Celle-ci [la commission régulatrice] va d'abord s'occuper de garder constamment un itinéraire déterminé sur lequel elle fait l'office de commissaire de route permanent; puis, bientôt, c'est elle-même qui se chargera de faire les plans d'embarquement et de débarquement, et d'en assurer l'exécution, et en même temps qu'elle étendra sa surveillance sur un faisceau de routes, sur une zone territoriale, nous lui verrons avoir des dépôts d'essence, des équipes de dépannage. Enfin, l'évolution sera à son terme quand certains commandants de réserves réuniront sous leur unique autorité : le commandement de plusieurs groupements et la direction de la commission régulatrice automobile qui les met en oeuvre.
Par un mouvement continu, toutes ces formations chargées venaient passer à Bar-le-Duc et prendre la Voie Sacrée, qu'elles suivaient jusqu'au point de débarquement; puis elles revenaient ensuite, par la même Voie Sacrée sur Bar-le-Duc, pour aller se replacer à leur stationnement, y prendre, si possible (!), un minimum d'heures de repos, et repartir dans un nouveau cycle ! En fait, c'était un mouvement ininterrompu. On a comparé, avec beaucoup de justesse, cette espèce d'unique convoi perpétuel à une chaîne sans fin.
La route de Verdun se présentait sous la forme d'une route à double circulation construite en matériaux tendres.


Loïc Charpentier a écrit:Aimé Doumenc, né en novembre 1880, était un ancien élève de l’École Polytechnique (Promotion 1898) de formation artilleur; en février 1916, il
était capitaine et visiblement spécialiste d'état-major pour les transports automobiles routiers, car on le retrouve, dès 1914, en train d'établir, gérer les mouvements automobiles et, notamment, organiser les célèbres "Taxis de la Marne".
Il fut défini une zone dite « Zone de la D. S. A. » s'étendant de la Marne à la Somme et de Paris au front, dans laquelle aucun mouvement de quelque importance ne pouvait se faire sans accord préalable avec la D. S. A, seule chargée de fixer les conditions définitives du mouvement. Par ses C. R. A., auxquelles elle notifiait tous les ordres de mouvement, la D. S. A. assurait non seulement l'ordre dans la circulation, mais l'exécution même des mouvements. Par la trame serrée de leurs cantons, les C. R. A. devaient être maîtresses des routes comme le service de l'exploitation est maître des voies dans un réseau de chemins de fer. On pouvait se proposer alors une densité de circulation dépassant tout ce qui avait été réalisé jadis : on était sûr de ce qu'on faisait.
Nous a-t-on assez dit, pendant longtemps, que l'Allemand (ah! l'Allemand, oui, lui !... mais pas le Français !) avait le génie de l'organisation !.. Or, je prétends encore ceci : que notre esprit d'organisation, dans cette affaire, a été bien supérieur à celui de l'Allemand ; que l'Allemand n'est jamais arrivé, — bien qu'il se soit appliqué à nous copier, — à avoir un Service automobile qui compte, attendu que, s'il avait eu, dans les événements de mai 1918, une organisation de transports automobiles comparable à la nôtre, jamais son attaque n'aurait pu être arrêtée !
La victoire de la France en 1918 c'est la victoire du camion français sur le chemin de fer allemand.
Feldmarschall E. Ludendorff
commandant l'armée impériale.
Les Britanniques ne mettent donc pas vraiment l'accent sur le blindage mais plutôt sur l'agilité de leur tanks et leur moyens de communication, le tout devant garantir une puissante force de frappe. On mise alors sur la vitesse et sur l'emploi de fumigènes pour la protection des chars lors de l'exploitation des percées ; cependant, au vu de cette vitesse, un assaut blindé ne peut pas être coordonné avec les fantassins qui sont incapables de suivre le rythme - au moins dans les premières phases de la bataille. Si tôt ou tard la situation oblige les chars à dépasser l'infanterie, alors il est nécessaire d'adapter leur tactique d'emploi afin d'en tirer le meilleur.
Quels avantages peut-on tirer de la vitesse, de l'autonomie et de l'emploi indépendant de tanks ? Si l'attaque réussit, les gains territoriaux peuvent s'avérer importants car les réserves adverses mettraient trop de temps à arriver. Voilà donc la solution à un problème maintes fois rencontré : comment exploiter un succès local ? La percée et son exploitation redeviennent possibles, la guerre de mouvement revenant sur le devant de la scène. Les forces blindées n'auraient donc plus un impact seulement tactique et local sur le champ de bataille, mais bien stratégique dans un théâtre d'opérations.


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