Du peu que je connais à propos du
StuG. IV, il était, alors, quasiment inconnu des services techniques alliés, car je ne suis même certain qu'il avait déjà engagé sur le Front Italien, où, à tout le moins, aucun exemplaire n'était encore tombé dans les "mains alliées". Cà expliquerait, pour une bonne part, sa récupération par les américains, à des fins d'expertises.
Les spécialistes alliés de l'expertise technique avaient dû être très sérieusement déçus, car, hormis l'emploi du châssis du
Panzer IV, de son train de roulement et ses dimensions, qui avaient imposé certains aménagements, essentiellement la mise en place de la casemate blindée du conducteur avec ses deux épiscopes, ce n'était, de fait, qu'un
StuG.III "pur et dur", armé du
7,5 cm StuK 40 de 48 calibres! Le
StuG IV avait trouvé son origine, dans les bombardements qui, en novembre 1943, avaient momentanément interrompu la production de la firme berlinoise Alkett , principal assembleur du
StuG. III... la firme Krupp, assembleur du Panzer IV, ayant, alors, dans l'urgence, été amenée à pallier aux besoins!
Particularité (comme déjà dit), le
StuG. IV n'avait été attribué qu'à la
Panzer-Abteilung des
Panzer-Grenadier-Divisionen, notamment, celles de la
Waffen SS, comme la
GvB - en 1943, la
Pz.Gr. Div. 13. "RFSS" était, elle, équipée de StuG. III - il existe, ainsi, un cliché de l'un d'entre eux, dézingué en Corse et abandonné par son "équipage" sur le bord de la route, à l'automne 1943! - ; de même, sur les séries de photos prises, début 1944, par exemple, dans Rome, il n'y avait que des
StuG.III.
Entre décembre 1943. et avril 1945, la production du
StuG.IV, s'était limitée à 1141 canons d'assaut, sachant que le gros des
StuG. IV avait été attribué à certaines
Panzer-Abteilungen de
Panzer-Grenadier-Divisionen, dont la
17. Waffen-SS GvB, et à des compagnies de
Panzerjäger des
Infanterie-Divisionen, pompeusement "baptisées "
StuG-Abteilungen", en février 1944, à raison, avec le vent dans le dos (!), de l'attribution d'une dizaine de "
StuGe" , avant que, à dater de l'été 1944, ces StuGe ne soient progressivement remplacés par des
Jagpanzer 38Dans les dernières semaines de sa fonction en tant que
Inspeckteur der Panzertruppen (
In 6), fin 1944, Guderian et ses services avaient fait le forcing, pour "tenter" de faire assimiler les méthodes de combat de la Sturmartillerie, par les unités de
Panzerjäger, dont le personnel, le plus souvent, s'était retrouvé à devoir mettre en oeuvre des "canons d'assaut", alors que l'encadrement et ses subordonnés, eux, avaient, pour leur grande majorité, été formés pour engager, en situation statique, des pièces antichars, certes, motorisées mais "globalement' statiques, pour se retrouver avec des canons d'assaut conçus pour une action offensive!
Le gros des unités de
Panzerjäger avait employé leurs attributions de canons d'assaut, quelque était le modèle (!), en tant que "pièces antichars mobiles"... point-barre! On était, alors, à des années-lumières de l'emploi opérationnel mis au point, à la lumière de sa propre expérience, par la
Sturmartillerie
Il s'agissait, là, d'une erreur fondamentale de Guderian, bombardé, en février 1943, patron de l'
In 6, car, entre 1936 et 1938, il avait surement été l'un des plus importants opposants à la mise en production du "StuG"! . En février 1943, quand il s'était retrouvé "bombardé" à la tête de l'In 6, désormais considérée à l'égal de la
Heer, de la
Kriegsmarine et la
Luftwaffe, la production des StuGe, qui avait débuté toute fin 1939, s'était avérée être la plus "performante", comparée aux chaines de production de Panzerounets "à tourelle"!
Guderian et ses services n'avaient, alors, strictement rien à "secouer" des tactiques de combat mises au point par la
Sturmartillerie, d'autant que la "Pôvre", rattachée à l'
In 4 "
Artillerie", après sa "promotion", s'était, désormais, +/- retrouvée "classée" comme une arme de complément!
Le sujet est, tout à la fois, passionnant et (très) compliqué, car, en gros, l'
In 6, dirigé par Guderian, était resté assis sur ses certitudes, qu'il s'agisse d'une unité de chars à tourelle ou de canons d'assaut, dotée, elle, d'une arme à débattement "limité" - encore que, dans ce domaine 1941-1945, il y aurait long à dire, mais bon!
Au final, le
StuG III s'était avéré être la production la plus importante de blindés allemands, avec, à quelques poupouilles près, "11 000" exemplaires livrés, dont les tous derniers exemplaires avaient été "récupérés", fin avril, sur le "parking" d'Alkett, durant la Bataille de Berlin!
