Narduccio, à propos de ta remarque sur l’expression que j’ai sans doute malencontreusement utilisée, à la réflexion, je ne serai pas aussi catégorique ni surtout relativiste que toi.
Entendons-nous sur les termes : je veux parler, non pas de LA civilisation opposée à la barbarie, mais des civilisations au sens d’ensembles de phénomènes économiques, sociaux, politiques et culturels communs à un groupe de sociétés. Or, s’il n’existe pas, en effet, selon tes mots, « d’instrument de mesure universel qui permettrait de classer les civilisations », les historiens peuvent établir des critères assez objectifs de développement. Pour prendre un exemple éloigné dans le temps (qui ne puisse irriter personne), je suis en train de lire un livre d’histoire qui vient d’obtenir le grand prix historique Hessel-Tiltman 2006 : « The Fall of Rome and the end of Civilization » (La chute de Rome et la fin de la civilisation) - Oxford University Press, 2006 - par l’historien universitaire (Trinity College d’Oxford) et archéologue britannique Bryan Ward-Perkins qui démontre « scientifiquement » (entre autres par l’étude archéologique) que la civilisation romaine ne s’est pas lentement transformée comme on le prétend depuis quelques décennies, mais s’est assez rapidement effondrée alors qu’elle était matériellement et intellectuellement (je ne dis pas moralement) bien supérieure (beaucoup plus qu’on ne l’imaginait jusqu‘à présent) à celle qui lui a succédé…
Cela dit, je suis enclin à penser que, même sur le plan moral, une civilisation peut être supérieure à une autre, par exemple une civilisation qui prône l’égalité de tous devant la loi sur celle qui maintient juridiquement des catégories de gens dans une situation d’infériorité.
Comme l’on fait toujours partie d’une civilisation, penser que toutes les civilisations se valent aboutit à ne pas défendre la sienne si elle se trouve menacée. Est-ce ce que pensait un romain du Ve siècle en observant les civilisations germaniques ?

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