Post Numéro: 6
de tagnon
23 Nov 2010, 21:46
Bonjour Philippe,
Très content d'enfin trouver qqun qui a partagé mon émotion dans ce sanctuaire-mémorial. J'y suis allé 2 fois, et à 2 reprises cette visite m'a bouleversé. La 1ère, il y a 15 ans, était au cours d'un long voyage estival en Israël, en une année d'apaisement politique - bien vite oublié - qui faisait respirer chacun dans 1 ambiance d'espoir de paix, et pour moi, de découverte et d'émerveillement. Mais parmis tant de souvenirs, c'est bien le Yad Vashem qui m'a le plus marqué. A l'époque j'étais moins au fait que maintenant, mais je savais déjà beaucoup sur l'Holocauste. Toutefois, rien ne me préparait à aborder cette chose dans le (nouveau) pays des victimes, et au caractère fondateur, identitaire, de ce lieux. J'en suis revenu anéanti, comme l'écrit très justement le Guide du Routard, et de là est peutêtre né cet intérêt, qui m'habite, pour la Solution Finale.
Ma seconde visite a eu lieu quelques années plus tard, à l'occasion d'un court séjour professionnel à Jérusalem, d'où j'ai pu m'échapper une demi-journée pour retourner, solitaire, au Yad Vashem. J'ai le souvenir particulier de la Salle des Enfants, dans un noir absolu ponctué de milliers de points lumineux suspendus, pendant qu'une voix intemporelle égrène la litanie des noms de petites victimes: "Sarah Mannerheim... Dawid Graber... Dana Szapira..." et tant d'autres, une litanie sans fin. Et puis tous les dessins d'enfants, les stèles avec leurs épitaphes glaçantes: "perished in Auschwitz", "murdered in Terezin", "gassed in Sobibor"... Le Jardin des Justes est un endroit pour se rasséréner, en méditant sur la bestialité humaine mais aussi les éclats de courage et d'héroïsme. Et dominant le tout, un éperon de voie ferrée surplombant le sentier, portant un wagon à bestiaux utilisé pour les déportation. Ce symbole, omniprésent, jette son ombre sur tout le site.
Pour moi, un souvenir indélébile.
Et toi, Philippe, as-tu éprouvé la même chose ? Et d'autres que toi et moi y sont-ils allés ?
Bien amicalement,
Alain