Des nazis en Suisse Il faut en premier rappeler que lors de la Première Guerre mondiale, la Suisse allemande tenait pour l’Allemagne et la Suisse romande pour la France. Donc si le conflit était parvenu en Suisse nous aurions eu droit en plus à une magnifique guerre civile. Je crois que c’est la plus belle démonstration de l’utilité de la neutralité.
Cela fut tout autre pour la Seconde Guerre mondiale, contrairement à ce qui s’était passé lors de la PGm, les Suisses allemands se mobilisèrent fortement contre le nazisme. La raison est simple à expliquer, le nazisme salissait leur propre culture. Il y eut donc toutes sortes d’associations telle que la
Ligue du Gothard, encourageant le peuple à lutter contre le nazisme.
En Suisse, nous avions eu un visionnaire en la personne d’un brillant historien : Karl Meyer.
La menace des nazis et le pangermanisme que ceux-ci professent ont été vite reconnus et redoutés par les intellectuels de Suisse alémanique et ont entraîné chez certains d'entre eux un sursaut de nationalisme, forme de résistance spirituelle. Karl Meyer avait pressenti le danger avant même l'arrivée d'Hitler au pouvoir : dés 1927, il soulignait le sens politique de la tradition de libération des Suisses face à des pouvoirs totalitaires au nord, et les événements ne purent qu'aiguiser sa convictionVoilà ce qu’il en était, mais cela ne veut pas dire qu’il n’existait pas en Suisse un courant, disons pro Allemands allant du fascisme au nazisme. Globalement on les nomma frontistes.
Voici un chapitre consacré à ce sujet par l’historien Edgar Bonjour, dans l’histoire de la neutralité suisse.
http://www.livresdeguerre.net/forum/con ... ndex=50417Il faut encore mentionner deux cas assez extraordinaires, le premier concerne Jean-Marie Musy, fribourgeois et ancien conseiller fédéral. Il était pro nazi essentiellement par anti communisme. Mais tout nazi qu’il fut, manifestement il n’adhérait pas aux actions entreprises par les nazis à l’encontre des Juifs, ce qui ainsi le rendait moins nazi. A tel point qu’il entreprit une action dont on parle trop peu, une action folle et ultra dangereuse. Il partit avec son fils en Allemagne afin de délivrer des Juifs d’un camp de concentration ! Voici :
https://www.rts.ch/play/tv/mise-au-poin ... deo:884653J’aimerais ici mettre en évidence l’interprétation qui peut être faite de cette action. Il faut savoir que ces 1200 Juifs furent internés dans un hôtel au-dessus de Montreux, donc forcément le train les transportant s’arrêta à Montreux. Or depuis les années 90 certaines personnes n’arrêtent pas de répandre le mensonge des trains de déportés juifs traversant la Suisse. Malgré toutes les études faites, que ce soit en Suisse, en Italie ou en France, il est apparu qu’aucun convoi de cette sorte a traversé la Suisse, ce qui me paraît évident. Eh bien dans un commentaire paru dans le journal
Le Matin il y a déjà quelques années on y lit ce commentaire
« la vérité, je la connais depuis belle lurette, mon grand-père mobilisé pendant la WWII participait à l'effort d'exclusion depuis derrière les barbelés, les convois de Juifs déportés à la gare de Montreux, ma mère petite l'a vu aussi, tout ça c'est du rabâché! Seulement on ne juge pas, on se rappelle, c'est tout!. »Vous voyez, en Suisse, on ne se pose guère de questions quant à se demander ce que pouvait bien faire un train de déportés juifs en gare de Montreux ! Et donc ces Juifs furent pris pour des déportés ! Je sais cela paraît incroyable, mais si vous avez une autres explication je suis preneur.
Le deuxième cas concerne le banquier François Genoud.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_GenoudManifestement François Genoud, comme Jean-Marie Musy, n’acceptait pas le sort réservé aux Juifs par les nazis. A mon point de vue cependant et connaissant parfaitement ce que les nazis réservaient aux Juifs, il était insensé d’adhérer à cette idéologie.
Enfin il faut parler d’un crime commis par des nazis dans le canton de Vaud. Un marchand de bétail Bernois, de religion juive, fut assassiné. Cette affaire fait régulièrement l’objet de films, de livres, de représentations théâtrales et de conférences dans les écoles. L’écrivain et prix Goncourt Jacques Chessex a écrit
« Un Juif pour l’exemple ». Le journaliste Jacques Pilet a écrit «
Le crime nazi de Payerne » Entre parenthèse on remarquera à quel point le nom des petites villes est associé à un crime, alors que des crimes de masse peuvent être fomentés dans des grandes villes, sans que ces crimes soient associés au nom de cette ville.
Il y eut donc effectivement, pendant la guerre, à l’intérieur de la Suisse, un Suisse de religion ou de culture ou de naissance juive, tué par des nazis.
On doit aussi mentionner l’attitude pro nazie de certains gardes-frontières et militaires ayant refoulé des Juifs.
Pour terminer il y a du nouveau en Suisse pour ce qui concerne le salut et les signes nazis. Dans un sujet intitulé
Hitler et le nazis on a parlé de ce qui s'était passé sur la prairie du Grütli où l'on voyait un groupe faisant le salut nazi. Pour rappel la parairie du Grütli est un lieu mythique ou les Trois Suisses firent un Pacte, ceci en 1291. Il n'y eut donc aucune sanction l'encontre de ce groupe de nazis suisses. Or cela vient de changer il y a peu. En effet les autorités viennent d'adopter une loi interdisant le salut nazi et les signes nazis. Tant mieux.