frontovik 14 a écrit: Les sources, cher collègue, un vaste débat. Mais faudrait-il adopter une posture hypercritique, et rejeter tout ce qui ne serait point littéraire? Faudrait-il se priver de l'Antiquité, du Haut Moyen-Age? Et encore,nombre de découvertes archéologiques ont démenti les affirmations des sources écrites. Dans le cas qui nous occupe, la fiabilité est assez douteuse, mais le document est justement représentatif d'une époque et d'une mémoire, communiste en l'occurence.
D'accord sur la fin. Reste à ce que la présentation du document le référence correctement. Dans mon sujet, ce n'est pas le cas, car j'ai été trop naïf et j'ai reproduit à l'identique un document transmis... Par des académies. D'où le problème du quotidien, quand ceux qui conçoivent les ressources censées faire autorité ( manuels, études académiques au sens propre... ) bâclent le travail.
Pour la première partie... Nous ne sommes pas ministres de l'Education nationale. Nous ne pouvons malheureusement que recevoir les imbécilités de la rue de Grenelle et les commenter avec fatalisme... J'aime rappeler que "Vercingétorix notre ancêtre" n'a plus de valeur scientifique, mais cela a été un succès pédagogique dont les ressorts pourraient inspirer les programmes ( version approfondie :
https://jmorelmedia2027.kessel.media/po ... l.media%2F ). Parmi eux, un cadre spatio-temporel nettement restreint : premier siècle avant notre ère au XIX siècle, espace principalement national. Avec, à chaque extrémité ( sans parler des détours en cours de route ) un plongeon dans la paléontologie et le XXe siècle étudié en plus, nous créons les conditions d'un tourisme historique parfaitement superficiel et vain.
S'agissant de l'Antiquité romaine, outre l'archéologie, les sources écrites nous sont principalement parvenues via des copies ( et sélections ) carolingiennes. Une vraie réflexion collective à conduire sur ce point et sur nos revendications de l'héritage romain... C'est également la période du serment de Strasbourg, premier texte en ( vieux, très vieux ) français.
Faudrait-il prévoir un jour un enseignement de spécialité "Préhistoire et archéologie", tout en recentrant l'histoire sur ce qu'elle fait le mieux ? Quitte à utiliser un peu l'archéologie en complément ( beaucoup de recherches fécondes sont engagées dans ce sens pour les périodes récentes comme la Première Guerre mondiale )... Cette réflexion me vient de mon début de carrière. Un beau manuel de secondes, éditions Belin... Chaque chapitre se concluait avec une fiche méthode pour analyser un type de document. La diversité documentaire était telle que j'ai tout de suite compris pourquoi les gosses ne comprenaient rien aux méthodes. Pour qu'une méthode soit assimilée, elle ne doit pas être utilisée une seule fois dans une scolarité. Mais chaque fiche était très bien conçue et très belle...
J'ai alors pris la mesure des succès des profs de français au bac. Pour l'analyse littéraire, ils disposent d'un volume horaire supérieur, de programmes plus légers, et de la liberté d'organiser des dizaines de séances uniquement sur l'analyse de textes au programme de l'examen final. En tant qu'élève littéraire, autrefois, j'ai pris le pli dès le premier trimestre, puis me suis contenté de prendre quelques notes de-ci de-là en cours. Le jour de l'oral, je suis tombé sur le seul texte dont nous avions fait une étude comparée avec un autre. En 20 minutes de prépa, j'en ai pondu une analyse littéraire qui est passée comme une lettre à la poste.
A la même époque, je n'étais sans doute pas aussi performant pour l'analyse de texte en histoire. L'analyse stylistique n'est pas plus technique que l'analyse de document en histoire, mais les moyens des profs de français sont infiniment supérieurs. Cela n'est pas une question d'argent à injecter dans le système éducatif : seulement une question de conception des programmes et d'allocation des moyens existants.
Bon, pour le brevet, la question du collège unique se pose aussi...