Dog Red a écrit: [
Souvent quand je visite les camps de reconstituteurs, je me fais une autre réflexion dans le même genre : "On voit que tous ces braves gars n'ont pas eu droit au service militaire".
@Lfranck : sans passer au survivalisme (un extrême), tu peux pousser le détail de la reconstitution au niveau des manuels d'époque détaillant l'organisation des bivouacs. Ces détails logistiques (essentiels) y sont décrits.
A propos de l'organisation des bivouacs, je conseille la lecture du "
Décret du 26 octobre 1883 portant règlement sur le service des armées en
campagne", publié par le Ministère de la Guerre, document de 308 pages, qu'on peut récupérer sur le site numérisé de la BNF/Gallica...
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5 ... =407727;2#L'organisation des bivouacs est la somme des expériences militaires accumulées, pour faire simple, depuis la création de la phalange grecque et de la légion romaine.
La réflexion de Daniel (Dog Red) faisant référence à l'expérience personnelle issue du "
service militaire" est pleinement justifiée, car, dans les faits, un bivouac "en campagne", quelque soit l'importance de l'effectif concerné, n'a strictement rien à voir avec du "
camping sauvage" ou une "
expérience survivaliste".
En 1883, une tente était prévue pour six hommes, tandis que le "rata" et l'eau étaient fournis soit par l'intendance, soit par la population locale, avec des
corvées régulièrement organisées. Les "tentes" devaient aménager leurs "feuillés", fosses pour excréments - on devrait trouver leurs dimensions dans d'autres documents -. A l'état-major de l'intendance d'établir, au préalable, les besoins quotidiens par homme, bête de monte ou de somme, aussi bien en nourriture (picotin) qu'en eau potable ou en "pinard"; toutes ces données constituant ce qu'on désigne, désormais, sous le nom de
logistique en campagne. "
bernard-1954" a longuement détaillé dans une récente discussion, l'organisation logistique de l'armée allemande en 1939-1940, sachant que, à quelques détails près, on trouvait une organisation très similaire dans l'armée française.
Lfranck a écrit: Le camp était volontairement resté rustique, sans commodités modernes, histoire de coller un peu à l'ambiance d'époque. Trois jours de de bivouac, tenue et matériel d'époque, rien de bien luxueux niveau confort.
Mouais, sauf qu'il y a fort à parier que vous aviez, alors, au besoin, un "truck-food" et des sanitaires modernes à "300 m"...allez, soyons fous, à "500 m"!

A la limite, ne pas se laver ou se raser pendant "trois jours", c'est jouable, sans trop de difficultés, par contre, çà se complique très sérieusement au bout d'une semaine, sans même parler d'une situation de combat! Il convient d'ajouter la fatigue (combat + tours de garde + etc.), les rations incomplètes (faute, selon les circonstances, d'approvisionnement suffisant), la promiscuité dépourvue de toute intimité personnelle (à commencer par les "
feuillées" collectives!), l'apparition des poux, etc.
L'armée française en campagne, tout au moins, en 1914-1915, avant de devoir "s'enterrer", avait très probablement fonctionné selon le "
Réglement de 1883". On pourrait évoquer les nombreuses carences de l'intendance militaire française durant la Guerre de 1870-1871!