Les réquisitions au sein de l'aviation civile au profit de l'Armée de l'Air
Dès 1939, l'Armée de l'Air française a réquisitionné de nombreux des avions civils appartenant notamment aux compagnies aériennes, aux aéro-clubs, aux écoles de pilotage ainsi qu’à des propriétaires privés.
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Trois périodes sont à distinguer :Septembre 1939 – juin 1940 : réquisition et utilisation des appareils civils, notamment ceux d'Air France.
Juin – décembre 1940 : réorganisation du transport aérien après l'armistice et regroupement des moyens en Afrique du Nord.
1941 : Nouvelles réquisitions avec notamment des Bloch MB.220, 160, et.161, Dewoitine D.338 et Potez 620/621. Cette liste ne doit toutefois pas être confondue avec les réquisitions de septembre 1939.
La répartition des appareils :
1/ Les avions civils réquisitionnés et directement affectés à des unités militaires.
2/ Ceux utilisés pour des missions de liaison, de transport, d'observation ou d'entraînement.
3/ Ceux qui sont restés dans les dépôts ou les centres de mobilisation, faute d'affectation.
4/ Ceux qui ont été récupérés par les autorités allemandes ou par le régime de Vichy après l'armistice .
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Ces appareils ont été utilisés pour des missions très diverses voire même pas utilisés du tout en raison des évènements.
On notera principalement :
Les liaisons et le transport de personnel.
L’entraînement et le perfectionnement des pilotes .
Le remorquage de cibles .
L’observation et la reconnaissance .
L’évacuation et le transport léger .
Les missions sanitaires .
Il y a lieu de distinguer les avions civils effectivement incorporés dans des unités militaires et ceux qui ont simplement été mis à la disposition de l'État auxquels on y ajoutera les avions privés et ceux d'aéro-clubs. Une importante partie des avions réquisitionnés provenait de l'aviation de tourisme.
Les principaux types furent les suivants:
Caudron C.280 « Phalène » Quadriplace de tourisme, particulièrement intéressant pour les missions de liaison.
Caudron C.272 « Luciole » Biplace léger, utilisé notamment pour l'instruction.
Hanriot H.182 appareil léger utilisé notamment dans les écoles.
Potez 585 avion de tourisme et de liaison.
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En septembre 1939, la France comptait environ 1 500 avions privés appartenant à des particuliers ou à des aéro-clubs. La réquisition n'a pas systématiquement concerné l'ensemble de ces appareils. Les quelques avions appartenant à des étrangers (souvent britanniques) furent laissés de côté mais leur sort reste inconnu, Il est fort probable qu’ils ont été détruits,
On a recensé :
1/ En Métropole

Caudron C.270 « Luciole »: 82 exemplaires civils réquisitionnés, puis rendus à leurs propriétaires en janvier 1940.

Salmson D7 « Cri-Cri »

Caudron « Phalène »
Potez 36
Caudron C.600 « Aiglon » Biplace de tourisme .
Potez 43 Biplace de tourisme et de liaison.
Morane-Saulnier MS.341 un seul exemplaire, appartenant à Régina Wincza fut réquisitionné. Reconnue pour ses qualités d'aviatrice d'exception, elle fut la seule femme à intégrer la « Patrouille d'Étampes », l'unité de voltige aérienne considérée comme l'ancêtre direct de la Patrouille de France.

MS 341 de Régina Wincza
Ces avions étaient notamment affectés aux unités d'avions-estafette pour les transports de plis urgents, ou assurant des liaisons entre les unités ou encore servant à l'entraînement des pilotes non affectés aux unités combattantes.
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Les avions des compagnies aériennes
La compagnie Air France fut réquisitionnée dès le 2 septembre 1939. Une petite partie de sa flotte a reçu une peinture de camouflage et fut mise à disposition des groupes de transport de l'Armée de l'Air.
Figurent notamment les :

Dewoitine D.338 Trimoteur de transport commercial à long rayon d'action.

Farman NC 223,1 Quadrimoteur de transport, utilisé notamment sur les lignes de l'Atlantique Sud.

Bloch MB.220 Bimoteur de transport commercial.

Lioré et Olivier LeO H-246 Hydravion commercial quadrimoteur - Un seul appareil construit.

Wibault 283 T Trimoteur de transport – Deux furent réquisitionnés

Bloch MB 160 quadrimoteur de transport, 3 ont été réquisitionnés

Potez 620
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La compagnie « Air Bleu »
Cette société a connu une destinée assez différente de celle d'Air France. Elle fut directement concernée par la mobilisation de septembre 1939 et ses avions ont été employés à des missions militaires.
Crée en 1935 à l'initiative de Didier Daurat (fondateur de l’Aéropostale), La spécialité d'Air Bleu concernait le transport rapide du courrier en France.
Sa flotte était principalement composée de deux types d'appareils :

Le Caudron C 635 M « Simoun » Monomoteur rapide de transport postal.
Plusieurs versions C.630, C.633 et C.635 figuraient dans la flotte.

Le Caudron « Goéland » pour le courrier de nuit et les transports.

Le Potez 630-Deux appareils avaient été adaptés au transport postal.
À la déclaration de guerre, le 3 septembre 1939, les activités civiles sont interrompues et la compagnie Air Bleu intégrée au dispositif militaire. Elle est associée à la Section de liaison 1/110, avec notamment des missions de transport de courrier entre Paris et Londres.
Après l’Armistice, 11 de ces Caudron « Simoun » passeront sous les couleurs d’Air France.
Les « Goeland » furent employés par Air France et le S.C.L.A. après l'armistice.
Le sort des deux Potez 630 d’Air Bleu m’est inconnu. Peut être furent ils reversés à l’Armée de l ‘Air de l’Armistice . Ces deux appareils militaires rapides avaient été transformés en avions postaux.
2/ En Afrique du Nord
Environ 170 avions réquisitionnés à Maison-Blanche (Alger) et à Oran La Sénia, notamment pour les missions
d'estafettes.
Que sont ils devenus après juin 1940 ?
On observe plusieurs évolutions :
Restitution à l'aviation civile : certains appareils d'Air France sont rendus à la compagnie pour assurer des liaisons indispensables.
Utilisation sous Vichy : des avions continuent à voler dans le cadre du Service civil des liaisons aériennes (S.C.L.A.) créé en août 1940.
Maintien en Afrique du Nord : certains appareils poursuivent les liaisons entre l'Algérie, le Maroc, l'Afrique occidentale et le Levant.
Immobilisation ou réquisition allemande : d'autres seront immobilisés, saisis ou récupérés selon leur emplacement et leur état général.
Le S.C.L.A. reçevra notamment une cinquantaire d’avions pour son réseau d'Afrique du Nord ainsi que des appareils sanitaires. Des Dewoitine D 338, Farman, Lioré-et-Olivier H-246 et Bloch 220 figurent parmi les appareils concernés par la reprise des liaisons civiles.
Après juin 1940, l’Occupant réquisitionna de nombreux appareils pour ses besoins propres mais aussi à des fins de tests sur les prototypes qui se trouvent en cours d’essais,
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Icare n°124 & 126
Icare n° 107 & 106
Histoire de l’Armée de l’Air SHD
Avions

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