil:
blog.php?u=5328&b=565

https://www.wiki-rennes.fr/Cat%C3%A9gor ... C3%A0%20la


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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 12  Nouveau message de alfa1965  Nouveau message 24 Sep 2026, 17:44

Merci ce n'était pas trop clair pour moi.
Siamo 30 d'una sorte, 31 con la morte. Tutti tornano o nessuno. Gabriele d'Annunzio, Canzone del Quarnaro.

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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 13  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 24 Sep 2026, 21:15

Loïc a écrit:euh qui a déjà lu ou connaît Limore Yagil ici en fait???

Présent !
JD
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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 14  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 25 Sep 2026, 09:39

oui je le savais

pour rappel à ceux qui méconnaissent cette Historienne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Limore_Yagil

(en) Holocaust Denial in France: Analysis of a unique phenomenon (avec Pierre Vidal-Naquet), Tel-Aviv, université de Tel-Aviv, 1995 (
« L'homme nouveau » et la Révolution nationale de Vichy, 1940-1944, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », 1997, 382 p.
« Résistance et sauvetage des Juifs dans le département de l'Isère : (1940-1944) », Guerres mondiales et conflits contemporains, no 212,‎ avril 2003, p. 51-74
Chrétiens et Juifs sous Vichy, 1940-1944 : sauvetage et désobéissance civile (préf. Yehuda Bauer), Paris, Éditions du Cerf, coll. « Histoire », 2005, 765 p.
La France terre de refuge et de désobéissance civile, 1936-1944 : exemple du sauvetage des Juifs (préf. François-Georges Dreyfus)
- tome I : Histoire de la désobéissance civile : implication des corps de métiers, Paris, Les Éditions du Cerf, coll. « Histoire », 2010, 468 p.
- tome II : Implication des fonctionnaires le sauvetage aux frontières et dans les villages-refuges, Paris, Éditions du Cerf, 2010
- tome III : Exemple du sauvetage des Juifs. Implication des milieux catholiques et protestants, l'aide des résistants, Paris, Éditions du Cerf, 2011
Le sauvetage des Juifs dans la région d'Angers : Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, Sarthe, Mayenne, Loire-Inférieure, 1940-1944, Geste éditions, 2014
Au nom de l'art, 1933-1945 - Exils, solidarités et engagements (préf. Jean-Paul Bled), Fayard, 2015
Jean Bichelonne un polytechnicien sous Vichy (1904-1944) entre mémoire et histoire, SPM / L'Harmattan, 2015
Désobéir : des policiers et des gendarmes sous l'Occupation, 1940-1944, Paris, Nouveau Monde, 2018, 378 p.
Les « anonymes » de la Résistance en France 1940-1942. Motivations et engagements de la première heure, Éditions SPM / L'Harmattan, 2019
Des catholiques au secours des Juifs sous l'Occupation, Paris, Bayard, 2022
René Bousquet: L’énigme d’un fonctionnaire républicain sous l’Occupation (1940-1944), SPM, 20 novembre 2025, 372 p.
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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 15  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 27 Sep 2026, 15:52

une interview de l'Historienne mise au pilori dans notre forum pour ceux que cela intéresse...
https://www.tribunejuive.info/2025/12/2 ... ore-yagil/

L’historienne Limore Yagil[1] vient de publier après plusieurs années de recherche, un nouveau livre : René Bousquet, l’énigme d’un fonctionnaire républicain sous l’Occupation, Paris, SPM, 2025.

Pourquoi ce travail ?

Ce nouveau livre basé sur une riche documentation, vient combler une lacune importante dans l’historiographie française. A l’exception d’une seule biographie de René Bousquet, écrite par une journaliste, Pascale Froment en 1994[2], René Bousquet n’a bénéficié d’aucune étude historique. Pourtant, son nom est mentionné par les historiens, comme étant le responsable de la déportation des Juifs en France sous Vichy, coupable du génocide du peuple juif, comme l’organisateur de la rafle du Vel d’hiv, alors que la responsabilité du de Pierre Laval, ou du maréchal Pétain, sont totalement effacées, voir oubliées. Surtout que cette rafle mise en œuvre par la police de la préfecture de Paris, a été imposée par les Allemands. On oublie trop souvent que René Bousquet n’était ni un officier nazi ni un membre de la Milice française, ni le chef du gouvernement ou le ministre de l’Intérieur et n’avait que des pouvoirs limités. La démarche qui consisterait à faire aujourd’hui de René Bousquet le bouc émissaire de toutes les turpitudes de Vichy est réductrice.

Le premier objectif de notre ouvrage est de mettre les « pendules à l’heure ». L’action de René Bousquet comme secrétaire général de la Police ne doit pas être isolée de l’ensemble du parcours effectué par ce haut fonctionnaire sorti du giron de la matrice de la Troisième République, ni du contexte historique particulier des années 1940-1944. Bousquet était un jeune fonctionnaire, républicain dans l’âme, proche du parti radical, qui à la demande de Pierre Laval, qu’il connaissait de longue date, accepta de servir son pays, d’abord comme préfet de la Marne, puis comme préfet régional et à partir d’avril 1942 comme secrétaire général de la police sous les ordres de Pierre Laval. Il est resté à son poste sous Vichy, avec l’unique ambition de limiter la main mise allemande, de limiter le nombre des Juifs déportés, et celui d’autres français. Il n’est ni un antisémite, ni un partisan de l’Europe allemande. C’est surtout un diplomate habile, qui décida de discuter avec Heydrich[3] d’abord, puis avec Oberg[4] ensuite, pour essayer de mieux contrôler la situation : laisser à la police française la possibilité de décider qui elle arrête, quand et comment.

Selon l’armistice de juin 1940, la police et la gendarmerie française sous soumises aux ordres et aux exigences allemandes. Mais Bousquet arrive à changer les données : depuis l’accord Oberg-Bousquet, d’août 1942, la police et la gendarmerie prendront les décisions d’agir et d’arrêter. Cet accord permit à la police française d’agir de façon indépendante. Concrètement cette situation a permis à nombreux policiers et gendarmes d’oser à désobéir aux ordres de leur chefs et surtout aux allemands. La désobéissance est devenue de plus en plus importante, jusqu’à la résistance. Ce qui explique le fiasco total des rafles de l’été 1942 en zone libre: environ 50% des Juifs prévus pour être arrêtés, l’ont été. Vichy, en particulier Bousquet, a donc réussit à réduire le nombre des Juifs déportés.

Comme fonctionnaire, Bousquet réussit à contrecarrer les exigences allemandes, d’abord comme préfet de la Marne et ensuite avec plus de difficultés comme secrétaire de la Police, attitude somme toute courageuse en période d’occupation. Il intervint souvent en faveur des Juifs et leur procura des facilités pour partir à l’étranger et en protégea une centaine au secrétariat général ; il s’opposa à l’extension du port de l’étoile jaune en zone sud, fit relâcher en 1943 des juifs arrêtés par les Allemands, intervint auprès de Knochen en faveur des internés de Drancy et refusa de laisser consulter par les Allemand les listes des Juifs établies dans les préfectures. En 1943, les policiers et les gendarmes sont encouragés par Bousquet d’interrompre les déportations de Juifs français. Les Allemands mécontents, se chargèrent des arrestations par eux même, en bénéficiant de l’aide des Miliciens ou des partisans des mouvements collaborationnistes. Collaborer avec la police allemande en essayant de préserver l’autonomie de la police française et de protéger la population, c’était obligatoirement prendre le risque de sacrifier les uns pour tenter de sauver les autres.

Le deuxième objectif de ce livre est de démontrer que contrairement à une idée reçue, les Allemands arrivent en France, dès 1940 avec le principal objectif, celui de faire déporter à l’Est la totalité des Juifs de France : apatrides, étrangers et français. La Solution finale de la question juive, ne débute pas en 1942, mais dès 1940. Les programmes sont fixés, et imposés en France, dès 1940. Les « experts de la question juive » arrivent en France pour organiser les déportations prévues selon les exigences du Führer. La marge de manœuvre de Vichy, est presque nulle. La France est un pays occupé, et toute son administration est soumise à la disposition des autorités d’occupation. Vichy, n’a pas la possibilité de tenir tête aux allemands, d’objecter ou de refuser leurs exigences. Vichy peut seulement, par l’intermédiaire de ses hommes politiques, de discuter, de dialoguer avec les autorités allemandes compétentes. Chacun des ministres et secrétaires d’Etat du gouvernement avait la possibilité, s’il en avait le courage, de refuser d’appliquer les exigences allemandes, et de discuter d’autres alternatives. Bousquet, comme Jean Bichelonne au ministère de l’Economie, trouve le moyen de discuter et de limiter le nombre des arrestations des Juifs. L’obsession de Bousquet était de garder la souveraineté administrative de la police et de la gendarmerie afin de mieux contrôler la cadence des déportations, et d’empêcher la déportation des Juifs français. Bousquet avec le soutien de Pétain, arrive à imposer aux allemands, que les Juifs français ne seront pas déportés. Mais à partir du moment où il est remplacé par Joseph Darnand en 1943, et que la zone Sud est totalement occupée en novembre 1942, ce sont les Allemands avec les Miliciens, qui prennent en charge les déportations des Juifs français notamment.

Le troisième objectif de ce livre est de retracer les différentes interprétations historiques depuis 1945. Il est clair selon les différentes archives étudiées, qu’à Vichy, certains ont essayé de protéger une grande partie des Juifs français. L’historien Léon Poliakov a mis en exergue dans ses travaux le fait qu’à Vichy c’est seulement une minorité active d’environ 15 à 20% des Français était antisémite. L’historien Raoul Hilberg démontre comment lorsque la pression allemande s’est intensifiée en 1942, les Juifs étrangers et les immigrants furent abandonnées à leur sort et l’on s’efforça de protéger les Juifs nationaux. Dans une certaine mesure cette stratégie réussit. Il dévoile que les Juifs nationaux avaient été plus préservés que les juifs étrangers. Après le refoulement du génocide pendant trois décennies, on assista dans les années 1990, on a cherché à endosser à la France sous Vichy la responsabilité des crimes conçus et exécutés exclusivement par les nazis.

Parmi les survivants que l’on pouvait juger après 1945, pour leur faire porter la responsabilité de Vichy, René Bousquet était l’homme « idéal ». Mais cette initiative de vouloir juger le dernier survivant parmi les ministres et secrétaires d’Etat de Vichy, ne rejoint pas les faits historiques. Le devoir de l’historien n’est pas de juger, mais de chercher la vérité historique. René Bousquet rappelons-le, a été innocenté de toute accusation de collaboration en 1949, et même présenté comme protecteur des résistants, est devenu au fil des années la « bête noire des historiens et du public. La majorité des historiens aujourd’hui refusent de reconnaître le fait que Bousquet a fourni des renseignements à la Résistance, a protégé certains, et a fait échouer plusieurs opérations des divisions SS contre les maquis. Pourtant les témoignages sont bien présents dans les documents d’archives. Il est donc temps de reprendre l’histoire personnel de ce jeune fonctionnaire talentueux, et d’analyser son attitude et son engagement dans le contexte historique.

Rappelons, que le 8 juin 1993, René Bousquet meurt assassiné à son domicile parisien. Haut fonctionnaire du régime de Vichy, il avait été inculpé deux années plus tôt pour crimes contre l’humanité. Son procès devait se tenir à l’automne 1993. La main d’un déséquilibré en jugera autrement. Ce procès, de l’homme, tant espéré par Serge Klarsfeld, pour pouvoir juger le rôle de Vichy, ne pourrait plus avoir lieu. Mais rien n’empêche l’historien de reprendre le dossier et de l’étudier à la lumière des nombreux documents et témoignages à l’appui.

A l’exemple du jeune préfet Jean Moulin, René Bousquet, a été parrainé dans le Sud-Ouest par les radicaux-socialistes (surtout les frères Sarrault) et fut nommé à l’âge de 22 seulement chef adjoint au cabinet de Pierre Cathala, secrétaire d’Etat à l’intérieur dans le premier gouvernement Pierre Laval. Il accepta de servir l’Etat français en totale continuité avec ses engagements sous la Troisième République. Ce n’est nullement un opportuniste, obsédé par « l’honneur » et la « souveraineté » de l’administration française en zone occupée. L’ouvrage met l’accent sur les dilemmes moraux et politiques plutôt que sur une simple classification entre collaborateurs et résistants. C’est une biographie documentée et nuancée, qui tente de dépasser les jugements simplistes sur la Collaboration et d’explorer comme des acteurs administratifs comme Bousquet ont opéré dans un contexte d’extrême pression politique et militaire.

Pour ceux qui attendent des révélations sur les relations de René Bousquet et de François Mitterrand, ce n’est pas le sujet de notre ouvrage. Au-delà de l’histoire de ce fonctionnaire républicain sous Vichy, le livre propose une analyse de l’attitude des préfets et d’autres fonctionnaires face aux exigences allemandes, démontre comment certains, se sont efforcés d’éviter le pire, tout en restant aux ordres de Vichy. C’est sans nulle doute, ce qui explique, parmi d’autres causes, le « paradoxe français » : 75% de la communauté juive en France, soit plus de 230 000 Juifs ont eu la vie sauve et ont échappés aux déportations. Une proportion de victimes – 25%- qui contraste avec les autres pays vaincus comme la Belgique ( 40%) et les Pays-Bas ( 90%)[5]. Le temps est venu aujourd’hui, à la lumière de nouvelles archives, de reconnaître le fait qu’à Vichy, certains représentants ont essayé de limiter l’emprise allemande, ont pris des initiatives moins zélées dans l’application des lois antisémites.

© Limore Yagil
est l’auteure de plusieurs ouvrages sur l’ histoire du sauvetage des Juifs en France : Des Catholiques au secours des Juifs sous l’Occupation, Paris, Bayard, 2022 ; Les « anonymes » de la Résistance en France 1940-1942 : motivations et engagements de la première heure, SPM/ L’Harmattan, 2019 ; Désobéir. Des gendarmes et des policiers sous l’Occupation 1940-1944, Paris, Nouveau Monde, 2018 ; Au nom de l’Art : 1933-1945 : exils, solidarités, et engagements, Paris, Fayard 2015 ; Jean Bichelonne un polytechnicien sous Vichy : entre mémoire et histoire, Éditions SPM-L’Harmattan 2015 ; Le sauvetage des Juifs dans la région d’Angers – Indre-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire, Loire Inférieure – 1940-1944, Éditions Le Geste, 2014 ; La France terre de refuge et de désobéissance civile 1936-1944 : sauvetage des Juifs, Paris, Éditions Le Cerf, 2010-2011, 3 vol, 1200p : Tome I : Histoire de la désobéissance civile- Implications des corps de métiers ; Tome II : Implication des fonctionnaires. Le sauvetage aux frontières et dans les villages- refuges ; Tome III : Implication des milieux catholiques et protestants. L’aide des résistants ; Chrétiens et Juifs sous Vichy 1940-1944 : Désobéissance civile et sauvetage, Paris, Le Cerf, 2005.

[2] Pascal Froment, René Bousquet, Stock, 1994.

[3] Reinhard Heydrich, bras droit de Himmler, il était à la tête de l’ensemble de l’appareil de répression nazi, dénommé le RSHA, créateur du SD et des Einsatzgruppen.

[4] Carl Oberg, Obergruppenführer -SS, chef suprême de la SS en France.

[5] A tous nos lecteurs, toute tentative de rapprocher nos propos avec ceux de Eric Zemmour, sont inadéquates et faussent notre analyse. Nous n’avons pas cité les travaux de Zemmour, et comme il ne s’agit pas d’un historien, il ne figure pas parmi nos ouvrages de référence. Toute tentative de nous accuser d’être proche de Zemmour, relève donc de la diffamation, et sera puni par la loi.



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et une recension

René Bousquet – L’énigme d’un fonctionnaire républicain sous l’Occupation (1940-1944), Limore Yagil, SPM, 367 p., 38 €

En France, sous la férule de Laurent Joly, un historien considéré par les médias comme ‘’le’’ spécialiste de la Shoah, s’est progressivement construit un discours si accablant pour ‘’Vichy’’ qu’il en arrive à générer des caricatures de nature à trouver leur place dans un nouveau dictionnaire des idées reçues. Rompant avec la vision nuancée que pouvait avoir l’historiographie française du temps de Marc Ferro ou Jean-Pierre Azéma, Joly qualifie la politique conduite par Laval et Bousquet de ‘’criminelle’’ et ne lui reconnaît pas l’excuse d’avoir été menée ‘’sous la contrainte de l’occupant’’. Cela ne manque pas d’étonner, mais le regard porté par les historiens israéliens est tout autre. En 2008, Simon Epstein avait déjà lancé un premier pavé dans la mare en publiant chez Albin Michel une somme intitulée Un paradoxe français où il faisait le compte des antiracistes ‘’de gauche’’ ayant nagé dans la Collaboration et des antisémites ‘’de droite’’ peuplant les rangs de la Résistance. En 2012, dans son livre Vichy et la Shoah, le rabbin Alain Michel en lançait un second en martelant : ‘’c’est l’Allemagne qui a imposé la solution finale en France, l’antisémitisme français était ségrégationniste et non pas assassin’’. Aujourd’hui, c’est Limore Yagil, professeure et chercheuse à l’université de Bar-Ilan en Israël qui en lance un troisième en rappelant que ‘’ce n’est pas Vichy qui a pris l’initiative de déporter et d’exterminer les Juifs, mais les nazis qui dominaient l’Europe.’’ Elle pose également cette question : ‘’Si Vichy en a été complice, pouvait-il faire autrement ? A Vichy aussi, écrit-elle, on a essayé de limiter la main mise allemande, on a discuté et tenu tête’’. Selon elle, René Bousquet ‘’fait partie de ces fonctionnaires qui ont eu le courage d’agir à l’encontre des exigences allemandes.’’ Nul doute que ces conclusions mécontenteront l’omniscient Joly. Nul doute également que cet ouvrage extrêmement documenté, au point que sa densité en rend la lecture difficile, sera accueilli dans les médias ‘’mainstream’’ par un silence sibérien. Un livre faisant amèrement regretter que le procès de René Bousquet n’ait jamais eu lieu. Son assassinat par Christian Didier, un sinistre crétin se prenant pour un justicier, priva la France du seul procès qui aurait peut-être enfin permis d’y voir clair dans les responsabilités entourant les déportations.

Gilles Antonowicz, dernier ouvrage publié, Mort d’un collabo, Litos.

(Article paru dans Service Littéraire n° 206, septembre 2026).

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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 16  Nouveau message de Aldebert  Nouveau message 27 Sep 2026, 16:24

Pour qui roulait Laurent Joly, ou pour quelle cause ?
blog.php?u=5328&b=565

https://www.wiki-rennes.fr/Cat%C3%A9gor ... C3%A0%20la


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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 17  Nouveau message de Cyberbachi  Nouveau message 27 Sep 2026, 17:11

Un moyen de comprendre consisterait à regarder le Loi portant statut des Juifs d'octobre 40 et toutes ses évolutions au regard d'une part de ce que les Allemands imposent de leur côté en termes de législation mais également dans leur posture face à l'Etat français, et d'un autre côté la course à l'échalotte de certains ou... possiblement... prétendument, parfois assurément des actions individuelles de certains pour atténuer les effets (méfaits de mon propre point de vue) de ces lois vichystes ou allemandes. Et c'est en essayant de comprendre qu'on réalise toute la complexité du sujet. Et qu'on conclue... qu'on ne peut pas pas comprendre.

Tout historien ou passionné d'histoire sait qu'il ne faut jamais juger le passé à l'aune du présent. Tout historien sait également que le phénomène de "quotidienneté" est à prendre en compte pour comprendre les choix et réactions des individus.
Mais au-delà ce ces aspects un peu "tarte à la crème" (pourtant difficiles à s'appliquer), il est aussi souhaitable de ne pas juger ou chercher à comprendre les évènements en ramenant tous les participants à un bloc monolithique. Ces évènements ne sont que la somme d'actions individuelles, collectives d'individus tous différents et aux intérêts différents et parfois involontairement convergents. L'évolution de ces lois que je cite plus haut en sont peut-être un exemple. On oubliera pas que le choix de Vichy reste de faire "à sa manière", il y a donc bien une notion : choix de faire.
Ca fait 40 ans que le discours sur la couleur politique de La Vraie Résistance, celle d'origine existe. Il n'a jamais rien apporté. Il est tantôt le fruit d'un agacement de voir "la gauche" s'approprier le sujet, tantôt, je vais mettre les pieds dans le plat : un cache sexe. Ca fait 80 ans que la Thèse du bouclier et de l'épée, franchement, reconnaissons que les exemples en faveur de cette thèse sont très pauvres.

L'analyse des différentes personnalités ayant rejoint la collaboration montre que la part d'individualisme er profit immédiat est généralement plus forte que l'idéologie et la conviction. Bien sûr il s'agit, d'une part de mon avis, mais surtout d'un ressenti. Il n'existe aucune statistique ! Je pense donc que chercher à démontrer la vraie nature des couleurs politiques des collaborationnistes ou même des résistants n'a à mon avis (discutable), strictement aucune utilité.
Le parcours de F Miterrand est pour moi une parfaite illustration du phénomène que je cite plus haut.
Quant à Bousquet, je ne suis pas sûr qu'il n'y ait pas quelques similitudes.

Just my two cents bien sûr ! Ce n'est qu'un simple avis.

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Re: René Bousquet : l'énigme d'un fonctionnaire républicain sous l'Occupation

Nouveau message Post Numéro: 18  Nouveau message de Loïc  Nouveau message 27 Sep 2026, 18:33

J'avoue que j'ai été surpris que Limore Yagil s'attaque, on le reconnaîtra assez courageusement, à une biographie d'un gros bonnet aussi emblématique qui a fait l'unanimité mémorielle contre lui, elle qui s'attache plutôt aux petites gens, au collectif, à la société Française des bienveillants, bref tout l'anti-paxtonisme malveillant cette Historienne
je me demande si elle ne prend pas un gros risque professionnel dans un pays d'Historiens officieusement officiels qui peuvent déclencher des fatwas...
on se souviendra ce qu'un autre Historien Franco-Israëlien susmentionné, Alain Michel, à la thèse très controversée sans nul doute, défendant surtout Laval et beaucoup moins la société Française, lequel avait alors écrit sur le débat universitaire en France quelque chose d'assez cinglant et spécifique selon lui à notre pays, son observation me paraît très fondée et hélas toujours d'actualité

Vous estimez que l'historiographie de la Shoah est figée, que voulez-vous dire?
Certaines conceptions sont devenues des classiques, et on les enseigne dans les écoles et à l'université. Contrairement à l'Allemagne, Israël ou les Etats-Unis, où des débats existent sur la question de la Shoah, tout le monde parle d'une même voix en France. C'est devenu un problème affectif et idéologique. Il faut rendre cette question à l'histoire, car même si la mémoire est évidemment très importante, elle ne doit pas empêcher l'histoire d'avancer.


bonne chance Limore Yagil
j'irais brûler des cierges pour que vous ne soyez pas immolée par vos confrères et homologues à l'heure des réseaux sociaux qui ont vite fait de ternir une réputation
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