Ce qui va suivre n’est pas l’histoire de...mais plutôt un aperçu de ce qu'elle fut...
Ce sujet n’est guère évoqué en comparaison de l’aviation de chasse ou de bombardement et pourtant les marins-aviateurs n’ont certainement pas demérité. Quand on voit les matériels avec lesquels ils se sont opposés à l’envahisseur on reste effaré en constatant la vétusté du parc aérien de l’Aéronautique navale .
Précisons tout de suite que l’Aéronautique navale fait partie intégrante de la Marine nationale et était dirigée par le contre-amiral Lartigue.
L’Aéronautique navale est composée d’unités volantes opérationnelles basées à terre ou embarquées sur le porte-avions ‘Béarn’ et le ‘Commandant Teste ‘ de l’hydraviation embarquée.
Le Porte-avions 'Béarn'

Et ici le 'Commandant Teste'*

Les unités volantes sont stationnées sur des bases d’Aéronautique navales (BAN), bases situées sur le littoral métropolitain, en AFN ainsi qu’en Outre-mer.
Voici leurs positions en 1939

Et en Afrique du Nord

En septembre 1939, l’hydraviation embarquée était composée de plusieurs groupements dont la chasse (codé HC2), la surveillance sur les bâtiments de Ligne (HS2), la surveillance sur les croiseurs de 2ème classe de la Mediterranée (HS3), la surveillance sur les croiseurs de 2ème classe de l’Atlantique (HS4) , la surveillance sur les croiseurs de 1ère classe (HS5) , la surveillance sur les bâtiments des Forces navales d’Extrême Orient (HS6) et enfin la surveillance des bâtiments non endivisionnés (HS7) comme le croiseur-sous marin ‘Surcouf’. Ces codes, suivis d’un numéro individuel de l’appareil permettait de connaître son appartenance.
Les lettres en préfixe donnent la spécialité ou l’emploi de l’escadrille.
Quelques exemple :
B Bombardement
E Exploration
S Surveillance
T Torpillage
AB Avion, bombardement embarquée
AC Avion, chasse embarquée
HB Hydravion, bombardement embarqué
HS Hydravion, surveillance embarquée
HC Hydravion, chasse embarquée
Il y en a beaucoup d’autres comme pour identifier les escadrilles, les Flottilles. Pour ceux qui souhaitent avoir plus de détails, je suis à leur disposition.
Les avions et hydravions au 1er septembre1939 sont extrêmement variés. Pour la grande majorité, les appareils étaient totalement dépassés. Seuls quelques uns faisaient exception mais tellement peu. Nous verrons ceci en détail
Faisons un inventaire des disponibilités entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940
Au 1er septembre :
Matériel volant : 742 appareils de tous types
Pris en compte jusqu’au 24 juin 1940 : 506 appareils
soit un total pour cette période de 1248 appareils
En ce qui concerne les pertes :
Au combat : 41 appareils
Détruits par bombardement : 33
Accidentés : 89
Sabotés et abandonnés : 238
Condamnés et retirés : 96
Sort inconnu : 87
Soit un total des pertes de 584 machines
Restaient donc en dotation à l’Armistice : 664 appareils
Ce qui reste impressionnant, c’est le nombre de types d’appareils dont disposait l’Aéronautique navale en septembre 1939 : Exactement 93 types différents !
Attention cependant, dans ce calcul, pour chacun des constructeurs, il y avait des types différents comme par exemple, il y avait 13 différents types de Lioré & Olivier ou encore 8 différents types de Latécoère etc..
Mis à part une poignée d’avions ‘modernes’ tels des Bloch MB 152, Dewoitine D 520 , Latécoère 298, LéO 451 ou encore Glenn Martin 167, Vought 156F ou NAA 57 et LN 411 , tous les autres appareils étaient largement périmés et inaptes au service dans un conflit moderne.
Le Ministère de l’Air avait bien réalisé la situation mais il était trop tard pour combler le retard tant qualitatif que quantitatif et du se tourner vers les Etats Unis pour passer commande dans l’urgence.
Voici quelques exemples de ces achats qui ont été effectués avant la débâcle.
Le seul et unique Grumman G 36 aux couleurs françaises

Le North American NAA 57 destiné à l'entrainement

Un Vought 156 F

Ici des Glenn Martin 167 F

Compte tenu des évènements de juin 1940, et tout comme pour l’Armée de l’Air, les appareils non réceptionnés furent déroutés et pris en charge par la Fleet Air Arm ou la RAF selon les besoins de chacun.
Il fallu modifier l’instrumentation de bord initialement adaptée au système métrique pour la mettre aux normes anglaises de même que pour la manette des gaz.
C’est ainsi que :
les Grumman G 36 commandés mais jamais reçus en France, devinrent des Grumman ‘Martlet’
Les Vought 156 F prirent le nom de ‘Cheasapeake’
Les Glenn Martin 167 F devinrent des ‘Maryland’
Vu le nombre, il n’est pas raisonnable de passer en revue les différents types d’hydravions en service (cependant si vous désirez les connaître en détail, je les tiens à votre disposition)
En ce qui concerne les appareils complètement dépassés, en voici quelques uns pour illustrer le propos. Je les ai spécialement sélectionnés…. Inutile peut être de préciser que ces vénérables hydravions n ont pas fait grand mal à l'aviation ennemie !
Breguet 'Bizerte'

Un Centre (Farman) NC 470
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Un Lioré & Olivier LéO 259 ici à Karouba (Tunisie) en 1940

Le Levasseur PL 15

Un Loire Nieuport LN 411 (à ne pas classer dans les antiquités !)

Et ici un Loire 130 sur la catapulte du 'Gloire' . A noter que la catapulte est montée sur la tourelle.

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Ceci reste une ébauche de l’état du parc aérien de la marine qui a beaucoup souffert pendant la campagne de France malgré un énorme courage face à un ennemi supérieur en tout.
Nous pourrons approfondir ce sujet en détail si vous le souhaitez. La décision vous appartient !
Juin 1940...

Sources :
Avions HS 31 & 33
Les aéronefs de l’aviation maritime 1910-1942
Flying boats vol 5 William Green 1963
Floatplanes vol 6 William Green 1963

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