Cette imposante casemate destinée à l’Armée de terre, Heer, sera construite à près de 86 exemplaires sur le mur de l’Atlantique. Elle est le résultat d’une évolution peu commune dans ses plans. Depuis le premier projet jusqu’aux variantes de cet ouvrage, on peut se rendre compte du pragmatisme de ses créateurs.
Premier projet.
Le premier projet est nettement inspiré d’un autre modèle de casemate. Il s’agit du type 30, dans la série des ouvrages du limesprogramm, protection des frontières.
L’ouvrage se compose d’un local de combat pour l’emplacement du canon, situé au centre. De part et d’autre on trouve la salle de repos pour le personnel servant et en face deux réserves à munitions. L’une pour les obus, la seconde réservée aux gargousses. Une caponnière protège l’arrière de la casemate et son accès.
L’inconvénient majeur est d’exposer à l’ennemie une large façade, propice aux coups directs. L’embrasure de tir du canon est réduite car adaptée uniquement à un canon de campagne d’un calibre n’excédant pas 10 cm. Ce projet sera donc annulé car, basé sur des études anciennes qui sont dépassées. Il aurait nécessité 900 m³ de béton armé.
Second projet.
Le second projet est cette fois innovant par rapport à son prédécesseur. La forme générale sera d’ailleurs reprise pour d’autres casemates, comme la R 625 dans sa première version, la R 625 B, ou encore la R 653.
Mais un obstacle, parmi d’autres, va annuler ce second projet. En effet l’entrée de la casemate est protégée par un créneau de défense intérieure situé dans un étroit couloir avec, juste derrière, la porte donnant accès au local de stockage des obus. Le risque est alors de voir un tir ennemi traverser le créneau, ce qui arrivera lors des combats, et ensuite la porte blindée, même si cette dernière, du type 434P01, est épaisse. Une sécurité aléatoire donc. Enfin l’ouvrage reste réduit en dimensions, conséquence, il ne possède pas de local pour le personnel servant. Cela oblige à édifier un abri pour les soldats à proximité. L’approvisionnement du canon oblige le personnel à circuler dans un étroit couloir éventuellement occupé par le défenseur du créneau. Encore beaucoup de contraintes donc, de plus il semble qu’Hitler, qui s’intéressait de près aux nouveautés dans le domaine de la fortification, estimait que cette casemate n’était pas une bonne réalisation. Pas aucun exemplaire ne sera construit. La masse estimée est de 1100 m³ de béton armé.
Ci-dessous comparatif entre les deux versions de la casemates R 625, la R 653 et le second projet de R 611.
A suivre.
Patrick

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