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Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Vos recherches bibliographiques ou archivistiques vous mènent à une impasse ? Vous avez une question précise à propos d'une source bibliographique, iconographique ou matérielle ? Posez là ici. Elle intéressera certainement les limiers du forum.

Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 21  Nouveau message de Delaplage  Nouveau message 25 Avr 2024, 15:48

Bonjour
Le pont Vauban, dans la nuit, à 4h, le 24 mai, a été ouvert pour laisser passer 4 chars anglais, qui ont pris position sur la rive droite de l’Aa. Les chars allemands étaient à proximité, arrivés le 23 mai (S. Blanckaert).
Je pense, sauf compléments toujours souhaités, avoir consulté tous les ouvrages disponibles qui auraient pu ou Dû avoir relaté les faits. Je n’ai trouvé rien d’autres que ceux mentionnés précédemment. Bien maigre, pour 200 à 300 cadavres.
Par ailleurs, il subsisterait au moins une fosse commune, localisée, non ouverte.
cordialement

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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 22  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 25 Avr 2024, 22:01

Delaplage a écrit:Par ailleurs, il subsisterait au moins une fosse commune, localisée, non ouverte.

j'ai ouï dire que cette fosse serait à l'endroit où stationnent des caravanes de gens pas commodes et que la municipalité ne trouve pas grand intérêt à se mettre sur les bras un problème et des coûts d'exhumation/inhumation. (on peut le comprendre)
La dictature c'est "ferme ta gueule", et la démocratie c'est "cause toujours".
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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 23  Nouveau message de Delaplage  Nouveau message 08 Mai 2024, 15:06

Création prochaine d’un article wikipédia sur ce sujet

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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 24  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 08 Mai 2024, 17:27

Delaplage a écrit:Création prochaine d’un article wikipédia sur ce sujet

Merci de nous mettre un lien lorsque ce sera fait.
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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 25  Nouveau message de Delaplage  Nouveau message 07 Juil 2024, 07:51

Fosses communes
Au cadastre, sur les anciennes fortifications, rive gauche du bassin Vauban, des parcelles caractéristiques, sont susceptibles d’être d’anciennes fosses communes.
Des voies urbaines et des habitations sont en projet dans ce secteur et notamment sur une de ces parcelles. Si, lors des travaux de terrassement, des ossements humains sont mis à jour, la gendarmerie intervient.

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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 26  Nouveau message de Delaplage  Nouveau message 14 Aoû 2024, 15:13

Fosse commune
La fosse commune résiduelle serait située en face de la capitainerie actuelle, de l’autre côté de la route. Elle serait sous l’emprise d’une voie à construire de la future Marina.

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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 27  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 14 Aoû 2024, 18:44

Delaplage a écrit:Fosse commune
La fosse commune résiduelle serait située en face de la capitainerie actuelle, de l’autre côté de la route. Elle serait sous l’emprise d’une voie à construire de la future Marina.

Dans ce secteur, il y aura prescription d'un diagnostic archéologique. (ville Vauban)
Si le diag laisse apparaître ce que vous supposez, des fouilles seront entreprises et les ennuis vont commencer pour le maître d'ouvrage...
J'imagine qu'en cas de découverte d'un charnier le projet sera gelé pour un bout de temps, et les frais et procédures seront importants.
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Le Cochon Noir, Gravelines, massacre du 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 28  Nouveau message de Delaplage  Nouveau message 27 Juin 2025, 18:15

Le Cochon Noir, Gravelines, massacre du 24 mai 1940

Bombardements du lieu-dit « Cochon Noir »
Le 24 mai vers 10h, les militaires de Gravelines, sous commandement français, ont été amenés à tirer sur les chars allemands qui venaient de prendre position face au pont Vauban et où s’étaient agglutinés des réfugiés coincés après la fermeture du pont et qu’on n’avait pas réussi à éloigner. Les victimes sont dues, en plus des tirs à vue des canons français et des tanks anglais de la rive droite de l’Aa, aux bombardements des avions anglais de fin d’après-midi, aux canons de la batterie marine de Petit-Fort-Philippe guidés d’abord depuis son sémaphore avant sa destruction, puis de son phare. Les canons de la batterie Ouest de Dunkerque et de celle de Fort-Mardyck tiraient, à l’aveugle, des obus de gros calibres sur la zone du Cochon Noir.

Extraits, non exhaustifs, d’ouvrages concernant les réfugiés massacrés le 24 mai 1940, au Cochon Noir à Gravelines
Georges Somers, Chef des réfugiés Belges à Grand-Fort-Philippe, a écrit « Les encerclés de Grand-Fort-Philippe, mai-juin 1940 et en faux titre : 1940 Bataille de Gravelines « Au Cochon Noir », terre d’enfer. Grand-Fort-Philippe (Nord), du 23 mai au 7 juin ». Il a été imprimé en Juillet 1943 sur les Presses de l’Imprimerie Loïez à Saint Omer, 108 pages. La censure allemande s’opposa à sa diffusion qui n’aura lieu qu’à la sortie de la guerre. Cet ouvrage introuvable est disponible à la BnF au format PDF.
Pages 39-40 Le 23 mai, une colonne de plusieurs milliers de réfugiés se trouve arrêtée devant le pont de Gravelines sur la route de Calais à Dunkerque. Les autorités militaires françaises interdisent le passage et plusieurs centaines de réfugiés à pied, à vélo, en auto, qui décident de camper sur place, place qui deviendra un tombeau pour la plupart d’entre eux… Les autres, mieux inspirés, se dirigent vers Grand-Fort-Philippe ou ils connaitront un calme relatif si on compare leur situation à celle de ceux qui se trouvent au pont, à l’endroit, désormais tristement célèbre, du « Cochon Noir ». Le 24 mai, au matin, les réfugiés qui n’ont pas quitté les abords de la route se précipitent en cohue vers le pont lorsque s’approchent les auto-mitrailleuses allemandes suivies de tanks...Une panique terrible, meurtrière s’ensuit : les officiers allemands crient de s’éloigner, mais trop tard. La bataille s’engage : elle durera quatre jours, durant lesquels morts, vivants et blessés seront bombardés et mitraillés sans arrêt. Et à côté du drame du Cochon Noir une autre tragédie se joue à Grand-Fort-Philippe même. Dès le 25 mai, on y amenait les premiers grands blessés, surtout civils, et ce paisible village de 3.000 pécheurs s’augmentait de 6.000 réfugiés belges et français, de plusieurs centaines de soldats alliés en débandade. Madame Scheins, infirmière bruxelloise qui, avec des moyens de fortune, et sans défaillance, pensera les plaies, adoucira les fièvres, consolera les mourants, apaisera les affolés et ce, durant plusieurs jours et plusieurs nuits, sans un instant de repos. Et tant d’autres…
P43 Comme le « Cochon Noir » se trouve sur le territoire de Gravelines, j’ai ignoré que 624 cadavres de civils déchiquetés et non identifiés ont été mis dans une fosse commune.

Georges Dupas, « Histoire de Gravelines, porte de Flandre et de ses hameaux, des origines à la libération », Westhoek, 1981
P619 Entre le pont Vauban et le « Cochon Noir », près de 200 autres gisent parmi les cadavres d’Allemands, de chevaux, et ne seront enterrés que le 29.
P621 Le 29 mai, les Gravelinois peuvent contempler toute l’horreur qui s’étale au -delà du bassin Vauban. Les hommes valides sont requis, avec pelles et pioches pour enterrer sur place 168 victimes du 24 Mai, enveloppées de couvertures, leurs papiers enfermés dans des bouteilles, sauf pour ceux qui ont été détroussées entre temps.

Patrick Oddone, « Gravelines, Grand-Fort-Philippe, Saint-Folquin, Watten : séquences de guerre 1940-1944 » paru dans la revue SDHA n°41-2008.
P348 Dimanche 26 mai. Dans la soirée, quelques habitants s’aventurent jusqu’au pont Vauban où un chaos indescriptible s’offre aux regards. Le charnier du chemin n° 40 leur fait rebrousser chemin car la chaleur accélère la décomposition des cadavres. La population se sent abandonnée et se résigne à une occupation inéluctable.
P349 La chaleur est persistante et l’occupant se préoccupe des problèmes sanitaires les plus urgents. Dans la matinée du 29 mai, les hommes valident sont réquisitionnés. Ordre leur a été donné de se rassembler devant l’hôtel de ville, munis de pelles et de bêches, avant d’être conduits près du bassin Vauban pour enterrer les morts du 24 mai. Vision apocalyptique, tâche pénible, horrifiante. L’identification des corps pose bien des difficultés car beaucoup sont dépourvus de pièces d’identités et pour cause, ils ont été détroussés ! les victimes sont ensevelies dans des couvertures puis enterrées sur place dans des fosses communes. Les papiers permettant leur identification, quand ils subsistent, sont glissés dans des bouteilles et placés à côté des corps. Ces réfugiés tués devant Gravelines, de nationalité belge pour la plupart, vont aussi reposer pour un temps danse les bas-fonds du terrain du Génie, à l’ouest du chenal.

Jean Pinte, « Le Cochon Noir Le pont du Halot L’enfer oublié », édité en 2016.
P86 Peut-être trouverait-il de l’aide pour aller enlever grand-mère du champ de bataille. En tenant Herman devant lui, il rampait à genoux vers un médecin allemand et le priait de soigner son enfant. Mais l’homme se montrait réticent. Il paraissait apparemment juger que l’enfant été condamné à mort. Papa insistait en ajoutant qu’il venait de perdre son épouse. Pour faire plaisir à papa, l’homme cédait finalement. Pendant qu’Herman fût soigné en plein air, des avions tournoyaient au-dessus de la ferme. C’était sans aucun doute les avions qui bombardaient les chars, 200 mètres plus loin, ou se trouvait le deuxième petit groupe dont je faisais partie, les soigneurs tenaient anxieusement les engins à l’œil. Quand soudain le feu fut ouvert, les soigneurs se dispersaient à tout allure et abandonnaient Herman à son sort. Une fois le danger écarté, ils continuaient à soigner l’enfant en attente de le transporter pour un autre traitement.
P114 Le 26 mai, spectacle effrayant. La journée du dimanche étant calme, quelques habitants s’aventurèrent jusqu’au pont Vauban. Ils en revinrent effrayés de ce qu’ils entrevu en amont. Une odeur pestilentielle se dégageait du véritable charnier s’étendant sur le chemin N°40.
P154 Vendredi 2 mai. Quand les allemands se furent avancés au-delà de Gravelines et de Bourbourg, le constat était terrible. De nombreuses victimes gisaient ici et là. Il y avait urgence à leur donner une sépulture décente car la chaleur était torride. Il fallait des volontaires pour ce travail délicat, hélas on trouva peu de volontaires. Les morts n’intéressent pas les vivants. Quelques hommes de cœur se joignirent cependant à l’abbé pour ce devoir sacré. Plusieurs jours furent nécessaires pour terminer cette horrible tache. Le nombre considérable de morts fit qu’ils furent enterrés sur place. Cet épisode de la guerre fit 45 victimes civiles à Saint-Folquin.

La médiatisation de ces événements a été discrète.

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Re: Drame du Cochon noir 24 mai 1940

Nouveau message Post Numéro: 29  Nouveau message de Delaplage  Nouveau message 10 Juil 2025, 18:12

voici un résumé partiel de mon regard sur ce sujet :

Le Massacre des réfugiés belges
Un long silence de plusieurs décennies a suivi le massacre d’environ 200 réfugiés civils en majorité belges, au « Cochon Noir », pendant la bataille de Gravelines du 24 mai 1940 et des jours suivants. Un grand chaos s’en est suivi sur les lieux du drame, pendant plusieurs jours. Les cadavres sont restés à même le sol, pendant 5 jours et parfois plus, en putréfaction, sous la chaleur, pendant que les habitants des villages voisins de Grand Fort-Philippe et de Saint-Folquin les détroussaient. Les cadavres ont été enterrés provisoirement dans des fosses communes. Peut-être subsiste-t-il encore une fosse commune, non ouverte, dans les anciens fossés des fortifications, à proximité du bassin Vauban. Dans le cimetière des Huttes de Gravelines, on trouve 59 tombes dont 16 anonymes, qui furent longtemps laissées à l’abandon. Les familles belges des victimes, se sont manifestées de-ci delà.

Les réfugiés sur le chemin de retour de l’Exode
La Grande Peur de l’ennemi, que la propagande présentait comme des hordes de barbares, avait entrainé l’Exode massif de plusieurs millions de personnes, dès le 10 mai. Des dizaines de milliers de réfugiés principalement belges qui n’avaient pas pu franchir la Somme prise par les allemands le 21 mai, retournaient chez eux et se trouvaient bloqués sur la rive gauche l’Aa. Le non franchissement de l’Aa avait été décidé pour ne pas rendre encore plus difficile le repli des troupes anglaises et françaises sur Dunkerque qui était en feu et bombardée intensivement. Il s’y trouvait déjà un très grand nombre de réfugiés, il n’y avait plus eau, ni électricité, ni boulangerie. Dans la nuit qui précéda le massacre, certains ont réussi à traverser l’Aa par le pont Vauban, à la faveur du passage des soldats en débâcle, plus ou moins isolés et des 4 tanks anglais échappés de la ville de Calais qui résistait toujours. Le pont semble définitivement fermé vers 6 heures du matin.

Bombardements du lieu-dit « Cochon Noir » le 24 mai 1940
Le 24 mai 1940 vers 10h, les militaires de Gravelines, sous commandement français, ont été amenés à tirer sur les chars allemands qui venaient de prendre position face au pont Vauban et où s’étaient agglutinés des réfugiés coincés après la fermeture du pont et qu’on n’avait pas réussi à éloigner. Les victimes sont dues, en plus des tirs à vue des canons français et des tanks anglais de la rive droite de l’Aa, aux bombardements des avions anglais de fin d’après-midi, aux canons de la batterie marine de Petit-Fort-Philippe guidés d’abord depuis son sémaphore avant sa destruction, puis de son phare. Les canons de la batterie Ouest de Dunkerque et de celle de Fort-Mardyck tiraient, à l’aveugle, des obus de gros calibres sur la zone du Cochon Noir.

Extraits, non exhaustifs, d’ouvrages concernant les réfugiés massacrés le 24 mai 1940, au Cochon Noir à Gravelines

Georges Somers, Chef des réfugiés Belges à Grand-Fort-Philippe, a écrit « Les encerclés de Grand-Fort-Philippe, mai-juin 1940 et en faux titre : 1940 Bataille de Gravelines « Au Cochon Noir », terre d’enfer. Grand-Fort-Philippe (Nord), du 23 mai au 7 juin ». Il a été imprimé en Juillet 1943 sur les Presses de l’Imprimerie Loïez à Saint Omer, 108 pages. La censure allemande s’opposa à sa diffusion qui n’aura lieu qu’à la sortie de la guerre. Cet ouvrage introuvable est disponible à la BnF au format PDF.
Pages 39-40 Le 23 mai, une colonne de plusieurs milliers de réfugiés se trouve arrêtée devant le pont de Gravelines sur la route de Calais à Dunkerque. Les autorités militaires françaises interdisent le passage et plusieurs centaines de réfugiés à pied, à vélo, en auto, qui décident de camper sur place, place qui deviendra un tombeau pour la plupart d’entre eux… Les autres, mieux inspirés, se dirigent vers Grand-Fort-Philippe ou ils connaitront un calme relatif si on compare leur situation à celle de ceux qui se trouvent au pont, à l’endroit, désormais tristement célèbre, du « Cochon Noir ». Le 24 mai, au matin, les réfugiés qui n’ont pas quitté les abords de la route se précipitent en cohue vers le pont lorsque s’approchent les auto-mitrailleuses allemandes suivies de tanks...Une panique terrible, meurtrière s’ensuit : les officiers allemands crient de s’éloigner, mais trop tard. La bataille s’engage : elle durera quatre jours, durant lesquels morts, vivants et blessés seront bombardés et mitraillés sans arrêt. Et à côté du drame du Cochon Noir une autre tragédie se joue à Grand-Fort-Philippe même. Dès le 25 mai, on y amenait les premiers grands blessés, surtout civils, et ce paisible village de 3.000 pécheurs s’augmentait de 6.000 réfugiés belges et français, de plusieurs centaines de soldats alliés en débandade. Madame Scheins, infirmière bruxelloise qui, avec des moyens de fortune, et sans défaillance, pensera les plaies, adoucira les fièvres, consolera les mourants, apaisera les affolés et ce, durant plusieurs jours et plusieurs nuits, sans un instant de repos. Et tant d’autres…
P43 Comme le « Cochon Noir » se trouve sur le territoire de Gravelines, j’ai ignoré que 624 cadavres de civils déchiquetés et non identifiés ont été mis dans une fosse commune.

Georges Dupas, « Histoire de Gravelines, porte de Flandre et de ses hameaux, des origines à la libération », Westhoek, 1981
P619 Entre le pont Vauban et le « Cochon Noir », près de 200 autres gisent parmi les cadavres d’Allemands, de chevaux, et ne seront enterrés que le 29.
P621 Le 29 mai, les Gravelinois peuvent contempler toute l’horreur qui s’étale au -delà du bassin Vauban. Les hommes valides sont requis, avec pelles et pioches pour enterrer sur place 168 victimes du 24 Mai, enveloppées de couvertures, leurs papiers enfermés dans des bouteilles, sauf pour ceux qui ont été détroussées entre temps.

Patrick Oddone, « Gravelines, Grand-Fort-Philippe, Saint-Folquin, Watten : séquences de guerre 1940-1944 » paru dans la revue SDHA n°41-2008.
P348 Dimanche 26 mai. Dans la soirée, quelques habitants s’aventurent jusqu’au pont Vauban où un chaos indescriptible s’offre aux regards. Le charnier du chemin n° 40 leur fait rebrousser chemin car la chaleur accélère la décomposition des cadavres. La population se sent abandonnée et se résigne à une occupation inéluctable.
P349 La chaleur est persistante et l’occupant se préoccupe des problèmes sanitaires les plus urgents. Dans la matinée du 29 mai, les hommes valident sont réquisitionnés. Ordre leur a été donné de se rassembler devant l’hôtel de ville, munis de pelles et de bêches, avant d’être conduits près du bassin Vauban pour enterrer les morts du 24 mai. Vision apocalyptique, tâche pénible, horrifiante. L’identification des corps pose bien des difficultés car beaucoup sont dépourvus de pièces d’identités et pour cause, ils ont été détroussés ! les victimes sont ensevelies dans des couvertures puis enterrées sur place dans des fosses communes. Les papiers permettant leur identification, quand ils subsistent, sont glissés dans des bouteilles et placés à côté des corps. Ces réfugiés tués devant Gravelines, de nationalité belge pour la plupart, vont aussi reposer pour un temps danse les bas-fonds du terrain du Génie, à l’ouest du chenal.

Jean Pinte, « Le Cochon Noir Le pont du Halot L’enfer oublié », édité en 2016.
P86 Peut-être trouverait-il de l’aide pour aller enlever grand-mère du champ de bataille. En tenant Herman devant lui, il rampait à genoux vers un médecin allemand et le priait de soigner son enfant. Mais l’homme se montrait réticent. Il paraissait apparemment juger que l’enfant été condamné à mort. Papa insistait en ajoutant qu’il venait de perdre son épouse. Pour faire plaisir à papa, l’homme cédait finalement. Pendant qu’Herman fût soigné en plein air, des avions tournoyaient au-dessus de la ferme. C’était sans aucun doute les avions qui bombardaient les chars, 200 mètres plus loin, ou se trouvait le deuxième petit groupe dont je faisais partie, les soigneurs tenaient anxieusement les engins à l’œil. Quand soudain le feu fut ouvert, les soigneurs se dispersaient à tout allure et abandonnaient Herman à son sort. Une fois le danger écarté, ils continuaient à soigner l’enfant en attente de le transporter pour un autre traitement.
P114 Le 26 mai, spectacle effrayant. La journée du dimanche étant calme, quelques habitants s’aventurèrent jusqu’au pont Vauban. Ils en revinrent effrayés de ce qu’ils entrevu en amont. Une odeur pestilentielle se dégageait du véritable charnier s’étendant sur le chemin N°40.
P154 Vendredi 2 mai. Quand les allemands se furent avancés au-delà de Gravelines et de Bourbourg, le constat était terrible. De nombreuses victimes gisaient ici et là. Il y avait urgence à leur donner une sépulture décente car la chaleur était torride. Il fallait des volontaires pour ce travail délicat, hélas on trouva peu de volontaires. Les morts n’intéressent pas les vivants. Quelques hommes de cœur se joignirent cependant à l’abbé pour ce devoir sacré. Plusieurs jours furent nécessaires pour terminer cette horrible tache. Le nombre considérable de morts fit qu’ils furent enterrés sur place. Cet épisode de la guerre fit 45 victimes civiles à Saint-Folquin.
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Les familles des réfugiés massacrés ont eu pour objectifs premiers et principaux de retrouver les corps et les objets personnels dont les papiers d’identité, de régler les problèmes d’état civil et administratifs et de s’assurer d’une sépulture décente. Une grande confusion a suivi le massacre et à cela il fallait ajouter des différences de nationalités et de langues. Il y a eu de l’entraide entre ces familles de victimes, mais des comités, caisses de secours, associations, rien n’a été pérennisé.

La médiatisation de ce massacre, particulièrement douloureux, n’a pas eu lieu.

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