Post Numéro: 32
de juin1944
16 Sep 2009, 06:00
Bonjour, l'ordre de mener une politique de terreur sur le sol Français émane de Jodl, c'est à dire de l'oberkommando der Wehrmacht directement, ce qui me semble être une instance assez élévée. Hitler est souvent perçu comme un homme qui fait tout et ne délègue rien. Or, c'est exactement le contraire : il prend des directives et les fait appliquer. Le cas d'Oradour, pour unique qu'il soit en France, est archiconnu sur le front de l'Est, en particulier en Ukraine : on tue, on massacre , on fait des exemples assez dissuasifs pour décourager les partisans potentiels. A cette date, le souci d'Hitler n'est pas de rayer Oradour de la carte, mais de repousser le débarquement allié : d'autres que lui sont assez bien placés pour donner ensuite les ordres de détail. Himmler de son côté ne donne que des directives générales, le détail appartenant à ses subordonnés. A mon sens, ni Hitler ni Himmler n'ont désigné Oradour, l'ordre vient de Jodl (qui ne donne aucun détail de l'éxécution de cette politique de terreur) et l'application locale est donnée à Lammerding. Hitler omniprésent et omniscient : cette théorie présente certaines limites.
Oradour n'a pas été choisi au hasard, j'en reste persuadé. Pour nous éclairer, souvenons nous qu'une réunion entre l'état major de Lammerding et des Miliciens a eu lieu à Limoges la veille du massacre. Les Miliciens ont la connaissance du terrain que les allemands n'ont pas, puisqu'ils étaient en garnison à Montauban. Du reste, à l'occasion de leur massacres à l'est, les bourreaux se faisaient aider par les supplétifs locaux. C'est exactement ce qu'ils ont fait à Oradour. Il y a longtemps que les thèses "d'Oradour foyer de resistance" ou d'erreur de fait sur le choix du village (Oradour sur Glane au lieu de Oradour sur Vayre) sont écartés formellement. Je persiste à croire à une explication Franco Française. Une question se pose : les archives de la milice de Limoges ont elles été fouillées, d'ailleurs existent elle encore ? n'oublions pas une chose, bien expliquée par Delperrié de Bayac (Histoire de la milice) : les miliciens se sont souvent servis de leur pouvoir pour régler des comptes personnels.