La Campagne de Guadalcanal
Août 1942-Février 1943
Le jour où 3 aviateurs américains sauvèrent Guadalcanal ****
14 septembre 1942
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Insigne du 67e Fighter squadronLe 67e fighter squadron, doté de cinq appareils Bell P-400, rejoignit les squadrons du Corps des Marines et de l'US Navy à Guadalcanal. En raison des limites de ces appareils, la mission du 67e se cantonna au soutien au sol et au mitraillage des positions japonaises.
L'Airacobra se prêtait parfaitement à ce rôle, comme le démontra l'assaut japonais du 14 septembre à l'issue duquel , le général Vandegrift déclara : «
Vous ne lirez rien à ce sujet dans les journaux, mais vous et votre patrouille de P-400 venez de sauver Guadalcanal" .

Le général de division Vandegrift emmena sa division dans le Pacifique Sud en mai 1942 et la commanda durant la campagne longue et éprouvante, mais victorieuse, visant à s'emparer de Guadalcanal et à la tenir entre août et décembre 1942. Il reçut la Medal of Honor pour sa « ténacité, son courage et son ingéniosité » au cours de cette opération.
Que s’est il donc passé ce 14 septembre ?
Les moteurs des trois chasseurs commençaient à chauffer dangeureusement alors qu'ils attendaient au bout de la piste, piste baptisée « Fighter One ». La surchauffe constituait un problème majeur pour les moteurs V-12 Allison V-1710 , A mesure que la température-moteur grimpait, l'anxiété des pilotes augmentait tout autant. Pour ne rien arranger, ils transpiraient à grosses gouttes, accablés par la chaleur lourde et l'humidité étouffante de la jungle environnante.
Aux premières lueurs de l'aube, les trois Bell P 400 Airacobra décollèrent pour aller prendre part à l'un des affrontements les plus sanglants de la bataille de « Edson Ridge » (voir post 138).
La « Pagode »Ce bâtiment servait de quartier général à l'aviation des Marines jusqu'à ce qu'il soit endommagé en octobre 1942. Le lendemain, il fut rasé sur ordre du général Geiger, car il constituait un excellent point de visée pour les Japonais. Sur la photo, devant la Pagode, on aperçoit des hommes du 1st squadron des Marines .
La nouvelle tour de contrôle en acier de Henderson Field, construite par le 6e bataillon des Seabees, a facilité les opérations aériennes sur l'îlePeu avant de décoller, le capitaine John A. Thompson s'était présenté à la « Pagode » pour recevoir ses instructions : le bataillon de « Raiders » du colonel Merritt Edson ne tenait plus que de justesse une crête surélevée protégeant l'accès sud de l’aérodrome. Les Marines venaient de passer deux nuits d'attaques violentes menées par la brigade du général Kawaguchi, ainsi qu'à des bombardements aériens et navals.
Il ne restait plus qu'environ 300 hommes dans les rangs des « Leathernecks » (*) , tous prêts à se battre jusqu'au bout ou à se fondre dans la forêt pour poursuivre le combat en guérilla.
Le capitaine Thompson et ses deux ailiers, les lieutenants Davis et Brown, avaient à peine dépassé la cime des palmiers en bout de piste et entamé un virage à droite qu'ils aperçurent l’horreur du champ de bataille, Lors du briefing, un officier des Marines, couvert de crasse et de sang séché après les deux jours de combats quasi ininterrompus, avait indiqué au capitaine sur une carte sommaire, les positions respectives des troupes américaines et japonaises. Les quelque 800 hommes d'Edson affrontaient quelques 1 700 à 2 000 soldats japonais, survivants d'une force initiale de 2 500 hommes ayant réussi à atteindre la crête. Épuisés, les Japonais se préparaient à lancer une nouvelle attaque pour tenter de percer la ligne de défense et s'emparer de l'aérodrome. C’est alors que les trois P-400 surgirent en rase-mottes, au niveau de la cime des arbres ! Thompson savait que pour obtenir un effet maximal avec leurs canons de 20mm et leurs mitrailleuses de 12,7 mm, Ils devraient voler au plus près du sol. (Le calibre du P 400 était un 20mm tandis que celui du P 39 était de 37mm)
Le sous-lieutenant Barclay Dillon s'occupe de son P-400. Le nom de l'appareil, « Impatient Virgin », est inscrit en lettres blanches juste au-dessus des pipes d'échappement du moteur (derrière le cockpit)Malgré la disparité des trajectoires, et compte tenu de l'altitude et de l'assiette de vol des P-400, ce feu dévastateur décima les troupes japonaises en plein regroupement. Les P 400 fauchèrent les soldats, balayant une large bande de terrain tout le long de la crête d’Edson,
Le premier passage prit les hommes du général Kawaguchi par surprise, mais ils eurent tout de même le temps de se préparer pour le suivant. Alors que Thompson, Davis et Brown effectuaient un virage pour une nouvelle attaque, les armes de tous calibre furent braquées sur les Américains. Une fois de plus, les P-400 fondirent sur leurs victimes à quelques mètres à peine au-dessus d'elles, arrosant toute la crête sud d'une pluie de balles. Cette fois, cependant, ils furent accueillis par un feu nourri d'armes légères.
Les Japonais ont été littérallement massacrés sur place, Dans un ultime sursaut, ils parvinrent toutefois à toucher l'ennemi à leur tour, cette fois en provoquant une fuite de glycol au niveau du radiateur de l'appareil de Brown. Le jeune lieutenant n'eut d'autre choix que d'interrompre l'attaque et de tenter de regagner Henderson. Ces trois P-400 étaient les derniers dont disposait la « Cactus Air Force ».
Un air humide, mêlé à l'odeur âcre de la cordite, laissait un goût âpre et amer dans les narines et la bouche de Thompson et Davis alors que les deux appareils restants entamaient un nouveau virage pour une autre passe. Les deux avions avaient encaissé les tirs venus du sol sans dommage apparent, mais les nerfs des pilotes devaient être mis à rude épreuve. Lors du troisième passage, les deux Airacobra restants volaient si bas qu'ils semblaient pouvoir faucher l'ennemi rien qu'avec leurs hélices. Le crépitement saccadé des mitrailleuses, ponctué par les détonations plus espacées des canons, produisait le même effet atroce que précédemment. Les Japonais ripostèrent touchant à nouveau leur cible. Cette fois, une traînée de vapeur s'échappait de l'avion de Thompson ; lui aussi mit à profit l'élan de son attaque pour regagner la piste « Fighter One ».
Repos à l'ombre sous l'aile de son F4F , le capitaine Loren D. « Doc » Everton attend l'ordre du "scramble" Aux commandes du seul P-400 encore en état de vol, seul appareil capable de résister au déchaînement de la fureur ennemie lors d'un nouveau mitraillage au sol, le lieutenant Davis aurait pu légitimement renoncer à l'attaque pour regagner sa base. Mais il savait qu'il fallait stopper les Japonais. Si Henderson tombait, Guadalcanal serait perdu et si Guadalcanal tombait, les lignes de ravitaillement reliant les États-Unis à l'Australie seraient coupées. Il s'élança donc pour un nouveau passage en solitaire.
Il poursuivit ses attaques et à chaque nouveau passage, les tirs d'armes légères en retour se faisaient plus rares. Finalement, à court de munitions, il laissa derrière lui, tout comme ses coéquipiers l'ayant précédé les corps sans vie de plus de 600 hommes d'élite des troupes de Kawaguchi.
Cette ultime intervention brisa l'élan de l'offensive japonaise et contraignit l'ennemi, démoralisé, à la retraite. Pour l'Empire, Guadalcanal était désormais hors de portée. Les Japonais s'étaient heurtés à une ligne infranchissable et avaient été stoppés net dans l’impossibilité de progresser vers l'est au-delà de Guadalcanal.
Bien qu'ils aient poursuivi la lutte pour cette île du sud des Salomon en y débarquant des centaines d'hommes et des tonnes de matériel, la campagne était, en réalité, perdue pour eux.
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Des soldats américains pour beaucoup inexpérimentés, venaient de remporter la première opération amphibie américaine face à un ennemi aguerri, jusqu'alors jugé invincible.
Thompson reçut la Navy Cross, tandis que Brown et Davis furent décorés de la Silver Star , Tous trois auraient tout de même dû recevoir la Medal of Honor.
(*) À Guadalcanal, le terme "Leathernecks" était le surnom traditionnel donné aux Marines américains et non à l'ensemble des forces américaines.
Ce récit provient d'un extrait d'article sur le squadron 67
paru dans Warbirds International - 2002A suivre !(
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En 1944, les Français étient malheureux, maintenant ils sont mécontents, c'est le progrès ! CdG
Bernard