Prosper Vandenbroucke a écrit:
Peu ont entendu l'appel du 18 juin 1940 mais de nombreux Français se sont ralliés au Général avec les suites que l’on connait.
"Appel" , dont l'écoute était, déjà, nécessairement limitée techniquement et compte-tenu de l'heure de sa diffusion!
Techniquement, car la BBC émettait, un, sur ondes moyennes, 371.1 mètres (804 khz), fréquence qu'utilisait, dans la journée, l'armée britannique pour balancer, en clair, ses programmes de distractions radiophoniques à l'attention du BEF(!), un bis, sur la même gamme d'ondes, mais à la fréquence de 261.1 m (1149 khz), uniquement dans la soirée et durant une durée limitée, des émissions en langues européennes; deux, la BBC émettait, également, en ondes courtes, 49.59 et 30.96 m, des émissions qui étaient aussi relayées sur six fréquences OC supplémentaires.
Les fréquences "ondes courtes" étaient, elles, essentiellement "utilisées" par les radios-amateurs et les communications "professionnelles" à longue distance! Ce qui pourrait expliquer, en partie, pourquoi les marins-pêcheurs de l'Ile de Sein avaient été si nombreux (150!) à répondre à "l'Appel du 18 Juin", car les armateurs et patrons-pêcheurs avaient sérieusement commencé à s'équiper d'émetteurs-récepteurs radio en OC - le prix d'achat du poisson à la criée, phénomène le plus souvent saisonnier, étant inversement proportionnel à la date du retour de pêche du chalutier (!)

Les communications-radio permettaient, dès lors, d'anticiper sur la date de retour des chalutiers, afin de coller au mieux aux prix "les plus élevés" du marché!
En gros, le cabillot, futur morue salée et traitée, avait, sans le vouloir, donné un bénéfique coup de pouce au "Grand Charles". Même motif, même punition, à Saint-Pierre et Miquelon!
Sinon, pour en revenir aux émissions de la BBC, en langue française, sur ondes moyennes (OM), émises en soirée dans un créneau horaire restreint, je voudrais juste attirer votre attention sur le niveau moyen actuel "en anglais" de la population française! Il se résume bien souvent, grâce au "cursus"scolaire, à la lecture compréhensible d'un écrit, sauf que, faute de pratique constante, la prononciation très particulière de la langue anglo-saxonne, constitue toute aussi rapidement une barrière infranchissable!... et ne venez pas me dire le contraire!
Maintenant, transportons-nous en juin 1940 ! A votre avis, combien y avait-il "d'auditeurs français assidus" des émissions de la BBC?

De surcroit, la population francaise était alors en proie à des difficultés majeures; les populations frontalières, qui avaient suivi "l'exode", celle "organisée" durant l'automne-hiver 39, mais, surtout ceux qui s'étaient "embringués" dans la fuite sur les routes du sud pour fuir la progression des troupes ennemies! Si, de surcroit, on rajoute qu'elles n'avaient généralement aucune nouvelle de l'époux et/ou des "rejetons" mobilisables, au mieux, faits prisonniers - 1,8 millions de soldats français capturés à la date du "22 juin" 1940... et le vainqueur n'avait pas fini "l'inventaire"! -. Au passage, même motif, même punition, pour les "troufions" belges!
Donc, si on additionne les priorités familiales et immédiates d'urgences familiales, le
vulgum pecus avait largement bien d'autres soucis, que d'écouter, assis peinard devant sa "TSF", l'intervention, différée à 22H30, le 18 juin, depuis Londres(!), d'un "jeune" général (grade provisoirement attribué!) très largement méconnu, qui, lui-même, avait servi en tant "qu'aide de camp ++" du Maréchal Pétain, le "Vainqueur de Verdun", certes, mais, aussi, durant la décennie 20 et au début de la suivante, un intervenant essentiel et respecté dans la vie politique et militaire française!
Il n'est pas question de vouloir "réécrire "l 'Histoire, mais, le 18 juin 1940, le "devenir" de ce général , "planqué à Londres", ne valait pas tripette, comparé à "l'appel au secours" adressé au célèbre "Vainqueur de Verdun", comme ultime recours de la Nation française "en perdition"!
A dater de là, grâce, entre autres, à l’opiniâtre résistance britannique, facilitée, en cela, par sa situation ilienne, le "Grand Charles" avait admirablement réussi à mener "sa barque" dans un univers d'écueils très compliqués, hostiles et multiples. Néanmoins, le 18 juin 1940, en dépit de son intention affirmée et de son courage "à distance", il ne valait pas "tripette" (one more time) militairement, ni politiquement!