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(1944) De la répartition des forces allemandes

Cette rubrique renferme tout ce qui concerne le front ouest du conflit, y compris la bataille des Ardennes ainsi que les sujets communs à tous les fronts tels, les enfants et les femmes dans la guerre, les services secrets, espionnage...

Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de Le Petit caporal  Nouveau message 10 Jan 2025, 22:34

C'est de profondeur stratégique dont il est question (le débat ROMMEL/RUNDSTEDT/SCHWEPPENBURG est plus tactique).


Au temps pour moi :D
" Dieu pardonne, pas nous. "

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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 11 Jan 2025, 15:10

Le Petit caporal a écrit:... sais-tu si la pénurie ou les défauts de cadres expérimentés est systématique ou si elle concerne davantage certains fronts. Benoit RONDEAU a l’air de tendre vers l’idée que justement à l’Ouest, la troupe est globalement de moins bonne qualité qu’en 39-41 mais que les sous-off’ et les off’ sont pour la plupart des vétérans de l’Ostfront (ou d’autres TO).


Il n'est pas question de mettre en doute le travail de recherches de Benoit Rondeau, mais, néanmoins j'aurais tendance à "moduler" son assertion à partir de documents d'archive.
Rappel:
Entre le 1er septembre 1939 et jusqu'en novembre 1944, la Heer avait tenu une comptabilité mensuelle "fouillée" de ses pertes et des remplacements effectués pour les compenser.
Du document RH-15-138 AHA, j'ai extrait quelques "feuillets" constitués de graphiques assez simples à interpréter.

Feuillet 1 - Période décembre 1941-septembre 1942 - Ostheer
Pour chaque mois, correspondent trois colonnes,chacune relative aux trois Groupes d'armées (Nord, Mitte, Süd) engagés sur le Front Est. De gauche à droite, les pertes (tuées) qualifiées "de sanglantes" (blutige Verluste), les "sorties" (Abgänge),le personnel "rayé" ou sorti des états de présence ( blessés, malades, disparus), les "entrées" (Zugänge) constituées du personnel de replacement (Ersatz) et de retour de convalescence (Genesene).

On constate très vite, que l'ensemble des pertes enregistrées en décembre 41, janvier-février-mars 1942, sans parler de celles comptabilisées entre juin et novembre 1941 (!) - de mémoire, entre juin et décembre 1941, la Heer avait perdu "800 000 hommes" (tués, blessés, disparus) - , n'avaient pas été compensées avant avril 1942, ce "réassort" en personnel se poursuivant jusqu'en juillet 1942 inclus, avant de se "casser la gueule" en août 1942...

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Feuillet 2 - Période octobre 1942-août 1943

Là, on se retrouve, en janvier 43, avec la capitulation de la 6.Armee à Stalingrad, et en juillet-août, avec l'échec de Zitadelle et la contre-offensive soviétique qui avait suivi. A nouveau, de mars à juin 1943, les "entrées" (3ème colonne) sont supérieures aux pertes, mais figure, à dater d'avril 1943, une"discrète" 4ème colonne, qui, elle, symbolise, désormais, les "retours de convalescence". A dater de juillet, les pertes enregistrées n'étaient plus "compensées".

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Feuillet 3 - Période mai 1943-novembre 1943

On retrouve quatre colonnes mensuelles, mais, désormais, la troisième indique les remplacements réellement effectués (Ersatz Bereitst.), la quatrième correspondant aux effectifs du personnel de remplacement "fraichement" recruté et de retour de convalescence (Eingetr. Ersatz) , dont dispose l'Ersatz-und-Ausbildung-Heer, la structure de la Heer chargée du recrutement, de la formation et de la fourniture des personnels de "remplacement".

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Feuillet 4 - Période décembre 1943- mai 1944

Seuls, durant les mois d'avril et mai 1944, les "remplacements" sont globalement en équilibre ou supérieurs aux pertes, mais par le biais de nouvelles vagues (Wellen) de mobilisation - exemple, en mars 1944, la 22.Welle, en avril, la 23.Welle

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Pour finir une page extraite du Tome 3, Das Heer 1933-1945 - Entwicklung des organisatorischen Aufbaues, rédigé par le General-Major Burkhart Müller-Hillebrand et publié en 1969.

En haut, figurent les pertes comptabilisées de septembre 1939 jusqu'au 30 novembre1944 - à dater du mois de décembre 1944, il n'avait plus été établi de bilan de pertes-. De gauche à droite, Tote (tués), Vermißte (disparus, y compris les PoW faits par les Soviétiques, dont on était sans nouvelle), Entlassene, réformés (invalides, grands blessés, etc.), Fahnenflüchtige, déserteurs, Summe, total.

Le tableau suivant, indique les pertes cumulées d'officiers. La Heer, l'Armée de Terre (Waffen-SS inclus) ayant perdu, en date du 30.11. 1944, 102 636 officiers et, sachant que, le 1er septembre 1939, elle en comptait 81 314 dans ses rangs.

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Conclusion (toute personnelle), entre juin 1941 et juin 1944 - pour se référer au nouveau front de Normandie - , un gros paquet de "vétérans" n'était déjà plus "en activité". Çà se vérifie, par exemple, à partir des K.St.N, tables de constitution théorique des compagnies, où bon nombre de fonctions assumées jusque-là par des officiers subalternes avaient été confiées, dès début 1943, de plus en plus à des sous-officiers, tandis que les caporaux, caporaux-chefs et "pinpins" breveté de 1ère classe assuraient, de leurs côtés, les fonctions de ces mêmes sous-officiers.

Il y avait une "règle historique" dans la Heer, les "Anciens" avaient à charge de compléter l'instruction des nouvelles recrues, qui, en gros, jusqu'à l'automne 1944, s'étaient, elles-mêmes, "cognées" 12 semaines d'instruction de base, prolongées, au besoin, par un cours de spécialité. A l'été 44, d'après des témoignages de recrues, ces "Anciens" se faisaient rares, tandis que l'instruction de base était de plus en plus "bâclée".

On en a un bon exemple, avec la mise sur pied des Panzer-Brigaden, durant l'été 1944, dont la formation "opérationnelle" avait été interrompue fin août 1944, pour les engager dans l'urgence, avec pour résultat que, à l'exception d'une d'entre elles (de mémoire), elles avaient toutes été rapidement dézinguées, notamment en Lorraine, sans résultat sérieux. A ce sujet, il existe aussi des rapports de hauts gradés qui n'étaient pas "piqués des hannetons" à propos du manque patent d'instruction de ces brigades et de ses conséquences. ::mal-a-la-tete::

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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 11 Jan 2025, 19:44

Sur base des sources que tu nous partages aimablement et en se rangeant à ton analyse, la situation de la qualité globale du soldat allemand est pire encore que l'avis partagé par le petit caporal.
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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 12 Jan 2025, 19:13

Dog Red a écrit:Sur base des sources que tu nous partages aimablement et en se rangeant à ton analyse, la situation de la qualité globale du soldat allemand est pire encore que l'avis partagé par le petit caporal.


Dog Red a écrit:Sur base des sources que tu nous partages aimablement et en se rangeant à ton analyse, la situation de la qualité globale du soldat allemand est pire encore que l'avis partagé par le petit caporal.


Disons que c'est un poil plus compliqué. Globalement, au moins jusqu'au début de l'été 1944, l'instruction de base était bonne, voire d'excellente qualité. Néanmoins, les lourdes pertes cumulées depuis l'été 1941 avaient sérieusement "clairsemé" les rangs des "Anciens".

Je dispose des Meldungen de la 2.SS-Pz.Div. DR, de 1943 à 1945. Son cas est intéressant, car début 1944, elle avait été retirée du Front Est et expédiée du côté de Montauban pour reconstitution. Un vieil ami, Charles, désormais décédé, avait fait partie des recrues "Malgrés-Nous" alsaciennes incorporées d'office, à 18 ans (même pas révolus!), dans la Waffen-SS, puis à la fin de son instruction de base, suivi d'un cours de "spécialité" (conducteur de SPW) et versé, alors, dans la DR. En juin 1944, il avait participé à la "montée en ligne" de la division, sur le Front de Normandie, où il avait été fait prisonnier, de mémoire par des Brits, fin juillet ou début août 1944, alors qu'il allait "pisser" avec ses "copains" (effet du cidre et du calva!), entre deux pilonnages de l'artillerie alliée, devant la ferme, où ils s'étaient réfugiés dans la cave (et y passaient l'essentiel de leur temps à jouer aux cartes, à vider les réserves de cidre et de calva du "paysan" et bouffer des "pommes à cidre" (pas super pour le "transit" intestinal ou plutôt "trop efficaces" ::mortderire::).

Jusqu'en 1946, il avait été PoW aux States, où, après un séjour dans un camp où il y avait un bon nombre d'anciens de l'Afrikakorps, emprisonnés depuis 1942 et 1943, il avait été expédié au Texas; il y avait été employé dans un ranch, en tant que cowboy - Eh, oui, çà ne s'invente pas! :D - avant d'être embarqué sur un transport, débarqué au Havre, sous la protection de la Gendarmerie; car il y avait des "piquets" de "camarades du PCF" qui avaient pour intention première de s'en prendre "physiquement" aux supposés "collabos" (!!). La Gendarmerie les avait provisoirement "hébergés" dans une caserne désaffectée, puis, leur ayant refilé des fringues civils, les avaient "exfiltrés" de nuit, vers la Gare de l'Est, où ils avaient embarqué à bord d'un train à destination de Strasbourg! :D

L'avantage, avec la DR, est que son "parcours", entre février et aout 1944, étant connu, il est un peu plus facile d'essayer "d'analyser" et "interpréter" ses déclarations mensuelles d'effectifs, sauf que ces dernières brillent par leur absence entre le 1er juillet et le 1er octobre 1944 (!).

De manière générale, les documents y relatifs, dont je dispose, permettent de constater la nécessité d'incorporation de "nouvelles recrues (officiers, sous-officiers, hommes de troupe), par voie de conséquence, l'amoindrissement du personnel expérimenté ou spécialisé, relevé, bien souvent, dans le rapport joint, personnel ou par intérim, du chef de corps!

Par contre, pour exploiter au mieux, mais surtout m'efforcer de faire comprendre (ou traduire) la réalité "immédiate" contenue dans ces documents d'archive, il va me falloir quelques jours, car il y a pas mal de boulot à la clef! ... Respectez le vieux retraité, scrogneugneu! ::elu boulet::

Sinon, pour "Le Petit caporal", à propos des armes collectives, la dotation réglementaire "théorique" (Soll) des mitrailleuses (MG 34, MG 42), entre 1939/1940 et 1944/1945, au demeurant très conséquente, n'avait pas changé, sauf que la dotation "réelle" (Ist), elle, avait très généralement "chuté", la plupart des unités d'infanterie déclarant une disponibilité existante à leur dotation théorique (Soll).

Par contre, entre 1940 et 1944, si la dotation en "pistolets-mitrailleurs" (MP 38, MP 40) n'avait guère changé - à la louche, 174 armes par régiment, le troupier allemand avait vu, à dater de 1941, sa dotation en fusils semi-automatiques (Gewehr 41/42) augmentée, car attribuée, pour l'essentiel, aux "estafettes". On était très loin de l'attribution réglementaire du M1 Garand, au sein de l'US Army, le Kar 98 k, "carabine à répétition constituant l'essentiel de l'attribution à la troupe "teutonne".

Cas particulier, à dater de fin 1943, puis "généralisé" courant 1944, au sein de chaque bataillon d'infanterie, avait été mise en place une compagnie dotée de fusils d'assaut (Stg.43, puis Stg.44), ainsi que dans des "Begleitkompanien" (compagnies d'assaut "spécialisées"). Au sein d'une Infanterie-Division, cette dotation en "fusils d'assaut" n'excédait guère "1500 pièces".

Il y avait derrière tout çà, une bonne raison; car, depuis la fin du XIXème siècle et la mise en service des premiers fusils à répétition (munis de chargeurs ou de magasins), les intendances militaires, quelques était leur nationalité, avaient "pleuré leur mère", en regard de leur consommation de munitions qu'elles jugeaient très excessives! Côté allemand, çà ne s'était arrangé avec la mise en service du Sturmgewehr, qui exigeait la mise en fabrication de munitions, certes, du même calibre que celles du Kar 98, mais dotées de douilles "raccourcies". En parallèle, les MG 34 (cadence de tir théorique, 900 coups/minute) , mais surtout les MG 42 (1500 coups/minute) bouffaient un max de munitions de 7,92 mm! :mrgreen:

En parallèle, la Heer ne disposant pas de "mitrailleuses lourdes", les canons de 2 cm Flak, simples ou quadruples, faisaient office de "pièces de défense" terrestres; sans parler des triplettes de 15 et 20 mm (MG 151/15, MG 151/20), récupérées (au départ) sur le stock de "canons" déposés par la Luftwaffe, mises en services à dater de 1944; toutes ces pièces étaient de "grandes bouffeuses" en munitions, qui avaient exigé la production et la mise en place de stocks. Or, en Allemagne, on s'était retrouvé, dès 1944, avec une situation militaro-industrielle, quasiment "catastrophique", faute de ressources en matières premières et, le plus souvent, démunie des "composants" métalliques nécessaires pour la production de munitions de "qualité".

Il y a pas mal de "détails" à prendre en compte. Par exemple, sauf erreur de ma part, même, si toutes les armées connaissaient "l'efficacité", à courte et moyenne portée, de la munition antichar à "noyau de carbure de tungstène", l'armée allemande avait été la première à "généraliser" son emploi, dès le printemps 1941, avant de devoir se résumer à son emploi exceptionnel, dès l'été 1942, sur injonction des services d'Albert Speer, qui avaient réservé l'emploi du carbure de tungstène à la seule fabrication des outils de coupe, dans les ateliers d'usinage.


Un truc dont on parle peu, vu qu'il avait été très peu employé par les Alliés (occidentaux et russes), c'est l'emploi des munitions à charge creuse, largement développé par les allemands, qui avait l'avantage d'être peu coûteux à produire et qui - allez, soyons fous (!), jusqu'à 1000 mètres de portée -, s'était, au final (Hl/C), avéré être redoutablement efficace! La "Victoire" arrive... et on glisse aimablement "sous le tapis" l'emploi allemand des munitions "à charge creuse", dans son rôle antichar! ... Enfin, cet "oubli" n'avait pas duré trop longtemps, car, dès "1946", notamment au sein de l'US Army, on avait mis en service des munitions à "charge creuse".

Cela dit, avec ces munitions à charge creuse, il y a deux "problèmes", la rayure de l'âme de la pièce , qui les met en rotation dans le tube, déviant leurs trajectoires et la vitesse (Vo) imprimée au pélot, trop importante pour son emploi, qui, elle, accélère leur dispersion au prorata de la distance -.

Là, on va tomber dans le domaine du "perfectionnement"! A dater du printemps 1941, au cours duquel les premières dotations en "munitions à charge creuse" avait été effectuées, si le pélot s'était avéré efficace durant ses essais, la toute première génération (Hl/A), avait révélé, sur le terrain, sa (fâcheuse) tendance à "ricocher", sur le blindage adverse, selon son angle d'impact! Par exemple, en 1941, après avoir tiré, sans succès, à courte distance, six projectiles, aussi bien antichars qu'à charge creuse, sur un KV-1, un chef de char de la Sturmartillerie (véridique!), s'était emparé d'un lot de "grenades à manches", qu'il était allé déposer (en évitant les tirs des mitrailleuses du blindé adverse), sur le blindage du KV-1, pour le mettre hors de combat

C'est assez compliqué à "comprendre", mais, à bord des Panzer IV et StuG III, armés du 7,5 cm Kwk/StuK de 24 calibres, l'emploi du canon court de 24 calibres avait, de par sa moindre "Vo" et la longueur de son tube, facilité l'usage de munitions à charge creuse; l'adoption du canon "long" de 43, puis 48 calibres, ayant interféré avec leur emploi. A bord des Tiger I, il avait bien existé, en 1942/1943, une dotation réglementaire théorique de munitions de 8,8 cm à charge creuse, sauf que les équipages, qui l'armaient, avaient vite pigé que sa pièce de 56 calibres était quasiment "incompatible" avec ce type de "pélots"; la bizarrerie des circonstances avait fait attribuer une dotation d'obus à charge creuse au Tiger II, mais les performances de son canon de 8,8 cm et 71 calibres étaient, elles-aussi, encore moins compatibles avec ce type de munitions, qui ne servaient à rien, compte-tenu des performances de ladite pièce avec de bêtes projectiles antichars classiques! ::mortderire:: ... A contrario, le canon de 7,5 cm et 70 calibres du Panther (Panzer V), doté, lui-aussi, d'une trop grande vitesse initiale, n'avait pas été approvisionné de munitions "à charge creuse". :D

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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 13 Jan 2025, 11:16

Dog Red a écrit:
brehon a écrit:Quelles furent les conséquences du bombardement de Cobra, pertes en hommes et en matériel?


De mémoire, de l'interrogatoire de BAYERLEIN, j'ai en tête :
. que le bombardement avorté du 24 juillet 1944 pousse le général à retirer ses chars (31 Pz.IV et V et une dizaine de StuGe quoi que, pour ces derniers, on a des photos d'épaves bombardées du côté de Marigny) vers l'arrière tout comme ses réserves d'infanterie, les avant-postes sont au nord de la route de Périers et seront aussi relativement épargnés ;
. lesdites réserves sont relativement épargnées mais il me semble que les pertes s'élèvent à 2.000 hommes (à confirmer), ce qui est lourd !

J'essayerai de relire cet interrogatoire ce week-end.


Pour l'ensemble des pertes subies par les bombardement des 24 (avorté) et 25 juillet 1944, BAYERLEIN parle de 2.000 hommes.

Il n'évoque pas les pertes matérielles.
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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 26  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 14 Jan 2025, 15:59

Chaque mois, l’état-major divisionnaire établissait un état (Meldung) d’effectif et de situation pour son personnel et matériels. Nous allons nous intéresser à la partie haute du document, repérée 1. Personelle Lage am Stichtag der Meldung, état du personnel à la date d’établissement du rapport.

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Au point a) (en haut, à gauche), figure un cadre, qui comporte deux colonnes, repérées Soll et Fehl
Soll : Effectif théorique de l’unité établi selon les tables de dotation (K.St.N., Kriegsstärke-Nachweisung, littéralement, vérification des forces en temps de guerre), qui fixaient les effectifs et les moyens mis à disposition de la compagnie ou de la batterie (pour l’artillerie). Par exemple, au sein d’une Panzer-Division, un bataillon d’infanterie regroupait quatre compagnies de fusiliers ou grenadiers, un régiment étant constitué de trois bataillons et 14, voire 15 compagnies (12 compagnies d’infanterie, plus 2 ou 3 compagnies régimentaires. Autant dire que, pour l’ensemble de la division, ça faisait un gros paquet de K.St.N.
Exemple : un des deux régiments de grenadiers de la 2.SS-Panzer-Division « DR », où sont mentionnés les N° des K.St.N, de haut en bas et de droite à gauche, 1104, 1108, 1114, 1121, 1120a, 192, 712.

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Fehl : Ces dotations à « effectif plein » étant théoriques, la seconde colonne indique le nombre de manquants ; pour obtenir l’effectif réel à la date d’établissement du document, il convient de soustraire les « manquants » (Fehl) de la dotation théorique (Soll), à savoir : 21739 – 7972 = 13 767 hommes, dont 333 officiers, 2339 sous-officiers, 10 759 hommes de troupes et 336 Hiwis.

Au point b), à gauche, plus bas, sont indiquées les pertes, ici, enregistrées pour la période du 1er au 31 novembre 1943…
Tot. (Morts) : officiers (9), sous-officiers et hommes de troupe (166)
Verw. (Blessés) : officiers (12), sous-officiers et hommes de troupe (481)
Verm. (Disparus) : officiers (-), sous-officiers et hommes de troupe (8)
Krank. (Malades) : officiers (13), sous-officiers et hommes de troupe (481)
Au bilan, entre les morts, blessés et disparus, la division avait perdu 676 hommes et dû se dispenser du service de 494 autres, réputés malades, sachant pour être répertorié dans cette catégorie, il ne fallait plus pouvoir se tenir debout pour assurer son service. En hiver, dans les secteurs de « grande froidure », il y avait de nombreux cas de gelures, notamment, durant les « gardes de nuit ».

Passons au côté droit du document…

Au point c) figure le personnel « de renfort » dont l’unité avait bénéficié, au cours du mois de novembre 1943, constitué de nouvelles recrues (Ersatz) 1533 hommes (dont 19 officiers), et 109 hommes (dont 3 officiers) rétablis (Genesene), après leur convalescence et considérés « bons pour le service ».

A partir de cette unique déclaration, on constate, en décembre 1943, que le « complément de personnel » attribué était essentiellement constitué de « nouvelles recrues », réputées « inexpérimentées », en dépit de leurs formations, aux conditions de combat. En l’occurrence, la division avait intégré 1533 hommes (dont 19 officiers), soit 11% de son effectif, parmi lesquels, seuls, 109 (dont 3 officiers) étaient censés avoir une certaine expérience du « Front » !
Pour mémoire,
01.07.1943 - Ersatz: 1164 - Genesene: 94
01.08.1943 - Ersatz: 168 - Genesene: 48
01.09.1943 - Ersatz: 1385 - Genesene: 56
01.10.1943 - Ersatz: 451 - Genesene: 185
01.11.1943 - Ersatz: 559 - Genesene: 188
01.12.1943 - Ersatz: 1533 - Genesene: 109

Cumul: Ersatz: 5260 - Genesene: 680 – Total: 5940, soit, au 01.12.1943, 5940/13 767 = 43% de l‘effectif

Le quatrième tableau, point d), en bas à droite, inventorie le personnel qui n’a bénéficié d’aucune permission de longue durée (une semaine ou plus), depuis plus d’un an. 2765 n’en avaient pas « vu la couleur » depuis 12 à 18 mois, 189, depuis 19-24 mois, 7, depuis plus de « deux ans, la division ayant, durant le mois écoulé (novembre 1943), attribué 975 « billets de transport » pour « permissionnaires ».

Meldung complète au 01.12.1943 :

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Le 1er février 1944, la division qui est retirée du Front, n’aligne plus que 4575 hommes (127 officiers, 695 sous-officiers, 3684 hommes de troupe et 71 Hiwis, sachant que, au cours du mois de janvier, elle a incorporé 543 « recrues », 21 « retour de convalescence » et perdu 764 hommes…

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Le 1er mars 1944, la division étant en cours de reconstitution en France, sa Meldung est réduite. Sur une dotation théorique de 15 170 hommes, il lui en manque 3769.

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Etat des effectifs au 1er juin 1944, 18 108 hommes ; dotation théorique : 19 598, la division n’a incorporé aucun Hiwi. Il manque 151 officiers et 1339 sous-officiers. Au cours du mois précédent, elle a intégré 400 « recrues » et 37 « retours de convalescence ». La division s’apprête à monter en ligne en Normandie.

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Etat des effectifs au 1er juillet 1944

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Il n’existe pas de Meldung pour les mois d’août et septembre 1944, uniquement un rapport, en date du 4 septembre 1944, qui indique qu’il manque environ 7000 hommes (grenadiers, pionniers d’assaut, conducteurs de blindés et véhicules)!

A l’exploitation de ces documents qui couvrent une période de « 9-10 mois » (décembre 1943-septembre 1944), entre ses pertes au combat et ses « réassorts » en personnels, la division, qui avait servi sur le Front Est, puis sur le Front Ouest, avait grosso modo « renouvelé » deux-tiers de ses effectifs. Dès lors, on peut considérer que la qualité générale de la troupe (sous-officiers et officiers subalternes inclus) avait, faute d’expérience, régulièrement chuté sur l’ensemble des Fronts, depuis l’été 1941, même si son instruction de base était encore restée de qualité jusqu’à l’été 1944. Les « Anciens » n’étaient pas, eux non plus, épargnés par les « pertes » (tués, disparus, blessés graves, convalescences de longue durée, réformés), or ils avaient un rôle important au sein de l’unité, car l’usage voulait qu’ils complètent l’instruction des « recrues » par le biais de leurs propres expériences.

On constate au sein du corps des officiers, un manque récurrent de personnel tout au long du conflit (notamment parmi les officiers subalternes, plus exposés aux pertes de par leurs fonctions « en première ligne »). En ce qui concerne les sous-officiers, c’est un peu plus compliqué, car, selon les unités, leur effectif pouvait afficher un « manque » ou un « surplus », mais ce dernier correspondait généralement à l’incorporation de jeunes sous-officiers fraichement issus, eux-mêmes, des écoles d’instruction, alors que les « troupiers » sortis du rang, qui intégraient ces « écoles » étaient bien souvent en nombre moindre ; certains « anciens » (brevetés et caporaux) ne souhaitaient pas devenir sous-officiers, d’autres n’avaient pas le « niveau d’étude » suffisant pour pouvoir « intégrer l’école », et, au sein même de la formation, on rechignait aussi à « se priver » de leur expérience.

Au sein d’une Heer, l’armée de terre, qui alignait, alors, plusieurs millions de « pinpins », les « promotions internes » étaient relativement peu nombreuses. Une recrue incorporée, en tant que « breveté » (dans sa spécialité) (Gefreiter), en 1942, l’était, bien souvent, toujours en avril 1945, sans avoir bénéficié de la moindre « promotion » !

D’après les témoignages d’anciens combattants alsaciens, qui avaient servi au sein de la DR ou de la TK, il existait, avant tout, un « esprit de corps », qui avait été essentiel pour assurer une bonne cohésion générale des formations engagées au combat ; le contexte « politique », qu’on attribue à ces formations combattantes de la Waffen SS étant alors très loin d’être le « souci premier », au sein d’unités qui, par le biais de leurs incorporations, rassemblaient des allemands, mais aussi des tchèques, des belges, des luxembourgeois, des alsaciens, des mosellans, etc… même si la DR avait été coupable d’avoir mené de lourdes exactions avérées « contre l’humanité » à Tulle et Oradour-sur-Glane, durant sa montée en Normandie.

Après le procès de Bordeaux, en janvier 1953, où ne figuraient que des "troufions de base", avec 19 "accusés", dont 13 "Malgré-Nous" alsaciens, sans la présence du moindre "décideur"(!), le verdict prononcé avait, alors, déclenché, en Alsace (et en Moselle), un mouvement général de protestation des élus communaux, l'ensemble des maires alsaciens "expédiant", en signe de démission, leurs écharpes tricolores à l'Elysée, où demeurait, alors, Vincent Auriol. En catastrophe, l'Assemblée Nationale s'était réunie quelques jours plus tard, pour voter une loi générale d'amnistie envers les "Malgré-Nous"!... et, durant les décennies suivantes, on avait décidé de discrètement glisser "sous le tapis" le particularisme alsacien, qui, en l'espace de "70 ans", entre 1870 et 1945, avait changé quatre fois de nationalité! ::mal-a-la-tete::

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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 27  Nouveau message de Le Petit caporal  Nouveau message 14 Jan 2025, 18:44

Désolé pour le temps de réponse.

Loïc sais-tu pourquoi le L/24 du Pz.IV était plus adapté pour tirer les munitions à charge creuse. Pourquoi sa VI plus faible était-elle un avantage pour l'emploi de cette munition ? Et inversement, pourquoi un canon plus long avec une VI plus élevé était moins indiqué ? (En sus, évidemment d'une certaine efficacité même sans l'emploi de charge creuse).
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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 28  Nouveau message de Alfred  Nouveau message 15 Jan 2025, 09:53

Peut être parce que les têtes de projectiles sur roulements n'avaient pas encore été mises au point,il me semble..... iL FAUT ALORS DES TUBES LISSES............Mai,s'ils sont lisses perte de précision et portée........

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Re: (1944) De la répartition des forces allemandes

Nouveau message Post Numéro: 29  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 15 Jan 2025, 11:08

Le Petit caporal a écrit:Désolé pour le temps de réponse.

Loïc sais-tu pourquoi le L/24 du Pz.IV était plus adapté pour tirer les munitions à charge creuse. Pourquoi sa VI plus faible était-elle un avantage pour l'emploi de cette munition ? Et inversement, pourquoi un canon plus long avec une VI plus élevé était moins indiqué ? (En sus, évidemment d'une certaine efficacité même sans l'emploi de charge creuse).


Je vais essayer de faire simple, car c'est un sujet technique assez compliqué. ::mal-a-la-tete::

Pour améliorer la précision des projectiles tirés aussi bien par une arme de poing, d'épaule, que par une pièce d'artillerie, on avait mis au point l’âme rayée, disposition qui génère la rotation du projectile durant son trajet dans le fût; en gros, plus le projectile tourne vite, plus il conserve sa "précision". Cette rotation est néanmoins contrariée par la force centrifuge qu'elle génère, qui tend à dévier le projectile de sa trajectoire, mais ce défaut est pris en compte et corrigé avec le dispositif de visée.

Le problème est que le principe de fonctionnement de la charge creuse est tel qu'il n'aime pas la haute vitesse, ni la rotation (encore moins quand elle est importante), ni l'effet de la force centrifuge qui tendent à le faire dysfonctionner à l'impact! ...

Dans les obus de rupture ou les boulets perforants la perforation n'est obtenue que par la vitesse restante à l'impact, le poids et la dureté des parties actives, alors que la charge explosive éventuelle ne joue qu'un rôle secondaire.
Dans les obus à charge creuse, la perforation est, au contraire, entièrement l’œuvre de la charge explosive, tandis que la vitesse à l'impact ne joue plus qu'un rôle secondaire sinon nuisible, d'où la vitesse initiale réduite de ces projectiles.
Alors que dans les engins explosifs normaux les effets de destruction sont à peu près également répartis ou dispersés dans toutes les directions, les dispositions adoptées dans les projectiles à charge creuse sont telles que plus du quart de ces effets
sont concentrés au voisinage de l'axe, dans un cylindre dont le diamètre peut être très inférieur au calibre même du projectile.
Les explosifs de chargement utilisés sont toujours très puissants et très brisants. Le diamètre initial de perforation dépend dans une très large mesure du profil de la concavité ménagée à l'avant de l'explosif.


voir aussi... https://fr.wikipedia.org/wiki/Obus_%C3%A0_charge_creuse

Le principal défaut du canon court 7,5 cm de 24 calibres, qui avait armé le Panzer IV et le StuG III jusqu'au printemps 1942, résidait dans la faible vitesse (Vo de l'ordre de 385/400 m/s) qu'il imprimait à son projectile antichar de rupture (7,5 cm Gr.rot Pz.) et aux faibles performances de ce dernier (cf. tableau ci-après). Défaut qui était devenu un "avantage", avec la mise en service des premières munitions à charge creuse (dont le fonctionnement était particulièrement capricieux, mais, çà, c'est un autre problème! :D).

Image

La mise en service du canon 7,5 cm de 43, puis 48 calibres (7,5 cm KwK/StuK 40 L/43 & L/48) autorisait des vitesses initiales élevées (740 jusqu'à 990 m/s), idéales avec les munitions antichars de rupture ou à noyau (de carbure de tungstène), mais, dès lors, çà coinçait avec les obus à charge creuse. On y avait remédié en diminuant la charge propulsive contenue dans la douille, afin d'obtenir une vitesse initiale de 450 m/s, mais, revers de la médaille, cette moindre vitesse pénalisait la portée pratique du pélot, augmentait sa dérive et diminuait d'autant sa précision. ::mal-a-la-tete::

Image

A noter que le canon 7,5 cm KwK 42 L/70 à haute vélocité, qui armait le Panther n'avait jamais eu de dotation d'obus à charge creuse.
L'un des emplois le plus efficace des projectiles à charge creuse, durant la WW2, avait été les bazookas, Panzerschrek et les Panzerfaust, armes, qui n'imprimaient pas de rotation et dont la Vo était de l'ordre de 150/180 m/s, mais qui avaient toutes une portée pratique limité (100 à 150 m max).

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