alain adam a écrit:Concernant la seconde guerre mondiale - et les trains - , on trouve quelques archives sur le site "archives SNCF"
P165gba a écrit:Pour 1914, les premières pages du livre de l'historien anglais John Keegan "La première guerre mondiale", chapitre "plans de guerre" décrivent très bien la problématique du ferroviaire.
Il note une topographie de réseaux très différente entre la France et l'Allemagne. La France a un réseau en étoile ayant pour centre, Paris (L'objectif de nos défaites). Alors que le réseau allemand est une matrice axe Est-Ouest et axe Nord-Sud.


La doctrine de guerre française fondée sur l'économie des forces et, par suite, sur l'emploi des réserves en un point donné au moment fixé par le Cornmandement, comportait naturellement des mouvements rapides de grandes unités sur toute l'étendue du front des armées.
Or, quel était ce front ? Plus de 250 kilomètres de Belfort à Hirson — front du déploiement stratégique des armées françaises — plus de 200 kilomètres, si l'on ne considère que la partie la plus sensible, de la trouée de Charmes à Hirson.
Sur ce front de 200 kilomètres, le centre de gravité de la bataille pouvait être au sud de Nancy ou à la frontière belge, car, quoi qu'on ait pu dire à ce sujet, l'hypothèse d'une violation de la neutralité belge par l'Allemagne était depuis longtemps envisagée par le commandement français. Elle répondait trop bien aux conceptions allemandes depuis Clausewitz et Moltke jusqu'à Bernhardi, comme aux travaux exécutés sur les voies ferrées de Westphalie, pour ne pas être probable. Peut-être n'allait-on pas jusqu'à supposer que l'Allemagne aurait l'audace et la maladresse de piétiner la capitale et d'attaquer les forteresses d'une puissance dont la neutralité était placée sous la sauvegarde de sa signature, mais le passage de ses corps d'armée entre Namur et Givet de manière à tourner l'obstacle de la Meuse et à trouver la route la plus courte conduisant à Paris ne faisait pas de doute pour les esprits avertis.
Il était bien certain que, sur un pareil front, le transport rapide des réserves ne pourrait s'effectuer qu'au moyen des chemins de fer, le seul moyen mécanique à une époque où les transports automobiles n'existaient pas ou n'en étaient qu'à la période de l'enfance.
Aussi, dès 1894, une Instruction sur l'emploi des voies ferrées pour les T. C. 0. avait-elle été établie. Un peu timide, un peu rigide, elle fut revisée en 1912 et appliquée dans sa nouvelle forme, pendant toute la campagne, presque sans modifications. Dans ces conditions, c'est sans hésitations que purent être exécutés dès le premiers mois de la guerre les transports qui contribuèrent à la victoire de la Marne et constituèrent la course à la mer.
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