Déterrage de topic mais après l'avoir lu attentivement je reste sur ma faim.
Si le livre a déjà quelques années ainsi que l'état d'avancement de ce fil de discussion, des vidéos YT font florès autour du sujet, par exemple :
https://www.youtube.com/watch?v=PAFhiU_ ... C3%89LUCID
On y entend que dans Le management du nazisme il est question des dynamiques profondes qui l'ont permis et qui aujourd'hui se réalisent encore au travers du néolibéralisme... voir du macronisme.
Ces dynamiques profondes se seraient elles très bien passées d'un AH pour déployer leurs méfaits ?
Parfois un débat effréné voit s'affronter les tenants du tout génétique versus ceux du tout milieu concernant ce qui détermine une personne, sa santé, ses capacités. Qui a des rudiments de biologie sait qu'on a affaire à une interpénétration complexe entre les deux facteurs, la génétique et le milieu, et qu'on assiste à un débat entre deux incompétences.
Qui de la force des choses ou des grandes figures historiques préside au destin du monde, c'est un peu la même chose. Les marxistes nous ont légué le déterminisme historique qui tel un tsunami balaye les hommes quelle que soient leur gesticulations y compris celle des chefs et autres leaders. L'opposition au marxisme hégelien à défendu le contraire, le hasard, le libre arbitre, les acteurs de l'histoire, rien n'est écrit à l'avance et les individus comptent. Telle une rivière qui sort de son lit pour s'installer durablement dans un autre parcours, est-ce qu'un embranchement évènementiel peut orienter le destin du monde ?
A nouveau il y a sans doute ces deux grands facteurs et distinguer les uns des autres est délicat. Des Patton et Joukov infiniment moins talentueux n'auraient en rien épargné une l'Allemagne submergée par le camp détenant une écrasante majorité de la capacité de production ainsi qu'un déséquilibre flagrant en énergie. Au contraire, un parcours et parfois des anecdotes montrent que c'est à telle personnalité ou groupe d'hommes restreint qu'on doit tel résultat. Ainsi que le hasard. Le coup au but du Bismarck sur le Hood en est un exemple suivi peu après d'une torpille pile poil sur le gouvernail, sorte de retour de karma. Est-ce l'Amiral Lütjens qui, n'ayant pas pu s'empêcher de télégraphier un roman, a causé la catastrophe ?
AH est un animal politique qui trace son chemin avec détermination, subtilité, brutalité, échecs, réussites, bluff, mensonges, coup de poker, esbroufe, manipulation, charisme, génie politique, folie, doute, vision, aveuglement. Il a tant fait et on ne peut croire à une Allemagne de Weimar qui mécaniquement ne pouvait que devenir nazie, revancharde, guerrière, en faillite, gagnante, pillarde, puis génocidaire et finalement perdante.
A l'opposé Hitler n'a pas tout fait. Les assassinats politiques n'ont pas attendu que les nazis soient au pouvoir. De même les réarmements balbutiants des aéroclubs de loisir et des tracteurs agricoles chenillés aidés par les amis soviétiques ne les ont pas plus attendus. C'est toute l'Allemagne, de l'ouvrier au banquier en passant pas l'ingénieur qui est riche du sentiment d'humiliation et de revanche, tout en ayant les moyens intellectuels, techniques, scientifiques et industriels de se relever. De plus L'Explication est tentante, France 40 millions, Allemagne 67 millions en comptant l'Autriche. Plutôt qu'une Etrange Défaite on y voit plutôt une étrange surprise. On peut dire que l'Allemagne et les dignitaires nazis ont fait la paire. Que sans Goering, Goebbels, Himmler, Hess, AH ne serait pas allé aussi loin. Mais c'est bien AH qui a décidé de tant de choses car le concept même de Führer en tant que vœu, puis pensée, puis réflexe est devenu une sorte de maladie mentale.
J. Chapoutot avance une analyse très structuraliste pourrait on dire, le fonctionnalisme, où AH est réduit au rôle de fantassin de la première guerre, dépassé par la technologie. Ce en quoi on puisse douter quand on pense à sa campagne électorale en avion, son gout pour les invraisemblables voitures officielles luxueuse à 6 roues, les autoroutes, voir sa réaction face à un premier balai motorisé quasi chorégraphique de Pz I lors d'un meeting nazi : Je les veux, je les veux !
Maintenant, comment et pourquoi on peut défendre mordicus l'approche fonctionnaliste ?
1) Est-ce fondé (le fonctionnalisme), vrai, faux, pertinent, douteux ?
2) Pourquoi s'avancer dans cette démarche à l'excès ?
3) Qu'est-ce que ça rapporte à son auteur, dit autrement à qui profite le crime ?
Attachons nous dans un premier temps au point 1).
Il y aurait de quoi écrire un bouquin, plusieurs, mais je n'ai pas les compétences d'une part et, telle une démonstration mathématique douteuse
dont il suffit de trouver une erreur de calcul pour mettre le tout à la poubelle, faisons de même avec le chapoutisme fonctionnaliste concernant "L'extraordinaire production d'armes de l'Allemagne nazie, sans précédent dans l'histoire".
Un exemple parmis d'autres, une interview par Natacha Polony du journal Marianne en 2021 : 7mn25 https://youtu.be/2w8UO-nqFrA?t=445
"Les nazis avaient très bien compris dans les années 30 que pour produire beaucoup et de fait ils avaient des ambitions de production
vraiment immenses qu'ils ont réalisé en partie, les chiffres de la production d'armement font foi..."
Vraiment ?
La jeep : Quand l'Allemagne produit 50 000 VW 82 Kübelwagen (la jeep allemande), les américains en produisent 500 000.
Le char moyen : Quand l'Allemagne produit 9000 panzer IV, la Russie produit 60 000 T34, les USA 50 000 Sherman.
L'avion de chasse : Durant la bataille d'Angleterre les britanniques en produisent deux fois plus que l'agresseur.
Poubelle !

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