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Bataille aéronavale en mer de Bismarck 2-4 mars 1943

Moins connue que les batailles du front Européen, la guerre du Pacifique n'en reste pas moins tout autant meurtrière et décisive dans la fin de la seconde guerre mondiale.
MODERATEUR ; alfa1965

Bataille aéronavale en mer de Bismarck 2-4 mars 1943

Message Post Numéro: 1  Message de coyote  Message Hier, 14:18

la bataille aéronavale en mer de Bismarck
2-4 mars 1943
***
1ère partie

***


Cet affrontement n'ayant pas eu la notoriété de Midway ou de Guadalcanal, il n'est que temps de le mettre en lumière !

L’USAAF et la RAAF (Royal Australian Air Force) et l’aviation japonaise s’affrontèrent en mer de Bismarck lorsque les Alliés eurent connaissance de la formation de convois japonais destinés à renforcer leur position en Nouvelle-Guinée au début mars 1943. Cette bataille se solda par une lourde défaite japonaise.
*****
Les Japonais avaient décidé dès le mois de décembre 1943 de renforcer leurs positions dans le Pacifique-sud. Un plan fut élaboré pour acheminer quelque 7000 soldats depuis la grande base de Rabaul directement à Lae en Papouasie-Nouvelle-Guinée . Ce plan était considéré comme très risqué en raison de l'importance de l'aviation alliée dans la région. les Japonais décidèrent tout de même de le mettre en œuvre afin d’éviter de débarquer leurs troupes à une trop grande distance
de leur point de départ.

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Le 28 février, Un convoi composé de huit destroyers et huit transports, escorté par une centaine d’avions de chasse quitta Rabaul.
Les Alliés avaient entre temps réussis à détecter les préparatifs japonais. Les services des marines australienne et américains avaient pu décrypter des messages indiquant la destination du convoi et sa date d'arrivée. L'aviation alliée avait alors sérieusement amélioré sa technique, principalement pour les attaques en piqué dans l'espoir d’augmenter leurs chances de succès contre les navires. Elle repéra et suivit le convoi, qui subit un bombardement aérien soutenu les 2 et 3 mars 1943. Le 4 mars, des vedettes lance-torpilles (PT Boat) en liaison avec des avions s’en sont pris aux canots de sauvetage de l’ennemi. Les huit transports ainsi que quatre destroyers d'escorte furent coulés. Sur les 7000 hommes dont la Nouvelle-Guinée avait cruellement besoin, seuls environ 1 200 atteignirent le port de Lae. 2 700 autres furent secourus par les destroyers appuyés par des sous-marins et ramenés à leur base de départ de Rabaul.
Dès lors, les Japonais ne tentèrent plus de renforcer Lae par voie maritime, Cette décision eut de fortes conséquences dans leurs efforts pour stopper les offensives alliées dans le secteur,

Le déroulement des combats

Très rapidement les Alliés ne tardèrent pas à déceler des signes de préparatifs pour un nouveau convoi. Un hydravion patrouilleur japonais en amont du convoi fut aperçu le 7 février 1943 ce qui incita le commandant des forces aériennes alliées à ordonner un renforcement des patrouilles de reconnaissance au-dessus de Rabaul. Le 14 février, des photographies aériennes révélèrent la présence de 79 navires à quai, dont 45 cargos et six transports de troupe.

De toute évidence, un autre convoi était en préparation, mais sa destination demeurait alors inconnue. Le 16 février, les spécialistes alliés achevèrent le décryptage et la traduction d'un message codé révélant l'intention japonaise de débarquer des convois à Wewak, Madang et Lae. Par la suite, ils décryptèrent un message indiquant que plusieurs destroyers et six transports atteindraient Lae aux alentours du 5 mars. Un autre rapport indiquait une arrivée prévue le 12 mars. Le 22 février, des avions de reconnaissance alliés signalèrent encore la présence de 59 cargos dans le port de Rabaul.

Le 25 février, le général George Kenney, commandant l’USAAF dans la zone Pacifique prit connaissance de ces renseignements confidentiels dans le bureau du général MacArthur. La perspective de l'arrivée de 7000 japonais supplémentaires dans la région de Lae inquiéta fortement MacArthur, Le général de Brigade Ennis Whitehead contrôlait les unités des forces aériennes alliées de tous types en Nouvelle-Guinée comprenant les unités de la RAAF présentes sur place sous le commandement du commodore de l'air de la RAAF, Joe Hewitt.

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Le général George Kenney

Kenney informa alors Whitehead de la date prévue pour le convoi et le mit en garde contre les attaques aériennes japonaises habituelles avant les passages de convoi tout en insistant pour que les heures de vol soient réduites afin de permettre une attaque massive contre le convoi, Le général Kenney se rendit à Port Moresby le 26 février pour y rencontrer le Général Whitehead. Les deux hommes inspectèrent les unités de chasse et de bombardement de la région et prirent la décision d'attaquer le convoi dans le détroit de Vitiaz,
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Le détroit de Vitiaz

Une campagne de bombardements stratégiques conventionnels était impossible, les cibles industrielles japonaises étant bien au-delà de la portée des plus gros bombardiers opérant depuis les bases en Australie ou en Nouvelle-Guinée. Par conséquent, la mission principale du bombardement allié fut axée sur l'interdiction des lignes de ravitaillement japonaises principalement par voies maritimes. Les résultats des efforts contre le convoi japonais en janvier furent en fait très décevants. Sur 416 sorties effectuées, seuls deux navires ont été coulés et trois endommagés. Il devint clair qu'un changement de tactique s'imposait. Un officier de la RAAF membre de l'état-major de Kenney qui possédait une grande expérience des opérations air-mer recommanda d'attaquer simultanément les convois japonais depuis différentes altitudes et de différentes directions .

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Ce Douglas A 20 'Havoc' soute à bombe ouverte, ne peut guère descendre plus bas...

C'est ici que l’aviation alliée adopta des tactiques novatrices. La RAAF commença à expérimenter le bombardement en vol rasant consistant à approcher de la cible à basse altitude, puis descendre à hauteur des superstructures, à environ 500 mètres de
distance. Un bombardier tel le Douglas A 20 pouvait larguer 900 kg de bombes mais la difficulté principale avec les bombes classiques, réstait qu’elles étaient conçues pour exploser immédiatement à l'impact, ce qui risquait inévitablement d’endommager l’appareil par le souffle de sa propre bombe.
Les mécaniciens, finalement réussirent à mettre au point un léger retard avant l'explosion. Des entraînement avaient été
auparavant menés sur l'épave du SS "Pruth", un vieux navire de commerce britannique, qui s'était échoué en 1923.

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Douglas SBD 'Dauntless' avec les aérofreins entièrement déployés


Pourquoi ce nom germanique ? Ce nom apparaît à l’époque où l’Allemagne établit un empire colonial dans le Pacifique. En 1884-1885, l’Allemagne prend notamment possession de territoires dans le nord-est de la Nouvelle-Guinée et de plusieurs îles voisines. La mer située entre ces territoires est alors baptisée "Bismarcksee" , en hommage au chancelier qui dirigeait alors le gouvernement allemand.


A suivre….
En 1944, les Français étient malheureux, maintenant ils sont mécontents, c'est le progrès ! CdG

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Re: Bataille aéronavale en mer de Bismarck 2-4 mars 1943

Message Post Numéro: 2  Message de coyote  Message Aujourd’hui, 14:15

La bataille aéronavale en mer de Bismarck

2-4 mars 1943
***
2ème partie
***

Pour que les bombardiers puissent effectuer des bombardements en vol rasants au dessus des navires, l'artillerie anti-aérienne du navire cible devait d'abord être neutralisée. C’est dans cette optique que des Douglas A-20 Havoc de l'USAAF furent modifiés en installant quatre mitrailleuses de 12,7 mm dans le nez de l’appareil. De même, deux réservoirs supplémentaires de carburant de 1700 litres furent installés, augmentant ainsi l'autonomie. Une tentative fut faite en décembre 1942 pour créer un avion d'attaque à plus long rayon d'action en appliquant les mêmes modifications cette fois sur un North American B-25 « Mitchell » mais cette solution s'avéra plus complexe que prévu. L'appareil devenait alors trop lourd du nez malgré l'ajout de lest à l'arrière pour respecter le centrage. Les mitrailleuses arrière et la tourelle ventrale furent retirées, jugées peu utiles en vol à très basse altitude.

Image
Douglas A 20 'Havoc' du RAAF 22nd squadron


La 5th Air Force disposait de deux groupes de bombardiers lourds. Le 43th Bomb Group disposait de plus d’une cinquantaine de Boeing B-17E mais la plupart avaient été durement éprouvés par les combats au cours des six mois précédents. Leur taux de disponibilité s’en est trouvé très faible. Le 90th Bomb Group récemment arrivé, était composé de Consolidated B-24 D ’Liberator’ mais ceux-ci souffraient également de problèmes de maintenance. Parmi ces Groupes de bombardement ‘moyen’ figuraient le 38e BG équipé de B-25 ‘Mitchell’ et le 22nd de Martin B-26 ‘Marauder’.

Pour compléter ses effectifs, l'USAAF dû faire appel à la RAAF. Des équipages australiens furent donc affectés aux cotés des Américains, Outre les équipages de la RAAF déployés au sein des escadrons de l'USAAF, des unités de la RAAF étaient présentes dans le secteur de Port Moresby. Le 30th RAAF Squadron en septembre 1942 était équipé de Bristol Beaufighter. Ce squadron se révélera particulièrement efficace dans les attaques à basse altitude. Toujours dans le même secteur, les 35th et 49th FG (chasse) étaient quant à eux équipés de Bell P-39, de Curtiss P-40 et de Lockheed P-38, mais seuls les P 38 étaient réellement adaptés aux missions d'escorte à longue distance. Ce seront des P 38 qui abattront le ‘Betty’ de l’amiral Yamamoto le mois suivant parcourant ainsi 1600 km A/R

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Consolidates B 24

Départ de Rabaul

Le convoi japonais, composé de huit destroyers et de huit transports de troupes escortés par une centaine de Zero se rassembla et quitta Rabaul le 28 février. Les Zero venant de la base de Lae patrouillèrent au-dessus du convoi. Les destroyers étaient rapides et maniables mais leur défense AA manquaient gravement d’efficacité.
Les destroyers avaient à bord au total 958 soldats tandis que les transports de leur coté en embarquaient plus de 5900. Le commandant de la XVIIIe armée japonaise, le Lt général Hatazō Adachi, était à bord du destroyer Tokitsukaze, tandis que celui de la 51e division, le Lt général Hidemitsu Nakano, se trouvait à bord du destroyer Yukikaze. Le commandant de l'escorte, le contre-amiral Masatomi Kimura arborait sa marque sur le destroyer Shirayuki . Les cinq autres destroyers étaient l'Arashio , l'Asashio , l'Asagumo , le Shikinami et l'Uranami escortant sept transports: l'Aiyo Maru, le Kembu Maru, le Kyokusei Maru, l'Oigawa Maru, le Sin-ai Maru, le Taimei Maru et enfin le Teiyo Maru, Le convoi sera complété par le Nojima Maru, unique transport de la marine. Tous les navires étaient chargés de troupes, de matériels et de munitions à l'exception du Kembu Maru, qui transportait un millier de fûts d'essence aviation et 650 fûts d'autres carburants.

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Le destroyer Shirayuki qui coulera le 3 mars 1943


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Amiral Masatomi Kimura
Lors de l'opération précédente de janvier, le convoi avait suivi une route longeant la côte sud de la Nouvelle-Bretagne. Si cela avait facilité la couverture aérienne, la proximité des aérodromes permettait également à l’aviation alliée d'attaquer tout aussi bien le convoi que les aérodromes tenus par les Japonais. Cette fois, un nouvel itinéraire fut choisi le long de la côte nord, dans l'espoir de faire croire aux Alliés que l'objectif du convoi était Madang. Les attaques aériennes alliées contre le convoi seraient alors forcées de survoler la Nouvelle-Bretagne. La dernière étape du voyage serait particulièrement dangereuse, car le convoi devrait franchir le détroit de Vitiaz larfe de seulement 54 miles nautiques (100 km).

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Le détroit de Vitiaz

Au tout début, le convoi, naviguant seulement à 7 nœuds, ne fut pas détecté pendant un certain temps en raison de deux tempêtes tropicales qui ont frappé les mers de Salomon et de Bismarck entre le 27 février et le 1er mars. Vers les 15 h 00 ce 1er mars, le convoi fut repéré par un B-24 en patrouille. Huit B-17 furent immédiatement envoyés sur le point indiqué mais ne trouvèrent pas navires.
À l'aube du 2 mars, une formation de six Douglas A-20 Boston de la RAAF attaqua Lae afin de réduire sa capacité de soutien. Vers 10 h 00 un autre B 24 repéra à nouveau le convoi. 8 B-17 décollèrent suivis une heure plus tard par vingt autres. Les B-17 devaient rejoindre les P-38 du 9th Fighter Squadron mais arrivèrent trop tôt ce qui les obligea à affronter seuls la chasse japonaise jusqu'à l'arrivée des P-38. Ces derniers repérèrent le convoi et attaquèrent à la bombe de 450 kg à 1 500 m d’altitude. Ils affirmèrent avoir coulé trois cargos. Le Kyokusei Maru, transportant 1 200 soldats qui coula, et endommager deux autres transports, les Teiyo Maru et Nojima. Huit chasseurs japonais ont été abattus et 13 autres endommagés tandis que neuf B-17 ont été endommagés. (Ces chiffres sont très probablement surestimés).

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Bristol Beaufighter Mk X

Les destroyers Yukikaze et Asagumo réussirent à repêcher 950 survivants du Kyokusei Maru. Le convoi ainsi privé du cargo et des deux destroyers, fut de nouveau attaqué au soir du 2 mars par 11 B-17E, un navire marchand subira des dégâts mineurs. Durant la nuit, des hydravions PBY Catalina du 11th RAAF squadron prirent le relais pour suivre le convoi.
À 10 h 00, 13 B-17 bombardèrent les Japonais à une altitude moyenne de 2000 m obligeant les navires à manœuvrer. Cette manœuvre dispersa le convoi et réduisit la concentration des tir AA. Les B-17 attirèrent des Zero qui furent à leur tour, attaqués par les P-38 d'escorte. Un B-17 fut gravement touché mais l’équipage eu la chance de pouvoir évacuer à temps.
Des pilotes japonais mitraillèrent certains membres d'équipage des B-17 pendant leur descente en parachute et en attaquèrent d'autres après leur amerrissage. Cinq des chasseurs japonais mitraillant les équipages des B-17 furent rapidement pris à partie et abattus par trois P-38, La chasse alliée revendiquera la destruction de 15 Zero, tandis que les équipages des B-17 en revendiquèrent cinq de plus.

Les pertes réelles de chasseurs japonais ce jour-là s'élevèrent à sept appareils détruits et trois endommagés. Des B-25 arrivèrent peu après et larguèrent leurs bombes de 250 kg entre 900 et 1 800 mètres d'altitude, provoquant la collision de deux navires japonais. Les sorties des B-17 et des B-25 n'obtinrent que peu d'impacts, mais séparèrent les navires du convoi, les rendant vulnérables aux bombardiers volant à très basse altitude.

A suivre…
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Re: Bataille aéronavale en mer de Bismarck 2-4 mars 1943

Message Post Numéro: 3  Message de NIALA  Message Aujourd’hui, 15:00

SHIRAYUKI 1943 3 2 à la bataille de la mer de bismarck.jpg
SHIRAYUKI 1943 3 2 à la bataille de la mer de bismarck.jpg (159.87 Kio) Vu 45 fois

Voici le destroyer Shirayuki photographié le 2 mars 1943 durant la bataille de la mer de Bismarck, ce destroyer de la classe Fubuki lancé le 20 mars 1928 à Yokohama sera coulé le lendemain le 3 mars, par l'aviation de l'armée US lors de la bataille, ma source ne précise pas le type d'appareils.
Cordialement

Alain

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Re: Bataille aéronavale en mer de Bismarck 2-4 mars 1943

Message Post Numéro: 4  Message de coyote  Message Aujourd’hui, 15:09

Merci pour cette photo.
Je viens de rectifier la date du naufrage au 3 et non au 4/03 !
C'est bien le 3 - faute de frappe.

Je viens de voir sur FB qu'il avait été coulé par un B 24 mais j'ai un gros doute.

https://www.facebook.com/photo.php?fbid ... 172&type=3
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Re: Bataille aéronavale en mer de Bismarck 2-4 mars 1943

Message Post Numéro: 5  Message de NIALA  Message Aujourd’hui, 15:21

Merci, j'ai supprimé la phrase qui n'a plus de raison d'etre :D
Cordialement

Alain

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