"RENAUD Foulard rouge, blouson de cuir, etc. Construction d'un personnage - 1975-1996 " par Régis Chevandier chez L'Harmatan
Préfacede Pascal Ory
ISBN : 978-2-296-02481-6 • février 2007 • 246 pages
version numérique (pdf image-texte) : 7 307 Ko
Un universitaire a fait une thèse sur le chanteur Renaud.
Il a régit sur un forum à propos des gens qui fantasment sur le côté "obscure" du personnage qui serait l'émanation d'un père et grand-père collaborateurs forcenés que certains imaginent avoir passé la guerre à officier dans les caves de la Gestapo. S'il s'est intéressé à la question il balaie toute influence décisive (autre que la relation filiale) sur le chanteur. "Pour que les choses soient claires. Mon analyse n’est pas que Renaud n’est pour rien dans les choix politiques du grand-père quinze ans avant qu’il ne naisse. Ceci n’est pas une analyse mais une phrase tellement évidente qu’elle ne mériterait pas d’être écrite. Oscar Mériaux n’est intéressant dans mon sujet que parce qu’il y a une chanson sur lui (une de ses plus belles à mon avis), un album qui lui est dédicacé et la promo de Germinal."
Son intervention in extenso: "
Devant la tournure du topic, et un peu malgré moi, je vais réagir à ce que j’ai lu ici. Je ne m’étais inscrit que pour faire la promo, car la promo dans la presse a échoué (l’Harmattan y a pourtant tellement mis du sien. Une attachée de presse qui a un nouveau livre chaque jour et spécialisée dans la musique classique…) et il me semblait que ce livre pouvait intéresser les fans de Renaud. Quelques réactions suite au topic.
De une, je ne m’appelle ni Styx, ni Maheude, mais Régis Chevandier, c’est marqué sur la couverture du livre.
De deux, j’ai relu et corrigé mon mémoire deux ans après l’avoir écrit ce qui permet d’avoir un certain recul stylistique et d’alléger des phrases et de corriger certaines fautes d’orthographes même s’il en reste certaines donc j’espère que le livre est lisible.(pas de relecteurs chez l’Harmattan ou il faut payer, pour ceux que ça intéresse, je n’ai aucun droit d’auteurs avant 500 exemplaires aux dernières nouvelles - assez lointaines environ deux mois – on était à cent exemplaires dont quarante par mes soins à des proches. On doit désormais être à 120 exemplaires).
Je vais éviter de décrire tout le livre, il est en vente et pour être honnête, je serais fier s’il était présent dans des bibliothèques pour toucher des gens qui n’ont pas les moyens de se l’acheter, mais je m'éloigne du sujet.
Plusieurs remarques. D’abord, je suis très content d’avoir arrêté mon étude en 1996. Il était déjà difficile de se renseigner sur les radios libres, avec internet cela devient strictement impossible. Vos histoires de fans, d’antifans et olifans sont incompréhensibles. Les centurions et premiers chrétiens me laissent pantois. Malgré parfois l’envie qui ne manque pas, je ne réagis sur aucun autre topic que celui-là pour éviter de décrédibiliser mon livre et de rentrer dans des amitiés internetesques qui à titre personnel ne m’intéressent guère. Je veux bien répondre éventuellement aux MP, uniquement s’ils sont intéressants. Quand je me suis inscrit, un certain Vincouf m’a envoyé un mp incompréhensible et d’une inutilité flagrante, je veux bien éviter cela.
Sur le fond. En préalable, ce qui fait débat ici n’est relaté que sur trois pages. Si j’ai mis en annexe, mes sources et un travail plus sérieux que le mien sur Oscar Mériaux, c’est pour montrer que je ne me basais pas sur des on-dit, car je savais pertinemment le côté polémique que pouvaient prendre mes propos mal interprétés. Donc qu’est-ce que je reprends ? Oscar Mériaux a été au PCF jusqu’en 1937 et même un membre éminent puisqu’il a passé un an et demi à Moscou en 1932 de mémoire. Il côtoyait tous les grands du parti pour s’en éloigner en 1937 et aller au PPF de Doriot ou il resta jusqu’en 1945 au point d’être emprisonné 19 mois à Fresnes à la Libération. Il fut libéré avant la fin de sa peine sur témoignages de résistants. Son attitude pendant la guerre est très peu connue et les informations peu fiables.
Si des gens sont intéressés, ils peuvent aller chercher aux archives de Saint-Etienne le journal du PPF ou essayer de retrouver celles du procès. Je ne l’ai pas fait pour ne pas me détourner de mon sujet.
J’ai été intéressé par le parcours politique de M. Mériaux mais pas au point d’oublier mon sujet de maîtrise. Le personnage social Renaud. Qui a vendu 15 millions d’albums, a eu un poids politique fort au moins dans les années 80, est une des rares personnes a voir su jouer des médias durant quatre ans plutôt que d’être à leurs pieds, dont le parcours politique est assez symptomatique de certains courants de pensée de l’époque. Bref, j’ai essayé de décortiquer tout le personnage sur 20 ans en analysant les paroles, la musique, les producteurs, les influences dont Renaud est l’héritier, les influés dont Renaud est l’influeur, les médias et Renaud, Renaud et les médias, ce qu’on peut deviner de la réception de Renaud chez les Français, et la liste n’est pas close.
Il y a à mon humble avis beaucoup d’autres choses que l’histoire du grand-père. Pour que les choses soient claires. Mon analyse n’est pas que Renaud n’est pour rien dans les choix politiques du grand-père quinze ans avant qu’il ne naisse. Ceci n’est pas une analyse mais une phrase tellement évidente qu’elle ne mériterait pas d’être écrite. Oscar Mériaux n’est intéressant dans mon sujet que parce qu’il y a une chanson sur lui (une de ses plus belles à mon avis), un album qui lui est dédicacé et la promo de Germinal. Au niveau familial, une chape de plomb sur un passé occulté. Dans la France gaullo-communiste des années 60, bon courage pour trouver un ancien du PPF expliquer à ses petits-enfants ce qu’il a fait pendant la guerre. C’est impossible. Il est important de dire que Renaud ne ment jamais lorsqu’il évoque son grand-père. Il a été mineur, il a été communiste, etc. Jamais Renaud ni son frère ni aucun biographe n’a parlé de la Seconde guerre mondiale. Il y a omission mais rien ne prouve qu’elle était voulue, au contraire. Vu l’attitude paranoïaque de Renaud face aux médias, il n’aurait jamais glorifié une seule fois son grand-père s’il avait eu vent cette partie de sa biographie. Dans les années 70, l’attitude intransigeante (le mot est faible) des maoïstes, trotskistes et autres istes auraient pu casser une carrière pour moins que ça. Donc, je pense que Renaud fut juste un petit fils. J’imagine sa douleur quand il a dû apprendre cela et j’espère ne pas en être l’auteur, même si je le crains. J’imagine aussi la douleur de la famille dans son entier du fait de la sortie d'un secret de famille au plein jour. Sinon, pour terminer sur Oscar Mériaux, j’ai cru comprendre que Renaud lisait directement ou non ce forum, j’ai un document qui peut l’intéresser, il n’aura aucun mal à me le réclamer s’il le souhaite.
Sur mon livre, je trouve que d’autres passages valent le détour. Le passage sur les Autonomes en particulier. L’annexe sur le rap et Renaud aussi (rédigé avec PA Marti, qui a publié en 2005 Rap 2 France chez l’Harmattan, c’est lui qui m’a donné l’idée de publier). Le passage sur ça suffat comme ci. J’espère en oublier sinon mon livre pourrait tenir en 10 pages.
Si je ne devais pas réagir par la suite cela m’arrangerait. Je pense avoir été assez clair sur Oscar Mériaux, si quelqu’un veut discuter d’autres points du livre, je n’y vois pour ma part aucune objection.
Bonne nuit à tous, je me lève tôt pour travailler tôt…"
Ceci une fois dit, la question des personnes qui ont fait de la traduction ou de l'interprétariat pour le gouvernement français ou les Allemands est intéressante. Au départ il ne s'agit le plus souvent que d'une intervention technique sans idéologie. Les gens ont pu être recrutés sur volontariat, réquisitionné ou sur demande des autorités locales (mairies, département...) par nécessité. On a vite fait de voir en la connaissance de la langue de l'ennemi une preuve d'afiliation idéologique. C'est loin d'être systématique. Après des cas très différents se sont présentés ou des personnes se sont laissés entrainer par fascination ou ont été impliqués contre leur volonté. Il faut bien voir qu'il était dans l'intérêt des Allemands de convaincre la population que ces personnes étaient de leur bord pour s'assurer que ces traducteurs pensent qu'ils doivent plus craindre la population civile que les Allemands... J''avais parlé du cas Roger Elophe. Pendant tout le temps qu'il a passé à Quimper on n'a rien trouvé à lui reprocher. Au contraire il a rendu des services aux RG. Envoyé à Saint Brieuc il va être amené à collaborer et prêter main forte au SD; Les historiens ne considèrent que son activité en 1944 à Saint Brieuc. C'est le jeu, mais le personnage est plus complexe. D'ailleurs pour sauver sa peau à son procès il fera preuve d'une mémoire "archivesque" pour se rappeler les dates, les noms... (à moins qu'il ait bénéficié d'un bon souffleur)