NIALA a écrit:Loic, c'est bien la première fois que je lis que la rotation de la terre fait remonter des munitions à la surface, on n'a pas fini d'en trouver, vu le nombre de guerres que notre pauvre terre a supportée stoiquement.

Je n'ai rien inventé, car c'est un jeune camarade, ancien commando-marine, qui après avoir servi dans la police nationale, avait jugé plus sympa de passer les brevets de démineur, puis d'intégrer la Protection Civile, d'abord comme démineur, puis désormais, comme instructeur, qui m'avait expliqué ce phénomène largement méconnu.
J'avoue, sans aucun problème, que, jusque-là, j'ignorais ces effets très particuliers, résultats de la rotation terrestre. C'est pour çà, par exemple, que les paysans de l'Aisne ou des départements limitrophes, qui pourtant retournent régulièrement chaque année leurs champs, se retrouvent, un beau jour, dans les mêmes limites géographiques de leurs terrains, avec les socs de leur attelage, qui déterrent brutalement un obus et qui, prudemment, interrompent leur activité pour passer un coup de fil aux démineurs. Dans le coin, il n'y a que très rarement un unique projectile isolé, car, en général, sa "découverte" signifie l'existence d'un "dépot" plus ou moins important; en plus, contrairement, par exemple, à la Normandie, il y traine toujours un gros paquet de munitions chimiques, qui, même, après 100 ans de sommeil, sont encore capable de causer des dégâts.
Les munitions traditionnelles, une fois, récupérées et désamorcées, sont généralement regroupées pour, selon leur quantité, être détruites à l'explosif, une ou deux fois l'an, dans un environnement paumé soigneusement choisi - c'est le petit plaisir personnel que s'accordent alors les démineurs!

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Par contre, ces cochonneries de munitions chimiques, sont systématiquement immergées en haute mer, où, contrairement à certains discours "écolos" extrêmistes, l'eau de mer, en rongeant - certes, avec un peu de temps! - les enveloppes métalliques des obus, neutralise, dissous naturellement et progressivement leur contenu de gaz mortel. Avec ces munitions chimiques, les démineurs y vont sur la pointe des pieds pour les désamorcer... on se demande bien pourquoi ?
De toute façon qu'il s'agisse de munitions "classiques" ou chimiques , leur désamorçage préalable exige un état "mécanique" constaté et suffisant pour y procéder, sans parler d'une préalable et nécessaire identification formelle. Sur les munitions "1940-1945", ils parviennent à partir des marquages, encore bien visibles après un nettoyage prudent, à identifier le modèle. Ils connaissent par cœur les types de fusées associées, ainsi que leurs fonctionnements (à impact ou avec délai); par contre, çà se complique très sérieusement avec les vieilles munitions "14-18" rongées par la rouille et, prudemment, classées comme "instables"!