Permettez-moi donc, amis quizzeurs, de vous narrer — avec la componction érudite qui sied aux grandes tragédies historiques — cette rixe maritime d’une proximité indécente, où l’on se tirait dessus à bout portant comme des camelots s’invectivant sur un marché, mais avec des obus au lieu de tomates trop mûres !

Une hécatombe, vous dis-je, une véritable promotion sur le naufrage, où la mer, outrée, se vit contrainte d’avaler plus de ferraille qu’un ferrailleur en faillite.

Le tout pour une importance stratégique majeure, évidemment — car dans la guerre, figurez-vous, on ne se bat jamais pour des broutilles, mais toujours pour des points essentiels, cruciaux, fondamentaux, bref… indispensables, même si personne ne s’en souvient après coup.

Et quels épisodes incroyables ! Des tirs amis si dramatiques qu’ils feraient passer un vaudeville pour une tragédie grecque, des destroyers minuscules défiant des mastodontes cuirassés dans un élan de bravoure si pur qu’il ferait rougir un paladin médiéval, d’autres se sacrifiant dans la plus grande tradition maritime.

Ce fut confus, ce fut express, ce fut brutal, un chaos incandescent où l’on se canonnait à courte portée comme au bon vieux temps de la Première Guerre mondiale, mais en plus bruyant, plus rapide, et surtout sans les pièces maîtresses — car, voyez-vous, les porte-avions avaient décidé de laisser les autres s’amuser entre eux. Cela n’empêcha point l’aviation d’être activement présente, telle une nuée de mouches autour des queues d’un troupeau de vaches !

Bref, l’une des zones les plus meurtrières du conflit, qui vit une cascade d’affrontements quasi journaliers si dense, si compacte, si ébouriffante, que même les historiens en restent décoiffés.

Le lieu rassemble aujourd’hui une telle collection d’épaves en tous genres — navires et avions confondus — qu’il a reçu un nom bien particulier. Quel est donc le nom particulier donné à ce lieu, me demanderez-vous avec un sourcil interrogatif et une moustache frémissante ?
