Je reviens ces jours-ci répondre aux questions. En attendant

voici une synthèse établie par une figure locale, Gérard Thélier, à partir d'un livre qui n'est pas forcément mes yeux la meilleure source. Sur Facebook il tient un épéhéméride de l'histoire locale, chaque jour ou presque il retrace un événement depuis le Xe siècle. Cette précision pour souligner quil n'est pas critique vis-à-vis de cette version de la journée du 11 août. Gérard compile, c'est un puits de science, mais sa spécialité n'est pas la 2e Guerre. Voici "son" récit du 11 août. Deux autres récits circulent. L'un du général Loizillon qu'on voit sur la vidéo ci-dessus. Il était lieutenant le 11 août 1944 à Cluny... Je tâcherai de numériser son texte. Un autre est ici :
http://mvr.asso.fr/front_office/fiche.p ... ypeFiche=4- 1944 (11 août, 4h) : premier contact entre les forces de la Résistance défendant Cluny et les Allemands (hameau des Tardys, à Verzé ?). Il s’agit du Freiwilligen-Stamm Regiment 3, composé majoritairement d’Ukrainiens encadrés par des officiers allemands, et utilisés principalement contre les maquis.
- 1944 (11 août, 5h30) : l’escadrille Gueschwader Bongart, stationnée à la base aérienne de Bron, effectue une attaque aérienne de la ville de Cluny avec 3 chasseurs bombardiers Reggiane 2002.
Source Le Forum du Front de l’Est, ostfront.forumpro.fr, 2020
- 1944 (11 août) : alertés par la Résistance lors du bombardement du matin, beaucoup d’habitants de Cluny se réfugient à la Cras. La famille de Bernard Bourgeon et plusieurs voisins de la rue de la République sont hébergés pendant plusieurs semaines par Julien-Antoine Symian dans la demeure dont il était locataire avec sa femme, ancienne actrice (Yvonne Lutaud de son nom d'actrice Yvonne Sergyl, qui avait joué notamment dans le film Le Miracle des Loups en 1924. Les Clunisois un peu moqueurs, l'appelaient 'La Marie aux Loups' ... Elle est enterrée à Cluny avec Pierre Marraud, qui fut plusieurs fois ministre sous la IIIe République), aujourd’hui (2022) bâtiment abritant le Petit Chêne Théâtre.
Dont post FB du 11.08.2022 de Bruno Marguery
p. 19 in « à la découverte des collines de la Cras », article de La Vie en Clunisois, magazine catholique n°146, propos de Jean Fonteray, Cluny, décembre 2021
Témoignage de Jeannine Machillot
« ma mère s'est retrouvée avec ses 2 enfants de 6 et 19 mois dans les Cras. Les Allemands bombardaient lorsqu'elle nous y emmenait. mon père était au maquis. »
Source post Facebook 2022
Témoignage de Marc Rastel
« Ma belle Mère (qui habitait le maison des dragons) avait été légèrement blessée a son travail, car l'usine Simonot ou elle travaillait avait été bombardée. A son domicile, une armoire à glace est tombée par terre sous le souffle, et le miroir se brisa. Cette armoire est aujourd'hui chez notre fils dans la région parisienne. Voilà ce que nous racontait ma belle-mère Desroches Marie Louise. »
Source post Facebook 2022
- 1944 (11 août, 7h) : Les compagnies Lucien et Du Chauffaut, détachées à la Croix-Montmain par le commandant Laurent, ainsi que quelques éléments Gérard (Genevès ?), s’installent silencieusement en lisière de la forêt dominant le château de Berzé-le-Châtel,
p.52 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
-1944 (11 août, vers 7 ou 8h) : Albert Schmitt, professeur de dessin de la Prat’s devenu lieutenant, est tué à 28 ans, au cours d’une reconnaissance pour ne pas exposer ses hommes, en cherchant le contact avec une colonne allemande venue du col des Enceints et parvenue à Bourgvilain ; il meurt à 500 m de Bourgvilain, face au moulin Lacondemine. Ses hommes désemparés se replient sur le carrefour de La Valouze, qui sera occupé par les Allemands vers 10h du matin.
p.54 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
J'ajoute que c'est la fiancée d'Albert Schmitt qui, donatrice d'un monument et fidèle chaque année aux célébrations, offre encore cette année un apéritif aux participants.
- 1944 (11 août, entre 9h et 10h) : suite aux mitraillages, les Allemands reprennent l’offensive au centre et montent en colonnes en direction du Col du Bois Clair, malgré la résistance du groupe du Lieutenant Picquard.
p.52 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, vers 10h) : le Lieutenant Picquard abandonne sa ligne de défense, et se replie dans le massif boisé du Col du Bois-Clair.
p.52 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, vers 10h30) : les premiers éléments allemands franchissent le Col du Bois-Clair.
p.52 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, en fin de matinée) : les Allemands, tenant le Col du Bois Clair, les carrefours des RN 79 et 80 et de La Valouze, lancent à partir de la Croix-Blanche un convoi d’une vingtaine de véhicules (autocars, camions, voitures), pour déboucher sur Cluny.
p.54 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, 12h) : les Allemands s’installent au-dessus du carrefour des RN 79 et 80, et perturbent par des tirs de mortier et de mitrailleuses l’arrivée des renforts de résistants venant de Cluny, à moins de 3km.
p.52 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, 12h) : deux compagnies FFI (Lucien et Du Chaffaut) installées à hauteur de Berzé-le-Châtel le long d’une ligne droite de la route, stoppent avec 13 fusils mitrailleurs le fort convoi allemand venu de la Croix-Blanche. Ils tirent jusqu’à épuisement de leurs chargeurs (12 par arme), durant une vingtaine de minutes environ. Faible riposte des Allemands, avec un canon de 37 et une mitrailleuse lourde qui cherche vainement son objectif.
p.54 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, 13 h) : Les deux compagnies Lucien et Du Chaffaut se replient silencieusement vers la Croix-Montmain où le commandant Laurent les gardera en réserve.
p.55 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
- 1944 (11 août, vers 16h) : les forces FFI contre attaquent, le Bois Clair est récupéré.
- 1944 (11 août, vers 17h) : nouveau bombardement de Cluny par 5 bombardiers bimoteurs pour couvrir la retraite des troupes allemandes, puis mitraillage pendant près d’une demi-heure des routes 79 et 80. Les Allemands rentrent pour la plupart à pied à Mâcon. selon la Résistance, ils ont eu 300 tués.
p.55 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975
Cette défaite allemande marque la fin des offensives contre les maquis de la région.
- 1944 (11 août, 17h) : l’escadrille Gueschwader Bongart, stationnée à la base aérienne de Bron, revient en fin d’après-midi bombarder la ville de Cluny avec 4 JunkersJU-88.
Source Le Forum du Front de l’Est, ostfront.forumpro.fr, 2020
- 1944 (11 août) : le bombardement de Cluny par les Allemands. a fait 14 (13 ou 17 selon les versions ?) victimes civiles lors du bombardement. La tour des Fromages est atteinte ; de même que la maison qui fait coin entre la place Notre-Dame et la rue principale, dont la tourelle trop abîmée ne sera pas conservée. Les maisons situées entre celle-ci et l’actuelle pharmacie, et qui ne laissaient qu’un étroit accès le long de l’église au portail nord, ne seront jamais reconstruites. Le monument aux morts de la bataille du Bois-Clair occupera ultérieurement cette place. La claire-voie gothique sur la façade donnant sur la place Notre-Dame n’est pas atteinte, et sera remontée en place lors de la reconstruction.
Destruction de la manufacture de confection Simonot, installée dans l’ancien hôtel des Deux Pavillons, à l’angle de la place de l’abbaye, contre l’ancienne école des filles.
Destruction de la maréchalerie Lacroix (créée avant 1914), à l’angle de la place du Commerce et de la rue Bellepierre.
Les vitraux du 19e de l’église Notre Dame sont soufflés par le bombardement par les avions allemands.
Le cinéma l’Eden, rue Petite-Rivière (sud) est également détruit par le bombardement allemand.
- 1944 (11 août, dans la nuit) : bilan des opérations :
Pertes des maquisards : une vingtaine de morts, une cinquantaine de blessés.
Pertes des Allemands : environ 300 hommes, 2 canons de 37, dont l’un intact avec son camion et ses munitions, 2 auto-mitrailleuses, des camions, plusieurs armes collectives, mortiers, mitrailleuses.
p.55 in « Fault pas y crainsdre », COLLECTIF 4e CHOC, 2e éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1er trimestre 1975