Après une longue (mais bien utile) série d'échanges consacrés à l'observation d'artillerie, je reviens au post n°32 où Guy nous partage les pages de son livre consacrées au 23 décembre 1944 (je vous invite vivement à les lire, si ce n'est pas encore fait).
Par les témoignages qu'il a recueillis, Guy nous permet d'établir une chronologie détaillée des faits :
3h00 : le curé BREUER est réveillé par un soldat allemand, ordre de quitter le village cette nuit, la trêve demandée par les Allemands a été rejetée par les Américains
(je ne désespère pas de trouver une trace de cette requête dans les archives de la 1st ID. Précision important [je ne l'avais pas saisie], quand il s'agit de "nuit", on parle des quelques 5 heures avant le lever du soleil, le 23 décembre ; on se rend compte que le pauvre curé BREUER n'aura pas le temps de rassembler ses ouailles et se mettre en route avant le jour !
La difficulté d'encore se mettre en route avant le lever du jour est bien perçue par les premiers civils que le curé consulte, un officier allemand présent annonce un délai supplémentaire d'un jour une nuit (visiblement il y a là un qui pro quo qui va être fatal). Le risque de se mettre en route de jour est bien perçu par les intervenants.
9h00 : tourmenté (on imagine effectivement l'énorme responsabilité!), le curé BREUER obtient une entrevue auprès du Hauptmann et son état-major ; le qui pro quo se fait jour et le curé repart avec un délai de 2 heures pour quitter le village, sinon 5 ou 6 paroissiens seront fusillés. La pression est maximum ! La suite va nécessairement se faire dans la précipitation !
(Guy parle d'un PC de bataillon dans le presbytère ; un Hauptmann commande... ...donc j'imagine plutôt un PC de compagnie ; c'est un micro-détail... ...mais qui peut intéresser RoCo...
>9h00 : c'est la tournée des maisons du village (fiévreusement ?). Les villageois ont conscience qu'ils sont pris entre la menace des exécutions et celle de l'artillerie US !
..h.. : les villageois se mettent en marche en direction de Schoppen ; le curé BREUER va échapper au drame suite à la crise cardiaque de Jospeh LEJOLY (ton grand-père Guy ?????)
11h05 : des petits avions survolent le colonne, premières explosions.
(@Guy où se trouve l'embranchement vers Dri l'Ak ? sur la carte ; ces premières explosions me font penser à du réglage d'artillerie à la demande d'un avion d'observation).
..h.. : depuis Faymonville où les derniers sacrements l'ont retenu, le curé BREUER fait des pieds et des mains pour faire cesser le bombardement US qui commence (il est impuissant ! Ce doit être terrible pour l'homme de foi !).
..h.. : à hauteur du bois de Schoppen, c'est le sauve-qui-peut, dans le bois, dans l'abri tout proche, des soldats allemands sont mêlés aux civils.
..h... : une partie de la colonne échappe au bombardement, déviée vers Rôbroù par une sentinelle allemande.
Je dois m'interrompre
Des détails supplémentaires :
. position de mortier dans le village ;
. alors que l'on se trouve en première ligne, les Allemands "prennent le temps" de traquer les villageois (germanophones) qui se soustraient au service dans la Wehrmacht ; ça me laisse toujours sans voix !
. l'artillerie US est à Walk, Gueuzaine, Champagne ;