coyote a écrit:Bonjour
Si on interprète bien cette promo 1939, ces mécanos seraient formés sur Potez uniquement, donc non qualifiés pour un autre type de machine/moteur.
C 'est curieux car les Gnôme & Rhône 14 M étaient montés sur d'autres appareils (avec certes de légères variantes) tels sur les Breguet ..
Les "Pingouins" de l'Aéronavale bénéficiaient d'une formation "généraliste" plus fouillée, puis, en fonction de leur affectation, se "spécialisaient" le plus souvent, par "débrouillardise", avec "
leur bite et leur couteau" sur le type d'appareils en dotation dans l'escadrille; dans l'Armée de l'Air, l'instruction technique (de base) professée était, elle, "compartimentée" par types d'appareils - sur le cliché, une promo "spécialisée Potez 631", toutes "compétences" confondues (mécano, électricien, armurier, etc.) . C'était le "point faible" de l'instruction du personnel de l'Armée de l'Air, car la connaissance "généraliste" exigeait, dès lors, de l'ancienneté, des promotions en grades et plusieurs affectations différentes.
j'ai un bon exemple en tête, qui date des années "60". La base aérienne de Cognac était "mixte", Armée de l'Air, Marine, elle était équipée Fouga-Magister, à bord desquels les promos de "pilotes" des deux Armes, s'initiaient au vol sur "appareils à réaction".
A l'époque, dans l'Armée de l'Air, les "brevetés" mécanos sortaient de l'école de Rochefort, en tant que sergent "PDL" (durant la durée légale du service militaire obligatoire de "18 mois", ramenée à 15 mois en 1965, puis "ADL", au-delà. A l'inverse, cette même école, mais pour son pendant "Aéronavale", instruisait des "promos" de matelots brevetés Mecaé (mécanicien d'Aéronautique).
Au quotidien, sur la base de Cognac, on retrouvait en piste, un matelot breveté ou un quartier-maitre de 2ème classe, "patron d'appareil" (responsable de l'entretien général, de la bonne marche de l'appareil, au décollage et après son atterrissage), tandis que le sergent de l'Armée de l'Air, de deux, voire trois grades supérieurs, était cantonné au service de l'extincteur de piste!
J'ai d'autres exemples en tête... un vieil ami, qui était sorti de Rochefort en tant que Darae (électronicien d'équipement, cours long) avait été expédié, pour sa première affectation au SAMAN, le service central de gestion, approvisionnement et fourniture des pièces détachées pour les appareils de l'Aéronavale. A l'époque, il s'y était retrouvé en tant qu'opérateur "informaticien", sur "machines Bull" ou, au tout début de l'emploi des "IBM"; pour mémoire, à l'époque, il s'agissait encore d'informatique "électro-mécanique". On programmait "l'unité centrale", le gros ordinateur, à l'aide d'un tableau à fiches à raccordement simple, double ou triple, qu'on câblait en fonction du résultat souhaité. La "bécane", qui était alimentée à l'aide de fiches préalablement perforées et/ou, si elles existaient déjà, sélectionnées à l'aide d'une trieuse "électromécanique", pondait, au final, un document imprimé - souvenez-vous de ces liasses rayées "blanc/vert" avec des "troutrous" sur les côtés, afin de pouvoir s'engager dans les roues dentées de l'imprimante - je sais, çà commence à sérieusement dater!
Bref, un jour, débarque au SAMAN un aréopage de galonnés et d'étoilés de l'Armée de l'Air, venus voir le "fonctionnement quotidien" de ce service. Mon "copain", alors tout fraichement promu "Maitre" - à l'époque, un grade naval qui se situait entre ceux de sergent-chef et d'adjudant dans l'Armée de l'Air - grâce à sa spécialité, mais qui n'excédait pas "quatre ans de service", avait été convié par son chef de service, au pire un lieutenant de vaisseau, l'équivalent d'un "Pitaine", à effectuer une recherche "informatique".
Ladite recherche, volontairement demandée "compliquée" par les visiteurs, avait abouti entre deux et trois minutes, fournissant la localisation précise du stockage de la "pièce de rechange" et son délai prévisionnel de fourniture à un éventuel demandeur. Là, très grosse surprise chez les "gonfleurs d'hélice"...
mais quel est votre grade ? ... à la vue des galons de mon camarade, ils s'en doutaient, sauf qu'il y avait un problème, car de leurs propres aveux, ce genre de boulot ne pouvait être effectué dans l'Armée de l'Air que par des officiers du grade de lieutenant ou de capitaine!
Cet "épisode" est absolument véridique!
