Voici 'je crois l'intégralité de ) la lettre que Magda Goebbels écrit à son premier fils Harald Quandt, prisonnier de guerre, le 28 avril 1945:
« Mon cher fils,
Depuis six jours nous sommes ici dans le bunker du Führer, Papa, tes six frères et sœurs et moi pour mettre fin, de la seule façon honorable qui soit, à notre vie nationale-socialiste. Je ne sais pas si tu recevras cette lettre. Peut-être le destin me permettra-t-il de t’envoyer mes dernières amitiés. Tu dois savoir que je suis restée ici contre la volonté de ton père qui, dimanche dernier, voulait aider le Führer à sortir d’ici. Tu connais ta mère, nous avons le même sang, pour moi il n’y avait aucun autre choix. C’est ici, avec tous, que notre magnifique idéal s’est forgé et c’est ici, aussi, que ma vie durant, j’ai connu tout ce qu’il y avait de plus beau, de plus admirable, de plus noble et de meilleur. La vie dans le monde qui vient après le Führer et le National-Socialisme ne vaut plus la peine d’être vécue, c’est pourquoi j’ai aussi pris les enfants. Ils sont trop bien pour cette vie à venir et Dieu miséricordieux me comprendra, si je leur donne moi-même la délivrance. Tu vas continuer à vivre et je n’ai pour toi qu’une seule requête : n’oublie jamais que tu es un Allemand. Ne fais jamais quoi que ce soit contre l’honneur
et dans ta vie, veille à ce que notre mort ne soit pas inutile. Les enfants sont fantastiques. Ils s’entraident sans aucun soutien dans ces conditions précaires. Malgré qu’ils doivent dormir sur le sol, qu’ils ne puissent se laver, qu’ils n’aient pas à manger, jamais une plainte, jamais de pleurs. Des impacts ont secoué le bunker. Les plus grands protègent les plus petits et leur présence ici est par là même une bénédiction qui de temps à autre fait sourire le Führer.
Hier soir le Führer a détaché sa décoration en or du Parti et me l’a épinglée. Je suis fière et heureuse. Dieu, faites qu’il me reste assez de force pour accomplir le plus dur et ultime geste. Nous avons encore un but : fidélité
jusqu’à la mort du Führer. Que nous puissions terminer notre vie avec lui est une grâce du destin à laquelle jamais nous n’aurions pu penser. Harald, mon cher garçon, pour ta ligne de conduite, je te donne encore le meilleur de ce que la vie m’a appris : sois fidèle ! Fidèle à toi-même, fidèle aux hommes et fidèle à ton pays partout et en tous lieux. Prendre un nouveau virage est difficile. Qui sait si je suis capable de remplir cette mission, mais je voudrais te donner encore tant d’amour et tant de force pour t’éviter l’affliction de notre perte. Sois fier de nous et essaie de garder de nous des souvenirs heureux et fiers. Tôt ou tard nous devons mourir et il n’y a rien de plus beau que de vivre peu, mais une vie pleine d’honneur et de courage que de vivre toute une vie dans la honte.
Cette lettre doit sortir, Hanna Reitsch la prendra. Elle volera encore !
Je t’embrasse avec l’amour le plus ardent, le plus profond et le plus maternel !
Mon cher fils, vis pour l’Allemagne ! »
C'est une lettre-testament qui relève à la fois d'une posture politique et de sentiments personnels. Ceux qui veulent à tout prix diaboliser Magda Goebbels trouveront leur miel dans cette lettre en faisant semblant de ne la lire qu'au 1er degré.
"Malgré qu’ils doivent dormir sur le sol, qu’ils ne puissent se laver" Dans une phrase Magda Goebbels aligne un mensonge et une vérité: Les enfants ont leur chambre et dorment sur des lits superposés (qui étaient encore sur place lorsque le Fuhrerbunker a été détruit dans les années 90). Autrement oui, les conditions de vie sont particulièrement spartiates, bombardements et surpopulation, il manque d'eau, les toilettes sont bouchées, la promiscuité... A partir de ce constat il est évident qu'il faut faire la part de la posture politique de ses sentiments personnels.
"Tu dois savoir que je suis restée ici contre la volonté de ton père qui, dimanche dernier, voulait aider le Führer à sortir d’ici."
Effectivement Goebbels a tenté de convaincre Hitler d'évacuer Berlin. Est ce à l'initiative de l'un ou de l'autre, ou bien une décision commune, mais Goebbels ressort de l'entrevue en annonçant qu'il reste lui aussi et que sa famille rejoindra le Bunker. En déclarant qu'elle reste contre la volonté de son mari, Magda Goebbels de manière évidente veut prouver que tout relève de la politique. Hitler, Joseph et Magda Goebbels sachant qu'ils sont maudits pour l'éternité préfèrent assumer et affirmer leur positionnement politique plutôt que s'humilier avec des regrets ou des excuses que l'on ne leur accordera pas.
"Ils sont trop bien pour cette vie à venir et Dieu miséricordieux me comprendra, si je leur donne moi-même la délivrance." Magda Goebbels s'auto-désigne comme l'auteur du crime le plus abominable pour ne pas avouer que la Mère qu'elle est ne peut pas s'y résoudre: Comme je l'ai dit elle n'a pas été capable d'aministrer elle même le poison à ses enfants.
"Les plus grands protègent les plus petits et leur présence ici est par là même une bénédiction qui de temps à autre fait sourire le Führer." Remarque probablement sincère qui révèle la fièreté d'une et l'amour d'une mère pour ses enfants et que l'attachement de Hitler pour les enfants n'était pas simulé.
"Hier soir le Führer a détaché sa décoration en or du Parti et me l’a épinglée. Je suis fière et heureuse. Dieu, faites qu’il me reste assez de force pour accomplir le plus dur et ultime geste." Phrase pour lier la mort de son couple et de ses enfants au destin de Hitler mais surtout pour balayer tout sentiment personnel qu'elle éprouve.
"Harald, mon cher garçon, pour ta ligne de conduite, je te donne encore le meilleur de ce que la vie m’a appris : sois fidèle !" On peut au moins dire que Magda Goebbels espère un avenir radieux pour son fils et ne souhaite pas que sa mort soit la fin du monde.
Le sort qui aurait été réservé aux dirigeants politiques, (voire à leurs dépouilles comme dans le cas de Mussolini) comme les exactions des soldats soviétiques contre les femmes et les enfants appartiennent autant à la propagande, aux fantasmes qu'ils ont été une triste réalité. La vie familiale et politique de la famille Goebbels était beaucoup trop imbriquée certainement pour qu'eux même fassent la part des choses.
De son côté Joseph Goebbels avait également joint une lettre à Harald (dont il n'était pas le père, mais qu'il considère comme son fils.)
28 AVRIL 1945
Cher Harald
Nous sommes enfermés dans le Führerbunker de la Reich Chancellerie et nous nous battons pour notre vie et notre honneur. Dieu seul sait comment cette bataille se terminera mais je sais que pour nous cela se terminera avec honneur et gloire, mort ou vivant. Je ne pense pas que nous nous reverrons. Ce sont les derniers mots que tu recevras de moi. J'espère que si tu survies à la guerre, que tu feras honneur à ta mère et à moi. Nous n'avons pas besoin de survivre pour continuer de compter pour les gens. Tu resteras le seul pour perpétuer la tradition familiale. Continue pour que que nous n'ayons pas honte de toi. L'Allemagne survivra à cette guerre si elle a des exemples à suivre. Et c'est cet exemple que nous voulons donner. Tu peux être fier de la mère que tu as. La nuit dernière le Führer lui a donné son insigne du Parti qu'il a porté pendant toutes ces années sur sa veste, et je pense qu'elle le méritait.
Pour le futur tu as une mission. Te montrer à la hauteur du grand sacrifice que nous allons réaliser. Je sais que tu le feras. Ne te laisse pas désorienter par le tumulte que le monde prépare. Les mensonges tomberont un jour par leur propre poids et la vérité triomphera. Un jour viendra où nous serons aussi innocent et pure que notre foi et nos buts l'étaient.
Au revoir cher Harald! Nous nous reverrons si Dieu le veut. Sinon je demeurerai toujours fier d'avoir appartenu à une famille qui dans l'adversité, et jusqu'au dernier moment, a été fidèle au Führer
et à sa pure et sainte cause.
Tous mes vœux et mes plus chaleureuses salutations,
Papa
Beaucoup moins politique, il ne cherche pas à donner des justifications mais des conseils pour futur car il croit en un futur pour l'Allemagne. Goebbels ne se livre pas ou si peu: Malgré les vicissitudes de leur vie de couple, Magda et Joseph Goebbels, leurs enfants étaient inséparables.
Rochus Misch (ou Traudl Junge, la secrétaire) racontait avoir vu le dernier jour Joseph Goebbels chanter avec ses enfants un air allemand "der Blau Reiter", et il l'interprétait comme une façon de leur dire adieu.
Il est très difficile d'interpréter les mots des uns et des autres mais Hitler, Magda et Joseph Goebbels ont probablement révélé beaucoup plus de de leur personnalité dans leur derniers jours
au Furherbunker que durant leur vie publique.

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