Campagne de Guadalcanal
Août 1942 – Février 1943
La grande base aéronavale de Rabaul
On ne peut évoquer cette campagne pour la conquête de Guadalcanal sans parler de la grande base japonaise de Rabaul. Cette base était stratégique autant pour les Japonais que pour les Alliés, Celui qui la possédait disposait d’un atout considérable sur l’adversaire.
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Rabaul était devenu après sa conquête par les japonais début 1942 l'une des principales bases aéronavales du Pacifique Sud, Son importance dépassait largement celle d'un simple aérodrome, Il s'agissait en fait d'un complexe de plusieurs aérodromes entourant un immense port sur la plus grande île de l’archipel Bismarck en Papouasie -Nouvelle Guinée.

L’aérodrome fléché ici en rouge est celui de « Vanakanau », un des plus imposants.
Début 1943, les Japonais disposaient d'environ 350 avions dans la région de Nouvelle-Guinée–Salomon. A Rabaul même et dans les environs, les estimations alliées se situaient autour de 350–400 appareils. Une estimation australienne pour la période février-avril 1943 donne environ 400 avions, chiffre finalement considéré comme assez proche de la réalité.
A l’automne 1943, Rabaul s’était encore renforcée. Avant les grandes attaques alliées d'octobre, les services de renseignement américains estimèrent à 243 avions japonais présents à Rabaul ; une reconnaissance aérienne donnera par la suite environ 263 appareils, dont environ 120 Mitsubishi ‘Zéro’.
Début novembre 1943, la situation change à nouveau avec l'arrivée massive d'avions de la Marine impériale. L'opération japonaise
Ro-Go ( offensive aérienne majeure menée par l’aéronavale et l’armée impériale), transfère notamment 173 appareils embarqués à Rabaul : 82 Mitsubishi ‘Zéro’, 45 bombardiers en piqué ‘Val’ et 40 avions torpilleurs ‘Kate’.
A son apogée en 1943, le complexe de Rabaul pouvait concentrer plusieurs centaines d'avions, et pour un temps limité, jusqu’à plus de 300 appareils opérationnels.
Ces chiffres résultent des clichés photos pris par la RAAF (Royal Australian Air Force)
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En ce qui concerne les moyens aériens, les chiffres varient selon la date et selon le comptage qui est fait des appareils disponibles, ceux en réparation ou encore ceux stationnés dans les aérodromes voisins. Noter qu’il s’agit toujours d’estimations.
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l'aérodrome de Lakunai (phote de 1944)

Il s'agit ici de l'aérodrome de Vanukanau (photo de 1944)

la zone de l'aérodrome de Rapopo, située sur la plantation de Kabakaul à Lesson Point (sur la côte nord de la Nouvelle-Bretagne) (Photo prise le 12 mars 1943.)

Celui de Tobera (photo de 1943)
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Pourquoi Rabaul était-il si important ? Rabaul possédait de très sérieux atouts et notamment ...
-Un port naturel gigantesque, capable d'abriter une importante flotte.
-Plusieurs aérodromes comme Vunakanau, Rapopo, Lakunai, Tobera, et d'autres !
-Des ateliers, dépôts de carburant et de munitions
-Des installations souterraines et de très importantes défenses antiaériennes ;
-Une position permettant de couvrir la Nouvelle-Guinée, les Salomon et les approches de l'Australie.
À Vunakanau, par exemple, les Japonais avaient construit deux pistes parallèles de plus de 1 550 m, avec 64 abris pour les bombardiers et 81 pour les chasseurs. On distingue ces abris situés tout le long des ‘runway’sur les photos aériennes.
Rabaul n'était pas seulement une base de chasse puisque l’on y trouvait des bombardiers Mitsubishi G4M Betty, des Zéro, des Aichi D3A Val, des Nakajima B5N ‘Kate’ auxquels il y a lieu d’ajouter ceux de reconnaissance, les hydravions etc..
Le commandement aérien japonais y regroupait à la fois des forces de l'Armée et de la Marine.
Le tournant d'octobre-novembre 1943
Vue d'une petite partie des installations. Les décollages à 3 ou 4 appareils de front ne sont pas très fréquents.
On comprend aisément pourquoi Rabaul était un cauchemar pour l’aviation alliée. La distance Rabaul-Guadalcanal est de l'ordre de 565 nautiques (un peu plus de 1000 kms.)
A l’automne 1943, les Alliés prirent la décision de neutraliser Rabaul plutôt que de l'attaquer directement au sol. C’est la raison pour laquelle le 12 octobre 1943, 326 appareils américains de la 5th Air Force, principalement 63 B-24 ‘Liberator’ et 107 B 25 ‘Mitchell’ accompagnés par une centaine de P 38 ‘Lightning’ d’escorte ainsi que des Bristol Beaufighters australiens participent à une attaque de grande envergure contre Rabaul. Les raids deviendront par la suite quasi quotidiens . Pour l'ensemble des combats aériens d'octobre autour de Rabaul, un bilan de 20 appareils de la 5th Air Force furent perdus en combat aérien, contre 25 Zeros japonais revendiqués comme abattus.

2 novembre 1943, bombardement du port de Rabaul à très faible altitude par des B 25 !
les pertes japonaises de ce jour ont été considérables selon les rapports américains de l'époque. Les les recherches historiques ultérieures montrent que l'importance des destructions avait largement été surestimée. Les Alliés se rendirent vite compte que Rabaul conservait encore une force aérienne importante à la fin du mois !

Bristol Beaufighter Mk 1c des squadron 30 et 31 de la RAAF
Quelque temps plus tard, le 2 novembre, une très importante attaque alliée frappa de nouveau Rabaul. Les Japonais disposaient alors d'environ 200 appareils au moment de l'affrontement, mais les pertes japonaises vont rapidement s'accumuler.
À partir du mois de décembre, avec les nouveaux aérodromes alliés situés sur l’île de Bougainville, Rabaul entre véritablement dans une bataille d'attrition aérienne.
Les pertes japonaises deviennent telles que Rabaul finira par être complètement isolé et neutralisé, sans que les Alliés aient besoin de le conquérir par des troupes au sol, il faut par ailleurs, distinguer les appareils présents à Rabaul proprement dit de ceux répartis dans toute la région de Rabaul/Bougainville.
Les unités japonaises: La défense aérienne de Rabaul relevait essentiellement de la 11e flotte aérienne de la Marine impériale japonaise, commandée par le vice-amiral Jinichi Kusaka.
Parmi les unités de chasse figuraient notamment les 201e, 204è et 253è 'Kokutai' disposant de chasseurs A6M Zéro.
Le mot ‘ kokutai’ est difficilement traduisible, Dans la littérature aéronautique occidental le mot désigne généralement une ‘Unité aérienne organisée’ ou encore unité de chasse ou de bombardement.
Ces trois unités formaient le noyau de la défense de Rabaul à la fin de 1943.
Il faut également tenir compte des unités de bombardement et de torpillage de la 11e flotte aérienne, ainsi que de quelques unités de l'Armée impériale japonaise.
Le 1er novembre 1943 à la veille de l'offensive alliée sur Bougainville, les Japonais vont massivement renforcer Rabaul avec 173 avions provenant des porte-avions de la Flotte combinée qui comprenait :
82 chasseurs Mitsubishi Zéro ;
45 bombardiers en piqué Aichi Type 99 Val ;
40 bombardiers-torpilleurs Nakajima Type 97 Kate ;
6 appareils de reconnaissance
Ces 173 avions proviennent notamment des porte-avions "Shōkaku", "Zuikaku" et "Zuihō". Ils iront rejoindre les 200 appareils de la 11e flotte aérienne déjà présents dans la région.
Sur le papier, début novembre 1943, Rabaul peut « momentanément » disposer de plus de 350 avions, voire davantage si l'on inclut les appareils des bases périphériques.
La grande base de Rabaul n'est en fait jamais tombée militairement aux mains des Alliés dans la période 1943-1945. Ceux-ci avaient préféré l'isoler et la neutraliser, plutôt que de lancer un assaut direct contre cette formidable plate-forme.

Vue d'ensemble Rabaul (photo USAAF)

Sur ce cliché la position des batteries anti-aériennes (A/A) est bien visible
A suivre...https://pacificwrecks.com/airfield/png/ ... index.htmlhttps://www.awm.gov.au/collection/C1417 ... hatgpt.comhttps://www.awm.gov.au/collection/C231889http://pwencycl.kgbudge.com/R/a/Rabaul.htmEn 1944, les Français étient malheureux, maintenant ils sont mécontents, c'est le progrès ! CdG
Bernard