Connexion  •  M’enregistrer

La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Une question sur un blindé, une arme, du matériel, un canon, un véhicule, une locomotive de la seconde guerre mondiale?
C'est ici.
MODERATEUR:

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 91  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 08 Juin 2026, 09:44

Mais ça fait plaisir de savoir qu'il y en a qui suivent. :D

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 92  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 08 Juin 2026, 10:17

Toujours fidèles au poste... même si nous nous faisons discrets! ;)
Ce n'est pas toujours évident, comme cette histoire d'emploi de Baupioniere, que Roger vient de le préciser, qui étaient chargés, de ce que je crois comprendre, du chargement et/ou déchargement de leurs matériels spécialisés. ::dubitatif:: ,

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 25 Mai 2016, 16:26
Région: Alsace
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 93  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 08 Juin 2026, 10:25

Loïc Charpentier a écrit:Ce n'est pas toujours évident, comme cette histoire d'emploi de Baupioniere, que Roger vient de le préciser, qui étaient chargés, de ce que je crois comprendre, du chargement et/ou déchargement de leurs matériels spécialisés. ::dubitatif:: ,


Comparaison n'est pas toujours raison mais...
...dans le Génie US, les unités n'étaient pas très étoffées, en campagne, elles opéraient en tant que spécialistes encadrant les chantiers, les unités combattantes (notamment la division contrôlent le secteur impliqué) fournissant la main d'oeuvre (n'oublions pas qu'un trouffion est avant tout "taillable et corvéable" [j'adore cette expression tout droit remontée du Moyen-Âge]).
Image
Hommage à l'Ardenne de Philippe JARBINET

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 11 Mar 2014, 22:31
Région: Hainaut
Pays: Belgique

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 94  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 08 Juin 2026, 17:36

La deuxième partie du chapitre VI est consacrée aux liaisons de communication. Elle ne contient que des généralités, je passe.

La troisième partie concerne les moyens et voies de transport, en commençant par les chemins de fer, la navigation intérieure et les autoroutes, tous régis par le chef des transports (Chef des Transportwesens).

Les services concernés sont :
- les officiers de transport habilités (Bevollmächtigten Transportoffiziere - Bv.T. O.) auprès des commandements d'armée,
- les commandements des transports (Transportkommandanturen - T. Kdtr.),
- les centres de transit (Weiterleitungsstellen - Weiterltg. St.).

Le traducteur s'est souvent emmêlé entre OKH et AOK. J'ai utilisé "commandement de l'armée" pour le premier, et "commandement d'armée" pour le second.

69 : L'officier de transport habilité (Bv. T.O.) auprès du commandement d'armée est le conseiller de ce dernier pour les questions relatives aux transports. Il traite pour le commandement d'armée toutes les questions relatives à l'utilisation militaire des chemins de fer et des voies navigables et réglemente, conformément aux instructions du chef des transports, la satisfaction des besoins de transport de l'armée en concertation avec les services de transport compétents. Il informe le Commandement d'armée (O. Qu.) de l'heure d'arrivée prévue des trains de ravitaillement ou des envois de ravitaillement importants dans la zone de rassemblement du ravitaillement et dans les gares de déchargement du ravitaillement. Si la procédure d'appel (en cas de surcharge des gares de déchargement) est ordonnée, il organise l'appel des trains de ravitaillement depuis le territoire national ou depuis les points de transit sur la base de la liste d'urgence établie par le quartier-maître général. Il organise la mise à disposition des wagons ou des trains nécessaires au transport.

70 : Les commandements de transport (T.Kdtr.) sont mis en place au siège d'une direction des chemins de fer du Reich pour le territoire d'une ou de plusieurs directions des chemins de fer du Reich et désignés d'après leur lieu d'affectation. Les commandements des transports gèrent les transports par chemin de fer et par voie fluviale. Ils affectent les officiers de gare et de port désignés par le chef des transports.

Les paragraphes suivant du règlement décrivent les différents types de gares : rassemblement, transit, triage, déchargement. Ces dernières se trouvent le plus près possible des unités.

- - - - - - -

La deuxième partie du règlement, le V.Hd.g. 90, donne des indications chiffrées utiles aux intendants. Voici le texte intégral pour la partie ferroviaire.

I Moyens de transport

1) Chemin de fer

a) La longueur d'un train militaire – sans locomotive, tender ni fourgon de queue – ne doit pas dépasser 520 m pour les trains complets et 260 m pour les demi-trains (à respecter en cas de marchandises volumineuses).

b) Dans les limites de longueur de train indiquées au point a), la charge utile ne doit pas dépasser 450 t pour les trains complets et 225 t pour les demi-trains.

c) Poids de chargement et capacité de charge des wagons de marchandises principalement utilisés pour les trains militaires :

Désignation - Poids de chargement - Capacité de charge
Wagons de marchandises couverts : G-Wg. - 15 t - 17,5 t
Wagons de marchandises ouverts : O-Wg. - 15 t - 17,5 t
Wagons de marchandises ouverts : Om-Wg. - 20 t - 21 t
Wagons à ranchers : R-Wg. 15 t - 17,5 t

Une charge à la limite extrême de la capacité de charge n’est autorisée que si, compte tenu de la nature de la marchandise, il n’y a pas lieu de craindre que le poids ne dépasse la capacité de charge en raison des intempéries pendant le transport.

d) Le calcul des longueurs de train doit se fonder sur les longueurs moyennes de wagon suivantes :
1 wagon G - 9,40 m,
1 wagon O - 8,40 m,
1 wagon Om - 9,10 m,
1 wagon R - 11,86 m,
1 wagon B - 14,00 m (wagon B = wagon de voyageurs de 2e classe),
1 wagon C - 14,00 m (wagon C = 3e classe).

e) Pour les trains militaires, on distingue les types de wagons suivants :
Wagons M = wagons de type G équipés pour le transport de troupes
Wagons Pf = wagons de type G équipés pour le transport de chevaux
Wagons F = wagons de type O aménagés pour le transport de véhicules
Wagons L = wagons de type O équipés pour la défense aérienne

f) Chemins de fer à voie étroite. Petits chemins de fer et chemins de fer de transport. La capacité de ces chemins de fer est inférieure à celle des chemins de fer à voie normale. Elle dépend de l'écartement des rails, de l'état de la ligne, des installations d'exploitation, du matériel roulant et des effectifs du personnel d'exploitation.

Chemins de fer de campagne.
Rendement quotidien de construction de voie dans des conditions favorables : 10 à 15 km.
Rendement d'exploitation dans des conditions favorables pour un fonctionnement de 20 heures : jusqu'à 2 500 t par jour avec une capacité de transport de 70 t par train (24 wagons d'une capacité de charge de 3 t chacun).

g) Les téléphériques (principalement utilisés pour la guerre en montagne) peuvent avoir une capacité de transport quotidienne de 400 t et plus.

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 95  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 09 Juin 2026, 07:02

Je poursuis avec le transport fluvial :

- H.Dv. 90 (partie I du règlement ) : rien
- H. Dv.g. 90 (partie II du règlement) : texte intégral ci-dessous

2 Navigation intérieure

a) Sur les voies navigables intérieures allemandes, on trouve couramment des bateaux d'une capacité de chargement de 200, 400, 600, 750, 1 000, 1 350 à 1 500 tonnes. Des bateaux d'une capacité de chargement inférieure ou supérieure existent également, mais en nombre restreint.

b) On distingue :
1 : les bateaux à propulsion autonome (bateaux à vapeur de transport de marchandises, barges à moteur),
2 : les convois remorqués (sur les fleuves : 1 remorqueur avec jusqu’à 8 barges ; sur les canaux : 1 remorqueur avec 2 à 3 barges),
3 : les bateaux sans propulsion autonome.

c) Vitesses de navigation et performances journalières :

Types de bateaux - km par heures montée - km par heures descente
Bateaux à propulsion autonome - 8 à 12 - 15 à 20
Convois remorqués - 4 à 6 - 10 à 15
Bateaux sans propulsion autonome - ne remontent généralement pas le courant - en se laissant porter par le courant : 4 à 6, en se faisant tirer ou à la perche : 1 à 2

En moyenne, on peut compter 15 heures de navigation comme performance journalière (en hiver, ce temps est proportionnellement réduit). Sur les canaux, le rendement journalier est réduit du temps nécessaire au passage des écluses. Celui-ci est d’environ une demi-heure pour le passage d’un bateau isolé et d’environ une heure pour celui d’un convoi remorqué.

d) les transports par voie navigable s’effectuent généralement sans horaire fixe et nécessitent un délai de préparation de plusieurs jours. Ils dépendent fortement des conditions météorologiques (niveau d'eau, brouillard, glace). La taille des bateaux à choisir dépend de la voie navigable empruntée. Il convient d'utiliser la carte des voies navigables d'Allemagne au 1:250 000, édition de mai 1935 :
- les voies navigables de niveau 1 pour les bateaux d'une capacité de charge inférieure à 200 t,
- les voies navigables de niveau 2 pour les bateaux d'une capacité de charge comprise entre 200 et 600 t,
- les voies navigables de niveau 3 pour les bateaux d'une capacité de charge comprise entre 600 et 1 000 t,
- voies navigables de niveau 4 pour les bateaux d'une capacité de 1 000 tonnes et plus.

Pour plus de détails sur l'appartenance des différentes voies navigables aux divers niveaux et sur les dimensions maximales autorisées pour les bateaux, il convient de s'adresser aux commandements des transports compétents.

e) En raison de la durée prolongée du transport, les transports par voie fluviale ne conviennent en général qu’au ravitaillement en denrées non périssables, à l’évacuation de débris (à affiner, mais je pense que c'est l'idée) et aux transports liés à l’économie de guerre. L’évacuation de blessés et de prisonniers n’est possible qu’après une adaptation appropriée des bateaux.

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 96  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 09 Juin 2026, 15:23

Passons maintenant au transport maritime.

H.Dv. 90 (partie I du règlement ) :

76 : La navigation maritime revêt une importance particulière pour l'approvisionnement de l'armée dans certaines circonstances. Sa mise en œuvre relève de la compétence du département de la navigation du haut commandement de la marine de guerre.

H. Dv.g. 90 (partie II du règlement) : texte intégral

3 Transport maritime

a) Le transport maritime permet d'acheminer des personnes, des animaux et des marchandises. Les transports maritimes sont plus longs que les transports ferroviaires et dépendent des conditions météorologiques.

Les navires à passagers sont particulièrement adaptés au transport de personnes. Le transport de chevaux et de bétail n'est possible qu'après l'aménagement spécial de navires de transport adaptés, c'est-à-dire dotés d'un ou plusieurs ponts intermédiaires continus.

Les marchandises de ravitaillement, emballées de manière à pouvoir être transportées par voie maritime, peuvent être transportées en toute quantité et de toute nature. Les marchandises liquides et en vrac (céréales, charbon, etc.) sont particulièrement adaptées.

Les dispositions du règlement sur le transport maritime doivent être respectées, en particulier pour les marchandises des classes de danger (munitions, carburant, etc.).

b) La taille des navires à utiliser dépend de la taille et de la profondeur d'eau des ports de chargement et de déchargement.

Les navires de fret de la mer Baltique ont généralement une jauge brute maximale de 2 000 tonnes ; l'utilisation de navires plus grands est limitée à des cas exceptionnels.

c) Valeurs indicatives pour l'espace nécessaire à bord.

1 - Transport de passagers. À condition que seuls des bagages à main soient transportés, l'espace nécessaire pour 1 personne lors d'un trajet court est de : 2 m² avec des sacs de paille en vrac, 1,5 m² avec 2 couchettes superposées, 1 m² avec 3 couchettes superposées.

2 - Transport de chevaux. Les chevaux sont transportés dans des stalles individuelles intégrées. Le nombre de chevaux est proportionnel à la capacité brute des navires dans un rapport d'environ 1 pour 10. La limite inférieure pour l'espace nécessaire à un cheval est de 2,5 m² de surface au sol.

Les indications ci-dessus s'appliquent mutatis mutandis au transport de bétail.

3 - Transports de ravitaillement. L'espace nécessaire dépend du poids et de l'encombrement des marchandises de ravitaillement.

d) Valeurs indicatives pour la durée du chargement et du déchargement.

100 hommes ont besoin d'environ 8 minutes pour un aller simple dans le navire avec une seule passerelle.

100 chevaux peuvent être chargés en une heure s’ils sont conduits dans les cales du navire par une rampe fixe.

En cas de chargement à l’aide d’une grue, il faut compter : environ 6 heures pour 100 chevaux, environ 10 heures pour 100 véhicules (ces durées sont plus longues pour les camions et les véhicules blindés). Le chargement de ravitaillement dans un navire de 2 000 tonnes de jauge brute nécessite environ 2 équipes de travail (de 8 heures chacune) = 16 heures (en fonction des installations portuaires et des dispositifs de chargement, ainsi que de la configuration spatiale de chaque navire). Les temps de déchargement représentent en moyenne les deux tiers des temps de chargement.

Les mêmes durées de chargement et de déchargement s'appliquent en cas de chargement de nuit et d'éclairage atténué. La pluie, la neige et la formation de glace peuvent toutefois entraîner des retards considérables.

Vitesse de navigation. Les petits navires (d'environ 2 000 tonnes de jauge brute) parcourent environ 10 milles marins (= 18,5 km) à l'heure, les navires à passagers 14 à 16 milles marins (= 26 à 29 km) à l'heure.

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 97  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 10 Juin 2026, 06:58

C'est le tour des aéronefs, avant de passer au riche thème routier :

H.Dv. 90 (partie I du règlement ) :

77 : Les avions peuvent être utilisés pour le transport et le largage de munitions, de vivres, de matériel sanitaire et de carburant pour véhicules, ainsi que pour l’organisation de services sanitaires et l’évacuation des blessés.

Leur utilisation se limitera toutefois à des cas exceptionnels (unités isolées, formations blindées percées, détachements de reconnaissance).


H. Dv.g. 90 (partie II du règlement) : texte intégral

4 : avions

Le ravitaillement par voie aérienne s'effectue :
a) par largage de bombes (bombes de ravitaillement - Versorgungsbomben) contenant des munitions, des vivres, du carburant pour véhicules, du matériel médical et de l'eau,
b) par transport aérien à l'aide d'avions de transport.

Les avions de transport ont généralement une autonomie de 600 km sans escale. Ils peuvent transporter :
- 2 420 kg de matériel de ravitaillement (moins pour le matériel volumineux),
- en tant qu’avions sanitaires 8 blessés (malades) à transporter en position allongée, 1 soldat sanitaire,
- en tant qu’avions de transport de troupes 18 blessés (malades) à transporter en position assise.

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 98  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 10 Juin 2026, 15:52

La dernière partie du chapitre VI du H.Dv. 90 est consacrée aux aspects routiers :
- voies de ravitaillement et construction de routes (Nachschubstraßen und Straßenbau)
- services de ravitaillement (Nachschubdienste)
- colonnes légères et train de ravitaillement (Leichte Kolonnen und Trosse)

1) les voies de ravitaillement et la construction de routes

Routes de ravitaillement.

78 : Les routes de ravitaillement (Nachschubstraßen) servent au transport de ravitaillement des formations engagées ou stationnées dans la zone d’opérations de l’armée de terre. Elles sont ordonnées dans les « dispositions particulières » (Besonderen Anordnungen) de l’armée ou du corps d’armée.

Dans la mesure du possible, une route de ravitaillement est désignée pour chaque formation autonome.

79 : Si plusieurs formations doivent emprunter la même route, l'autorité de commandement supérieure prend les dispositions nécessaires pour la régulation du trafic et l'occupation de la route.

En règle générale, la route d’avance d’une formation est désignée comme la meilleure voie de ravitaillement. C’est sur cette route ou à proximité de celle-ci que s’effectuent le déploiement et l’installation des services de l’arrière.

Il convient d’éviter de déplacer les voies de ravitaillement pendant, peu avant ou peu après une opération de combat, car cela entraîne généralement un déplacement des services et installations de l’arrière ainsi que des moyens de communication et complique l’approvisionnement de l’armée à ce moment-là.

80 : Les ronds-points et les rues à sens unique, ainsi que des indications claires sur les routes et les chemins — visibles même de nuit, facilitent considérablement le trafic de ravitaillement.

Construction routière.

81 : L'état des routes et des chemins, en particulier des routes de ravitaillement, est d'une importance cruciale pour l'approvisionnement des troupes au combat.

Seule une intervention préventive et en temps opportun des services de construction routière (Straßenbaudienste) permet de maintenir le réseau routier dans un état garantissant au commandement et aux troupes la liberté de mouvement nécessaire.

Les directives et ordres relatifs à l'entretien et à la réparation des routes dans la zone d'opération d'armée ainsi qu'à l'intervention des unités de construction routière sont émis par le Commandement d'armée (O. Qu.).

82 : Dans la zone de combat, on fait généralement appel aux sapeurs (Pioniere) pour rendre praticables dans un premier temps les voies de communication nécessaires.

L'aménagement rapide des axes routiers traversants, notamment l'élimination des destructions et la construction de routes de contournement, incombe aux bataillons de génie routier (Straßenbaubataillone) des corps d'armée, spécialement formés à la construction de routes rapides, qui peuvent être renforcés par les services de génie routier (Straßenbaudienste) d'armée.

83 : Dans la zone arrière d’armée, la réparation et l’entretien des routes importantes pour la conduite de la guerre incombent au commandant de la zone arrière d’armée (Kommandant des rückwärtigen Armeegebietes). Si nécessaire, des unités de construction routière (Straßenbaueinheiten) d’armée doivent être placées sous son commandement à cette fin.

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 99  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 10 Juin 2026, 17:42

J'aime bien la "réthorique" de l'ultime partie du Chapitre VII, car, par exemple, il y avait un monde, en 1940, entre le réseau routier qui existait en Europe occidentale (Luxembourg, Belgique, Pays-Bas, France - cette dernière détenant de loin le pompon, à l'époque, pour la densité et la qualité générale de son réseau routier, ce, depuis le territoire communal, rues, voies d'accès, chemins vicinaux, jusqu'au plus haut niveau de responsabilité de l'Etat, celui des routes nationales...c'était le bon côté d'une autorité centralisée de tradition "colbertienne". :mrgreen: ) - ... et celui rencontré, au printemps 1941, dans les Balkans, lors des Opérations Marita et Weisung 25, avant-goût de la réalité qui existait en Union Soviétique, où, à l'été 1941, en dehors des grandes zones urbaines aménagées, la seule route "goudronnée" existante se résumait à celle qui reliait Minsk à Moscou, tout le reste n'étant constitué que de "pistes stabilisées en terre", qui se transformaient bien souvent en immenses bourbiers à chaque raspoutitsa saisonnière!... Sans même parler du manque patent d'ouvrages d'art - de ponts, pour parler simple! :D - destinés à franchir, ce que les militaires appellent des "coupures liquides". Les rares qui existaient n'avaient bien souvent qu'une capacité de "tonnage" insuffisante; à l'été 1941, pour un Panzer III/Panzer IV/StuG III, sans parler des colonnes d'approvisionnement, la charge roulante "individuelle" considérée comme étant admissible, avec la marge de sécurité nécessaire, n'excédait guère "22 tonnes"! D'où, faute de ponts "empruntables" et , compte-tenu de la largeur, elle-même, souvent exceptionnelle des cours d'eau russes, notamment lors des crues, la mise en place, par les Baupioniere, de nombreuses portières flottantes, sur lesquelles on pouvait, au mieux, embarquer un Panzer III/Panzer IV ou StuG III, avec, à la clé, des délais de transfert de l'unité, d'une rive sur l'autre, interminables! ::mal-a-la-tete::

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 25 Mai 2016, 16:26
Région: Alsace
Pays: France

Re: La logistique allemande : le règlement H Dv 90

Nouveau message Post Numéro: 100  Nouveau message de bernard-1954  Nouveau message 11 Juin 2026, 07:20

Voici la dernière partie de ce chapitre VI très théorique. Elle concerne les services de ravitaillement. Le texte est long, je suis désolé pour ça, mais il est indispensable pour bien comprendre le fonctionnement de la logistique dans la zone des armées. J'ai essayé de l'aérer de mon mieux. Dans le post suivant, on passera à la pratique, avec le retour d'illustrations.


2) Les services de ravitaillement.


Tout d'abord la liste des composants de ces services :

84 : Les services de ravitaillement comprennent :

- (a) les chefs de ravitaillement (Nachschubführer),
- (b) les colonnes de ravitaillement (Nachschubkolonnen : Kraftwagen-, Fahr- und Tragtier- Kolonnen - colonnes de véhicules motorisés, de chevaux de trait et de bêtes de somme),
- (c) les compagnies de porteurs de montagne (Gebirgsträgerkompanien),
- (d) les bataillons (compagnies, sections) de ravitaillement (Nachschubbataillone -kompanien -züge),
- (e) les compagnies de parcs du génie (Pionierparkkompanien) et sections de machines du génie (Pioniermaschinenzüge),
- (f) les colonnes de véhicules pour le ravitaillement en carburant (Kraftwagenkolonnen für Betriebsstoff),
- (g) compagnies d'atelier (Werkstattkompanien),
- (h) sections d'atelier de véhicules (Kraftwagenwerkstattzüge),
- (i) ateliers de campagne (Feldwerkstätten),
- (j) parcs (Parke, à l'exception des parcs sanitaires, vétérinaires et équestres).

Ensuite, le rôles de chacun d'eux :

Composant (a)

85 : Le chef du ravitaillement de l'armée (Heeresnachschubführer) au sein de l'état-major du quartier-maître général est le supérieur hiérarchique de tous les services de l'arrière des troupes de l'armée qui ne sont pas engagés, dans la mesure où ils ne sont pas subordonnés au supérieur technique compétent. Il est responsable technique du matériel général de l'armée et des services de ravitaillement au sein de l'armée de campagne.

86 : Les chefs du ravitaillement d'armée, de corps d'armée et de divisions (Armee-, Korps- und Divisionsnachschubführer) sont les responsables des services de ravitaillement des armées, des corps d'armée et des divisions.

Ils sont les supérieurs hiérarchiques des services de ravitaillement et les engagent sur la base d’instructions spéciales des quartiers-maîtres ou des « dispositions spéciales ». Ils doivent satisfaire aux demandes des autres responsables spécialisés en matière de moyens de transport et de main-d’œuvre, dans la mesure où les capacités du personnel et du matériel le permettent. En cas de doute, la décision revient aux quartiers-maîtres.

Composant (b)

87 : Les colonnes de ravitaillement se divisent en colonnes motorisées (Kraftwagenkolonnen - colonnes de véhicules), colonnes tirées par des chevaux (Fahrkolonnen - colonnes de chariots) et colonnes de bêtes de somme (Tragtierkolonnen).

88 : Les colonnes de véhicules motorisés dépendent en grande partie de routes en bon état. Elles parcourent jusqu’à 200 km par jour (c'était 150 km dans la version initiale de 1935). On distingue les grandes colonnes de véhicules motorisés (gr. Kw.Kol.) d’une charge utile de 60 t et les petites colonnes de véhicules motorisés (kl. Kw.Kol.) d’une charge utile de 30 t.

89 : Les colonnes de chariots ont une capacité de 30 t, les colonnes de chariots de montagne (Gebirgsfahrkolonnen) de 15 t. Elles parcourent jusqu’à 30 km par jour. En général, elles sont équipées de voitures à deux chevaux, et de voitures à quatre chevaux dans les formations de cavalerie.

À titre de solution de secours, par exemple lorsque les chevaux sont difficiles à se procurer ou lorsque les particularités du terrain l'exigent, il peut s'avérer nécessaire d'utiliser des bœufs de trait pour l'attelage. Ils ne peuvent être envisagés que pour le transport de charges lourdes. Les attelages de bœufs ne doivent pas être intégrés à une colonne de chevaux ; de même, les colonnes de bœufs ne peuvent pas marcher avec les colonnes de chevaux, car elles ne peuvent pas suivre leur rythme de marche. La performance quotidienne avec des animaux bien entraînés et suffisamment nourris est d'environ 20 à 25 km, pouvant atteindre 30 km dans des conditions favorables, avec un jour de repos le lendemain.

90 : Les colonnes de bêtes de somme sont utilisées de préférence en montagne. Une colonne de bêtes de somme transporte jusqu’à 5 tonnes. Sa performance journalière dépend de l’état des chemins, des montées et des descentes. En plaine également, en particulier sur des terrains accidentés, elles peuvent être utilisées pour ravitailler les troupes au combat en dehors des routes et des chemins. En plaine, les bêtes de somme marchent généralement plus lentement que les troupes à pied.

91 : On distingue les colonnes de ravitaillement de l'armée (Heeresnachschubkolonnen), d'armée (Armeenachschubkolonnen), de corps d'armée (Korpsnachschubkolonnen) et de division (Divisionsnachschubkolonnen).

92 : Les colonnes de ravitaillement de l'armée (große Kraftwagenkolonnen - grandes colonnes de véhicules motorisés) constituent une réserve de moyens de transport du commandement suprême de l'armée pour l'approvisionnement de celle-ci. Elles sont affectées par le quartier-maître général aux armées, corps d'armée et divisions en fonction des besoins.

93 : Les colonnes de ravitaillement d’armée (Armeenachschubkolonnen - große Kraftwagenkolonnen) servent à maintenir la mobilité des stocks de munitions, de vivres, etc. du commandement d’armée et à réapprovisionner les parcs ou les dépôts. Dans des circonstances particulières (1), elles peuvent également être utilisées pour l’approvisionnement direct des corps d’armée et des divisions.

-----

(1) La note référence le point 50 dont le contenu est le suivant :

50 : À mesure que la distance par rapport au front augmente, des dépôts de munitions et de vivres ainsi que des parcs de transit (Zweigparke) sont avancés ou des points de transbordement (Umschlagstellen) – vers lesquels les colonnes de ravitaillement de l’armée (Armeenachschubkolonnen) acheminent les moyens de ravitaillement – sont mis en place.

Le ravitaillement doit être maintenu fluide grâce à une direction rigoureuse du commandement d'armée. Il doit pouvoir être porté à son maximum à tout moment, même dans des conditions difficiles. Les transbordements chronophages doivent être évités par une utilisation planifiée des moyens de transport. À cette fin, selon leur nature et leur capacité, les colonnes de ravitaillement d'armée peuvent être avancées jusqu'aux points de distribution des divisions (Ausgabestellen der Divisionen).

-----

94 : Les colonnes de ravitaillement de corps d’armée (Korpsnachschubkolonnen - kleine Kraftwagenkolonnen - petites colonnes de véhicules motorisés) sont utilisées pour renforcer les colonnes de ravitaillement des divisions dans la zone d’opération principale et servent, si nécessaire, également à l’approvisionnement des troupes du corps d’armée.

95 : Les colonnes de ravitaillement de division (Divisionsnachschubkolonnen - kleine Kraftwagenkolonnen, Fahrkolonnen bzw. Tragtierkolonnen - petites colonnes de véhicules motorisés, colonnes motorisées ou colonnes de bêtes de somme) transportent systématiquement une partie du premier équipement en munitions de leur division. Elles comblent en outre la distance entre la gare de déchargement du ravitaillement de la division (Ausladebahnhof für Nachschub der Division) ou les installations arrière de l’armée (Parke, Lager, Umschlagstellen - parcs, dépôts, points de transbordement) et les points de distribution (Ausgabestellen) (2).

-----

(2) La note référence le point 51 dont le contenu est le suivant :

51 : Les corps d’armée et les divisions récupèrent les ravitaillements qui leur sont destinés dans leurs gares de déchargement pour le ravitaillement (Ausladebahnhöfen für Nachschub) ou dans les installations arrière de l’armée (rückwärtigen Einrichtungen der Armee), dans la mesure où ceux-ci ne leur sont pas acheminés par le commandement d’armée. Ils les maintiennent mobiles sur leurs colonnes de ravitaillement (Nachschubkolonnen) ou les mettent à disposition dans des points de distribution (Ausgabestellen) pour la troupe.

Le stockage de provisions n’entre généralement pas en ligne de compte pour les corps d’armée et les divisions.

-----

Au plus tard dès l'entrée en combat, il convient de former, à partir de deux colonnes de ravitaillement de division chargées de munitions d'artillerie, un "escadron" d'artillerie (Artilleriestaffel) et de la placer sous les ordres du commandant d'artillerie. Il achemine les munitions d'artillerie vers les batteries, jusqu'aux escadrons de munitions (Munitionsstaffeln) ou jusqu'aux positions de tir. Les colonnes aptes à se déplacer sur tout type de terrain sont les mieux adaptées à cette tâche.

Composant (c)

96 : Les compagnies de porteurs de montagne (Gebirgsträgerkompanien) sont employées en montagne pour le transport de charges là où les colonnes de ravitaillement ne peuvent être utilisées en raison des conditions du terrain.

Composant (d)

97 : Les bataillons de ravitaillement (compagnies, sections - Nachschubbataillone -kompanien, -züge) assurent le service du travail dans les camps (Lager) et les parcs (Parke), dans les gares de déchargement du ravitaillement (Ausladebahnhöfe für Nachschub), les points de transbordement (Umschlagstellen), les points de distribution (Ausgabestellen) et les centres de collecte de matériel (Gerätsammelstellen), ainsi que les activités de collecte (Sammeltätigkeit). Elles sont en partie composées de spécialistes (par exemple, des transporteurs, des artisans, des commerçants, etc.) et comprennent, pour les tâches techniques particulières — par exemple, la remise en service d'installations vitales (usines de gaz, d'eau, d'électricité, etc.) pour l'approvisionnement de l'armée —, du personnel qualifié dans la section technique de chaque compagnie de ravitaillement.

Composant (e)

98 : Les compagnies de parcs de génie (Pionierparkkompanien) et les sections de machines de génie (Pioniermaschinenzüge) effectuent les travaux et les tâches techniques nécessaires dans les parcs de génie et les camps (éventuellement aussi dans les scieries, etc.).

99 : La troupe combattante ne doit pas être sollicitée pour des affectations au service du travail dans des installations de l'arrière (1). Les conducteurs et les accompagnateurs des colonnes de ravitaillement ne doivent pas être utilisés pour le chargement et le déchargement des véhicules.

-----

(1) la note référence le point 55 sur la main d'oeuvre, synthètisé au post 86 - vous vous en souvenez, c'est là où il y avait cette confusion entre le génie et les bataillons de construction.

-----

Composants (f) et (h)

100 : pour les colonnes de véhicules de transport de carburant et les trains d’ateliers de réparation automobile, voir Vll e.

Composants (g), (i) et (j)

101 : pour les ateliers de campagne et les compagnies d’ateliers, voir VII f, parcs VII e, f et g.

Dans les parcs, des réparations de campagne de grande envergure peuvent être effectuées.

Brigadier General
Brigadier General

 
Inscription: 08 Sep 2025, 17:47
Région: Bretagne
Pays: France

PrécédenteSuivante

Connexion  •  M’enregistrer

Retourner vers LES ARMES, VEHICULES ET MATERIELS TERRESTRES




  • SUR LE MEME THEME DANS LE FORUM ...
    Réponses
    Vus
    Dernier message
 
  ► Les 10 Derniers Posts du jour Date Auteur
    dans:  Quiz suite -13 
il y a 1 minute
par: NIALA 
    dans:  trouvailles sur les sites de vente 
il y a 10 minutes
par: NIALA 
    dans:  Uniformes et insignes de la Roumanie 
il y a 44 minutes
par: iffig 
    dans:  Paolo Caccia Dominioni di Sillavengo, un Alpino à El Alamein 
il y a 45 minutes
par: Eugene 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « La "Big Red One", 1917-1945 » 
Aujourd’hui, 15:41
par: Dog Red 
    dans:  21/06/26 - 21h10 - France5- 1939-1940 : une étrange défaite 
Aujourd’hui, 15:11
par: Powerhouse 
    dans:  l'appel du 18 juin 
Aujourd’hui, 14:56
par: JARDIN DAVID 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « Prototypes en tous genres : 1933-1945 » 
Aujourd’hui, 14:19
par: Prosper Vandenbroucke 
    dans:  La logistique allemande : le règlement H Dv 90 
Aujourd’hui, 06:57
par: bernard-1954 
    dans:  Ordre de bataille allemand durant la bataille des Vosges (novembre 1944) : besoin d’avis 
Aujourd’hui, 05:18
par: alain adam 

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Guillom et 219 invités


Scroll