RF16 a écrit:Sinon l'ambiance générale qui règne actuellement au sein de la Nation est-elle pire que celle du milieu des années 30 ou de celle des années 10 -14 qui toutes les 2 ont précédé des conflits majeurs?
Au préalable à août 1914, non, car, depuis 1871, s'était installé, en France, un climat de revanche soigneusement entretenu, à longueur de décennies, à l'encontre du Prussien. Entre temps, mais, bon, passons, l'armée de terre française qui était parvenue à se constituer une force de 800 000 hommes, à la disponibilité quasiment immédiate (active, appelés sous les drapeaux et réservistes) s'était reposée, satisfaite, sur ses supposées lauriers.
Sans pour autant donner quitus au régime impérial du II. Reich, l'Alsace et le département de la Moselle avaient, alors, connu une période d'expansion économique jusque-là inédite, avec des avancées sociales, elles-mêmes, toutes aussi inédites en France - le régime actuel de Sécurité Sociale locale, qui rembourse 90% des frais médicaux (contre 70% en "France de l'Intérieur") est un héritage prussien, etc. -. A l'été 1914 et après, les conscrits allemands n'avaient, eux-mêmes, jamais connu le régime politique de la République Française, installé en 1871, qui, de fait, n'était pas plus, voire moins libéral, au quotidien que le "prussien".
En 1939-1940, c'est très différent. Pour diverses raisons humaines et politiques, le "massacre" de 1914-1918 avait très sérieusement marqué la population, tandis que l'Etat s'était confortablement assis sur les décisions léonines du Traité de Versailles. L'Allemagne n'était pas prête à s'en remettre et l'Armée Française avait, alors, réduit ses effectifs et besoins, tandis que le Parlement votait des lois, qui réduisaient la durée du service militaire obligatoire et augmentaient les cas d'exemption. Arrive au pouvoir le Front Populaire, dont il convient de noter ses décisions en la matière, qui avaient revu à la hausse les budgets attribués à l'Armée, mais avait, en parallèle, soigneusement évité de s'engager dans le conflit espagnol... il faut dire aussi que la gouvernance républicaine était très largement pilotée par le Kremlin et que la "Gôche" socialiste, depuis le Congrès de Tours, en 1920, avait fait sécession avec le PCF, lui , aux ordres de Staline!
En 1938, quand çà commence à sérieusement coincer diplomatiquement, l'Armée française dispose toujours d'une masse de manœuvre suffisante, mais çà coince grave quant à sa modernisation, tandis que l'Allemagne, empreinte, ce coup-ci, d'un esprit national de revanche, a, depuis les années 1929-1930, discrètement organisé son réarmement, avantagée dans ce seul contexte, par l'absence, contrairement à la France, de l'existence de tout parc de matériels anciens
Malgré tout, la France a continué à atermoyer jusqu'en septembre 1939, avant de se décider à mettre en place une industrie de guerre, censée lui apporter la supériorité courant 1941, tandis que ses "pinpins" répondaient, de leurs côtés, à leur incorporation plus ou moins de "bonne grâce". Sans pour autant s'y opposer, çà trainait souvent les pieds et la situation statique de la Drôle de Guerre n'avait rien arrangé.
Je peux surement me tromper, mais, de nos jours, nous sommes, en France, beaucoup plus proches, en pire (!), de la situation "militaire" des années "30" - avec un élément essentiel, près de 80 ans continus de paix européenne occidentale - que de celle de 1914.

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Claude, toujours plus rapide que ton ombre
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