Au 1er avril 1915 l'armée utilise 19 000 véhicules, répartis en :
- 40 sections TP
- 240 sections TM
- 65 sections sanitaires
- 9 sections routières
- 78 sections RVF
- 7 sections télégraphiques
- 34 sections de parc
Jusque là, la direction d'un transport de troupes était assurée par le chef du service automobile de l'armée concernée. Cependant, il apparaissait que les transports de troupes, surtout en temps de crise, concernaient plusieurs armées, le transport consistant à transférer des divisions d'une armée à une autre. Il fallait donc à chaque fois constituer un rassemblement provisoire de groupes appartenant à plusieurs armées. Il a semblé utile de pérenniser ces rassemblements sous la forme de groupements permanents d'environ 500 camions. En avril 1915, ces groupements sont réunis dans des "réserves de transport" à la disposition du général en chef. Chaque réserve correspond à 2 ou 3 groupements composés de 5 ou 6 groupes de 4 sections TM, soit un millier de camions permettant de transporter en une fois deux divisions d'infanterie.
Fin 1915 on compte 5 groupements qui vont passer les années suivante à 13 (1916), 20 (1917) et 25 en juillet 1918. Chaque groupement peut enlever une brigade en formant un convoi de 33 km de long. Les groupements sont rendus homogènes en terme de matériel roulant afin de disposer d'un stock de pièces de rechange d'un volume raisonnable permettant de ne pas dépasser un taux d'indisponibilité pour pannes de 10%.
En parallèle, l'organisation évolue ; les fonctions mises en oeuvre pour un transport de troupes sont d'abord éphémères, ne durant que le temps du transport :
- directeur de transport,
- chef de chantier d'embarquement et de débarquement,
- commissaire de route,
- postes mobiles de surveillance.
Ces fonctions sont ensuite rendues permanentes au niveau du groupement : son chef, directeur du transport, dispose alors d'adjoints assurant les différentes fonctions :
- orienteur (embarquement/débarquement),
- commissaire de route (fléchage, jalonnement, surveillance),
- serre-file général (dépannage),
- officier d'approvisionnement (essence),
- technique (atelier),
Avec l'augmentation du nombre de groupements (jusqu'à une quinzaine) opérant dans un même secteur, apparaît la nécessité de mettre en place ces fonctions non plus au niveau du convoi mais à celui de la route. L'offensive allemande sur Verdun sera le déclencheur de cette ultime évolution de l'organisation, objet du prochain post.
Parallèlement, deux besoins contradictoires se dégagent des offensives françaises de 1915 : une intense préparation d'artillerie et l'effet de surprise. L'état-major va tenter de créer une "surprise de puissance" en concentrant une masse d'artillerie lourde transportée par automobile. L'idée était d'utiliser les groupements pour concentrer en trois nuits l'artillerie nécessaire à une attaque d'envergure, par traction ou par portage, puis, la dernière nuit, de transporter les troupes de réserve.

Se Connecter










dans: