A Cuguen le 7 Juin 1944
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Le débarquement a lieu le 6 juin et la nouvelle se répand vite à Cuguen. La nuit du 6 au 7, est relativement calme.
Vers 11 H 30 un coup de feu suivi de deux autres. Un soldat allemand vient d'être tué.
Vers midi, un camion allemand venant de Combourg déverse une trentaine de soldats et officiers. Ils entrent dans toutes les maisons, bousculant tout le monde, enfonçant portes et fenêtres à coups de bottes et de crosses tout en hurlant "Cathédrales"
En une heure, plus de 200 personnes sont enfermées dans l'église, hommes femmes, enfants vieillards. Les hommes d'un côté, les femmes et les enfants de l'autre avec interdiction de communiquer entre eux et de sortir.
Une mitrailleuse est braquée dans le bas de l'église, face à la porte d'entrée et tournée vers l'intérieur de celle ci, une sentinelle à chaque porte.
Des soldats révolvers au poing montent et descendent les travées de l'église, terrorisant tout le monde, chacun se demandant comment allait se terminer cette affaire.
Dans le bourg et les environs la fouille et le pillage continuait, on entendait le crépitement des armes à feu tirant sur ceux qui tentaient de s'enfuir. C'est miracle que personne ne fut sérieusement blessé, Mais le temps passait et l'inquiétude grandissait.
Vers 16 heures, dans le silence, un interprète annonce les sanctions : " Deux maisons, la mairie école et la maison d'en face vont être incendiée. La population doit aider à retrouver le coupable. S'il n'est pas retrouvé à 7 heures du matin, le reste du village sera brûlé "
Tout le monde sortit, heureux d'être enfin remis en liberté. La mairie et les deux maisons étaient déjà en feu. Des représailles style Oradour venaient d'être évitées, mais les boches venaient de se montrer sous leur vrai jour, Hypocrites, lâches, pillards, incendiaires !
Tout cela s'était passé sous la responsabilité du lieutenant Poppner.
Un mois plus tard le 7 juillet, quelques kilomètres plus loin, c'était Broualan suivi de Saint Rémi du Plain avec ses tortures, ses morts, ses pillages et ses incendies.
Le lendemain 8 juillet, c'était Vieux Vy Sur Couesnon, avec ses deux arrestations et la torture suivie de l'assassinat d'Yvonick Laurent, où torture, pillage et incendie étaient devenus une règle pour les sbires des boches qu'étaient la Milice et la Bezen Peerrot.
Comment ne pas oublier ces souvenirs ?
Roger

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