Alfred a écrit:Le Tungstène est rare,il y avait des tubes de canons rétrécissant le calibre pour augmenter la vitesse ,ils disparurent dès que les stocks ne furent pas renouvelés ,les sources étant devenues inaccessibles
En fait, non, pas vraiment, les pièces à âme conique, trois modèles -
2,8 cm s.Pz.B 41,
4,2 cm Pak 41 et
7,5 cm Pak 41 -, dont la production avait été limitée, étaient restées en service jusqu'à la fin du conflit.
le 1er mars 1945, l'inventaire mensuel indique : 853 x 2,8 cm s.Pz. B 41, 26 x 4,2 cm Pak 41 et 11 x 7,5 cm Pak 41 (sachant que le canon antichar Krupp n'avait fait l'objet que d'une seule commande de 150 pièces, en 1942!).
Les munitions à âme conique, notamment, celles qui "exigeaient", en antichar, un noyau, usaient, effectivement, très rapidement l'âme des pièces, mais il existait, aussi, pour elles - mais pas que! -un parc des plus confortables de tubes de rechange. La production des trois armes citées n'avait pas excédé l'année 1942, pour les raisons d'économie que tu évoques - le Wolfram (tungstène) ayant été réservé, en priorité, par les services de Speer, fin 1942, à la confection d'outils de coupe pour l'industrie militaire - , mais il y avait eu, néanmoins, des exceptions de fabrication de munitions à noyau - notamment, l'approvisionnement des 2,8 cm s.Pz.B 41 - , afin de maintenir un niveau de stock suffisant de perforants 7,5 cm Pz.Gr. xx/40 - le suffixe 40 identifiant la munition à noyau -.
Le canon 7,5 cm KwK 42 L/70, qui armait le Panther, vu ses performances, n'avait rien à secouer des munitions à noyau, pour dézinguer un char russe... même motif, même punition, pour le 8,8 cm L/56 du Tiger I et le 8,8 cm L/71 du Tiger II. A peu de choses près, le problème des munitions à noyau se cantonnait, en oubliant volontairement, les calibres inférieurs, à celles destinées aux canons de chars de 7,5 cm et 43 ou 48 calibres. L'apparition du T-34/85, second semestre 1943, mais surtout, du JS-2, début 1944, avait exigé de leur attribuer une dotation minimale (3 à 5 obus par véhicule) de projectiles antichars à noyau, pour les cas d'urgence ( moins de 1000 m), dont l'emploi était conditionné à la seule décision du chef de bord. Les stocks existants, largement constitués avant fin 1942, étaient, à peu de choses près, suffisants, même s'il a existé quelques ordres spécifiques pour les compléter.
De surcroit, les pièces de 7,5 cm L/43,/L/48, L/46 disposaient de munitions à charge creuse, dont l'obus
HL/C, sensé percer 100 mm de blindage, mais elles étaient d'un fonctionnement très capricieux, selon leur angle d'impact sur la cuirasse adverse, et, à peu de choses près, inutilisables contre un char en mouvement, au-delà de 800-1000 m, vu leur dispersion excessive, conséquence de leur "faible" vitesse initiale (450 m/s).