Deux jeunes aviateurs français, Denys Boudard et Jean Hébert, ont réussi un coup magistral des plus osés pendant la guerre,
Rien moins que de voler un avion allemand aux nez et à la barbe de ceux ci sur l’aérodrome de Caen-Carpiquet.,
Trop peu connu, cet exploit mérite de l'être


Les deux jeunes pilotes caennais, Denys Boudard (à gauche) et Jean Hebert photographiés au moment de leur arrivée le 29 avril 1941 sur l’aérodrome de Christchurch..
Quelques années plus tôt ;
Tout commence en 1936, Denys BOUDARD et Jean HÉBERT ont 19 ans et apprennent à piloter. Lorsque la guerre éclate, ils vont s’engager pour la durée de celle ci et préparer leur brevet militaire à Bernay puis à Evreux.
Jean Hébert entre au centre de formation au pilotage d’Évreux en 1939. C’est durant sa formation qu’il rencontre Denys Boudard qui deviendra son plus fidèle ami.
Dès l’enfance le jeune Boudard s’intéresse à l’aviation et apprend à piloter avec la Société d’Aviation Populaire sur le champ d’aviation de Cormelles-le-Royal dans la banlieue sud de Caen. Après avoir réussi aux épreuves de pilote militaire en 1939, il seront dès lors affecté à Etampes.
Tous deux recevront leur affectation en Algérie, Leur activité en AFN est assez mal connue, (si quelqu’un en sait plus?)
En mars 1941, Jean Hébert et Denys Boudard obtiendront leur permission de rejoindre la zone libre, Après avoir traversé la zone libre, puis la zone occupée, ils arriveront à rejoindre la Normandie. C’est alors que Denys BOUDART, apercevant des appareils ennemis sur un aérodrome, a l’idée d’en voler un pour gagner l’Angleterre ! Rien que ça !
Le hasard va les orienter vers Caen-Carpiquet où Ils réussissent à pénétrer sur la base par un chemin non surveillé et repèrent aussitôt un petit biplan allemand, un Bücker 131D « Jugmann » (codé GD+EG) à bord duquel Ils vont tenter de se faire « la belle » ce 29 avril 1941.
Le temps est à la pluie. Ils se glissent dans le hangar, équipés de combinaisons qu’ils ont achetées et teintée en noir, couleur des tenues des mécaniciens allemands. Au moment de démarrer le moteur, des officiers allemands passent juste devant le hangar. Les 2 amis ouvrent alors précipitamment le capot moteur et plongent leurs mains dans le moteur. Les allemands passent leur chemin sans poser de question, puis deux ouvriers française s’arrêtent devant la port du hangar,
Lorsque la voie est enfin libre, ils sortent l’avion du hangar mais malheureusement, les Allemands repassent devant, Disciplinés comme chacun sait, ceux ci s’arrêtent et laissent passer l’avion qui se dirige vers la piste.
Un fois arrivé au seuil de piste, ils mettent les gaz et décollent, Jean HEBERT vole alors volontairement à très faible hauteur au dessus de la gare SNCF de Caen en battant des ailes, signal convenu avec un ami qui est inspecteur à la SNCF. Celui-ci postera les lettres rédigées par les 2 amis pour leurs familles. Elles arriveront à destination.
A cette époque, chacun n’avaient guère plus de 150 Heures de vol à son actif, Après une heure de vol, (avec pour seule carte un almanach des PTT !! ) ils atteignent enfin la côte anglaise, survolant la rue principale de Bournemouth, ce qui va immédiatement déclencher l’alarme.

Peu de temps après , deux chasseurs anglais patrouillent au dessus d’eux, sans les repèrer. Denys BOUDARD et Jean HÉBERT cherchent alors un terrain et posent finalement leur avion à la grande surprise des militaires anglais à Christchurch où, très tranquillement, ils le rangent devant un hangar.
Entourés immédiatement de soldats anglais, ils vont leur déclarer « we are French ! ».
Après plusieurs heures d’interrogatoire, ils finiront par rejoindre Londres où ils seront présentés au général de GAULLE. A cette époque, la RAF manque cruellement de pilotes, Tous deux seront dirigés sur la base de Camberley où ils poursuivront leur formation tout en prenant des leçons d’Anglais..
En 1943, c’est le drame. Jean HEBERT ne rentre pas d’une mission au dessus de la mer du Nord. Ce jour là, terrible méprise, les anglais prennent le Spitfire que pilote Jean Hébert pour celui d’un allemand et l’abattent sans sommation. C’est un coup dont Denys Boudard ne se consolera jamais, Il donnera à son avion le nom de son ami,« Sergent-chef Jean Hebert. Il avait 23 ans.

Denys Boudard affecté au Squadron 340 "Ile de France"
Engagé dans les FAFL après sa formation, accomplira des missions en France dans les secteurs de Ouistreham, Bayeux, Caen, Isigny, Le Havre et principalement en Normandie.
Il sera alors le premier Français à se poser sur l’aérodrome de Carpiquet, tout juste libéré par les Canadiens en juillet 1944.

Une page du carnet de vol de D Boudard
Après la libération il participe activement au développement de l’aéro-club de Caen, pilotant encore son avion à l’âge de 73 ans en 1994 ! Denys Boudard milite aussi activement pour le développement de l’aéroport de Caen-Carpiquet et contribue à la formation de nombreux pilotes. Le sous lieutenant Denys Boudard s’est éteint en 2005 à 86 ans.
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Jamais je n'aurais pensé que le prix de la liberté serait aussi élevé "déclarera-t-il dans une interview au journal Le Monde en juin 1994, pour le 50e anniversaire du jour J.
https://www.calvados.gouv.fr/Actions-de ... -l-evasion
https://www.francaislibres.net/liste/fi ... index=6273
https://les-sanglots-longs-des-violons. ... e_vignette

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Merci Bernard pour le rappel de cette histoire !
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