
Pour en revenir au Mikouline M-34, on s'aperçut vite que, bien que le moteur ne tourne "que" à 1850 tr/min, absorber une telle puissance nécessitait une grande hélice, et donc que la vitesse en bout des pales, ajoutée au vent relatif de l'avion, se rapprochait de la vitesse du son et que, donc, l'hélice perdait de l'efficacité ... il fallut donc monter un Réducteur. Ces moteurs eurent donc le suffixe R --> M-34R
Au bout d'un peu plus d'un an de production, le moteur fut fiabilisé. On considéra donc que le sur-régime exceptionnel de "forçage" (eh oui, le russe a pas mal de mots d'origine française) devient le régime nominal puisqu'il peut être tenu sans danger plusieurs minutes (5 ou 10, ma mémoire fait défaut). Ces moteurs eurent donc le suffixe F --> M-34F, de 830 CV.
Mais surtout, le moteur perdait de la puissance en altitude ... Il lui fut donc adapté un compresseur volumétrique, Nagnetatel' en russe ; ces moteurs eurent donc le suffixe N --> M-34N.
Bien évidemment, un moteur pouvait recevoir en même temps plusieurs de ces modifications. Une des version les plus produites, le M-34FRN, les combinait toutes ...

Moteur M-34RN à la Maison de l'Aviation et du Cosmos, Moscou - notez les chevrons type "Citroën" du réducteur - Wiki

Détails du compresseur et d'un piston avec ses soupapes - idem
Toutes versions confondues, ce moteur à carburateurs placés entre les bloc-cylindres fut produit à un peu plus de 10.500 exemplaires.
Les derniers modèles atteignaient 1.050 CV et leur poids dépassait 760kg. Un modèle spécial pour le Salon de Paris de fin 1937 était donné pour 1.200 CV.
Il fut utilisé pour de nombreux avions :
- Polikarpov R-Z
- Beriev MBR-2
- Petlyakov Pe-8
- Tupolev TB-3
Il propulsa également des vedettes rapides dans sa version maritime (G pour "Guydro", il n'y a pas de H en cyrillique) ; les fameuses G-5 dessinées par le bureau de Toupolev sur le modèle de flotteurs d'hydravions emportaient 2 GAM-34 de 1.000 CV et 1.080kg, et atteignaient 52 noeuds (95 km/h) quand elles passaient sur le redan ... Les D-6 en bois était un tout petit peu moins rapides.
Vu leur poids, il est probable que ces moteurs aient été réalisés en fonte d'acier pour éviter la corrosion de l'aluminium en milieu marin.
Quelques prototypes de char reçurent également une version "terrestre" de ce moteur : T-100, SMK, etc ...