A dater de décembre 1920, US Navy avait entretenu 26 bâtiments dans sa Asiatic Fleet, mais, seuls, les 6 canonnières -
Wilmington (chef de flottille),
Elcano,
Villalobos,
Quiros,
Palos,
Monocacy - de la 3ème division, la Yang-Tse River Patrol, se cognaient la "profondeur" du fleuve, certes, majestueux, mais aussi interminable (6300 km de long, dont plus de 2000 navigables pour ce type de bâtiments!) la sécurité des légations et autres institutions américaines - souvent confessionnelles et ancêtres de nos ONG actuelles - c'est, d'ailleurs, très bien circonstancié et narré dans le film avec Steve Mac Qeen -.
Un, çà ne faisait pas lourd, 60 pinpins et une canonnière fatiguée (c'est un euphémisme!), pour tenter de contrôler 200 km de rives (mais sur chaque bord, vu la largeur du "cours d'eau"!), alors que çà pétait grave en Chine profonde (avant même l'invasion nippone).
De toute manière, même avant la destitution de l'empereur Puyi et la fin de la dynastie Quing, en février 1912, ce n'était pas, non plus, la joie! L'air de rien, mais je ne m'avancerai pas dans ce domaine, les multiples interventions et expéditions occidentales menées en Chine, dès la fin de décennie 1860 n'avaient pas amélioré la situation du pouvoir.
Mais, bref, passons! Durant la décennie 1920-1930, les "nationalistes" et les communistes avaient été contraints de devoir faire alliance pour tenter de juguler les "Chefs de Guerre". Or qui dit "chef de guerre", dit, nécessairement, troupes sous ses ordres, et en Chine, le "volant de recrutement" ne manquait pas! On "gagnait sa vie" largement mieux, en tant que pirate ou bandit de grand chemin, que comme paysan (le plus souvent spolié!), ou, même en servant comme "pinpin" dans l'armée régulière!
A la différence des US Marines, eux, essentiellement, affectés à la protection des sites officiels - ambassade, consulat, légations - les matafs des canonnières de la Yang-Tse River Patrol, eux, se démerdavaient avec les moyens du bord - c'est le cas de le dire! - , le plus souvent paumés, seuls, dans leur coin, sans possibilité sérieuse d'espérer, au besoin, des renforts rapides... et 60 pinpins, même à bord d'une canonnière armée, face une multitude chinoise; la Chine d'alors ne devait compter que +/- 500 millions individus, mais c'était déjà "énorme" - en France, en 1920, nous étions moins de 38,4 millions, les States, 106 millions! -
En plus, ces troupes "occidentales" déployées en Chine, qui faisaient, alors, plus ou moins office de "Casques Bleus" avant l'heure, étaient soumises à des consignes d'engagement très strictes... uniquement des tirs de réplique, si, d'aventure, l'évolution de la situation les nécessitait. Autrement dit, quand çà partait "en saucisse", neuf fois sur dix, le chef d'unité ou le "Pacha" de la canonnière était bon pour passer au "trapèze" - le tribunal militaire - et y justifier ses décisions!

Ah, voui, j'ai failli oublier de le préciser, mais la gouvernance chinoise était parfaitement capable d'exiger des justifications "suite à une intervention inqualifiable" - même vis-à-vis de pirates avérés locaux, contre lesquels elle combattait ! -, dénonçant, ainsi, en sous-main, la présence occidentale (toutes nations confondues), considérée comme une intrusion inacceptable!
