http://evasionaviateurs.free.fr/c05_reseau.phpComtesse Geneviève de POULPIQUET de BRESCANVEL - pseudonyme Gilberte
Convoyeuse
Mariée à un comte Breton : Césaire de Poulpiquet ; elle vivait au château de Tréfry à Quéméneven, en Bretagne.
« [...] Elle avait accepté d'héberger un aviateur, placé là par les résistants locaux. Un jour, alors qu'elle rentrait chez elle, un fermier voisin qui la guettait lui annonça que les Allemands étaient au château et avaient arrêté son mari. Elle se réfugia chez un vieux baron antipétainiste enragé qui l'installa chez son meunier. [...] le baron demanda conseil à "Val40, hébergé lui aussi, alors qu'il cherchait une plage pouvant servir aux embarquements. Il eut la faiblesse de lui [à Mme de Poulpiquet] donner mon adresse et le mot de passe :
- Je voudrais voir François.
- François qui ? François 1er ?
- Non, François les bas bleus.
40 : Val Williams, ce qui situe cette période en mars ou avril 1943, lors de la mission Oaktree.
[...] Un jour, par le plus grand des hasards, elle se trouvait dans le métro quand elle aperçut trois aviateurs qu'elle connaissait, qui attendaient sur un banc, seuls et désemparés, le radio qui les accompagnait ayant mystérieusement disparu. Elle me les ramena, ils furent hébergés quelque jours chez une amie.
Mon épouse et moi étions invités au mariage d'amis, porte Maillot à Paris, et nous allions nous mettre à table lorsqu'on vint me prévenir que quelqu'un me demandait à l'entrée du restaurant. C'était Gilberte. Elle m'annonça qu'en rentrant de déjeuner elle avait trouvé à la porte de l'immeuble [rue des Ursins] la concierge hagarde, à qui elle avait demandé : "- Qu'est-ce qui se passe ? - Les Allemands sont chez Monsieur Campinchi !" [...] Je lui donnais rendez-vous pour la fin de l'après-midi , à la Closerie des Lilas [Bd Montparnasse]. Quand je la retrouvai, elle me rappela qu'elle m'avait offert les services d'une "femme du monde", et je lui avais répondu que je n'avais pas besoin d'une "femme du monde". Cependant elle avait téléphoné à celle-ci, qui nous attendait dans la soirée. C'était rue Nicolet41.
Depuis mars 1943, elle n'a cessé d'être une collaboratrice42 la plus dévouée et la plus désintéressée. Quand j'aurai dit que le dévouement de Mme de Poulpiquet a été sans limite, je serai encore en dessous de la vérité [...] J'ajoute que son mari, dont la condamnation à mort [par les Allemands, après dénonciation du couple, pour avoir hébergé 5 aviateurs Américains] a été commuée en déportation, est atteint d'une grave maladie qui ne lui permettra peut-être pas de supporter le régime des camps de représaille"43 »
41 : Il s'agissait évidemment de Olga L'HOIR-SIVRY, citée ci-dessus.
42 : Ce terme a, à l'époque, une connotation tout à fait différente de celle utilisée par P. Campinchi.
43 : Fiche individuelle (arch.P.Camp.) Cette dernière observation date la rédaction de la fiche avant mai 1945. En effet Césaire de Poulpiquet est mort en août 1943 à la prison de Wittlich en Allemagne - indiqué par Roger Huguen : « Par les nuits les plus longues » (op.cit.) - ceci n'a donc pu être connu qu'après la fin de la guerre.
http://www.infobretagne.com/quemeneven.htm
Treffry Castle in Quemeneven