frontovik 14 a écrit:Par contre, Loïc C, une simple carte des régions de langue allemande???

NON, c'est une provocation préparant au nationalisme le plus dégueulasse qui soit. les nazis ont publié de telles saloperies, mais aussi les Serbes dans les années 90, et Poutine aujourd'hui. On voit le résultat. Après, l'AfD l'a emporté dans les deux Länder les plus pauvres d'Allemagne, les moins peuplés et franchement situés dans le trou du Q du monde allemand, qui plus est peuplé de pas mal de ploucs. On se console comme on peut.
En France, nous pourrions établir une carte très similaire et même encore plus étendue en inventoriant les régions mondiales francophones! Cette carte allemande est, elle, au mieux passéiste, voire nostalgique.
En Alsace rurale et dans la partie orientale du département de Moselle, la pratique du dialecte alémanique est toujours d'actualité. L'air de rien, son usage actuel quotidien y est plus important que celui de la "langue" basque ou bretonne! Certes, au fil du temps, son emploi tend à diminuer chez les jeunes générations, car il s'agit d'un dialecte uniquement "transmis" oralement, tandis que, dans les grandes concentrations urbaines locales, le "
wèche-wèche" prolifère!
Si je me réfère à l'Alsace et Strasbourg, Gütenberg était allemand, de même que la célèbre cathédrale strasbourgeoise. La III
ème, notamment, et la IV
ème République, dans une moindre mesure, avaient fait le forcing pour y imposer la langue française, en interdisant l'usage du dialecte, y compris dans les cours d'école. On a pris soin, depuis la fin du XVII
ème siècle et la conquête militaire de la région par Louis XIV, de vouloir "effacer" la longue histoire régionale allemande, elle, âgée de plus de 8 siècles... sans même parler de la période particulièrement "florissante", qui s'était écoulée entre 1871 et 1914, avec, pour résultat, de nos jours, dès 1918, un régime d'assurance sociale distinct plus favorable, tout en étant bénéficiaire (!), et une "multitude" de droits locaux particuliers.
L'Alsace et la Moselle, par exemple, ont la particularité de fonctionner selon le Concordat napoléonien, les prêtres catholiques, pasteurs protestants luthériens (!) et rabbins y sont assimilés à des "fonctionnaires d’État" et rémunérés selon la grille - un évêque étant censé percevoir la solde d'un colonel -.
Entre Phalsbourg (en Moselle) et le sud de Mulhouse, les trains changent de voies, tandis que, dans le Bas-Rhin, le réseau de distribution électrique fonctionne essentiellement selon le régime DIN, Terre et Neutre confondus (trois fils) selon la technique allemande, alors que le "régime EDF", lui, prévoit une distribution collective, dite de type "TT", avec Terre et Neutre séparés (4 fils)!
Je pourrais empiler les différences, comme, par exemple, les deux jours fériés "supplémentaires", le 26 décembre (la Saint Étienne) et le Vendredi Saint, tous deux, héritages directs de la culture protestante luthérienne, qui font tant râler les "directions parisiennes". A noter également que le temple protestant huguenot, la branche protestante française, plus que très minoritaire en Alsace, installée dans la "
Vieille France", n'avait jamais été autorisée à ériger le moindre cloché.
Vous aurez beau "râler", l'Alsace-Moselle continue, de nos jours, à se référer à ces anciens usages "allemands", qui, au passage, couvrent aussi de très nombreux domaines légaux. Bref, plus compliqué, tu meurs!
Ce n'est pas pour rien, non plus, que la députation de la "Région Alsace", après la "réforme régionale Hollande", qui l'avait classée "en vrac" dans une région désespérément "fourre-tout", qui s'étend jusqu'aux limites de la Champagne (!), baptisée "pompeusement"
Grand Est, se soit enfin décidée à faire "bloc", dans l'optique de l'obtention d'un statut régional "particulier" et spécifique, à l'exemple de la Corse, alors que jusque-là, il ne s'agissait, pour beaucoup, que d'une simple "
querelle de clochers". On en parle peu, mais la régionalisation "particulière" de l'Alsace est, enfin, en bonne voie!
