Post Numéro: 13
de landevenneg
14 Juin 2024, 13:01
Le parcours de Georges Laurent est difficile à établir. En tant que "traître" il a été sorti de l'histoire de la Résistance, on ne le mentionne plus dans les actions auxquelles il a participé, exceptée celle pour laquelle il est tombé. Pourtant il appartenait à un groupe-franc de Défense de la France (DF) particulièrement (trop?) actif dans tous les domaines: Sabotages, destruction de dépots pétroliers, vols d'armes, élimination de collaborateurs, cambriolages et braquages. Ces dernières actions font qu'ils ont sur le dos les Allemands mais aussi la Police Française peut être encore plus dangereuse.
"Le 24 avril 1944, Georges Dauriac, Yves Hily, Pierre Herpe et Georges Laurent filent en traction vers Ploudalmézeau pour un nouveau vol de tickets de ravitaillement. L’opération se déroule bien mais sur le trajet retour la voiture fait une sortie de route et termine sa course contre un pylône électrique. L’accident est grave, la voiture est détruite, Georges Dauriac a la mâchoire fracturée et le nez pulvérisé."
Les Résistants trouvent refuge chez des paysans et (cette partie du récit a été supprimée depuis un ou deux ans par les associations de descendants d'anciens résistants) Dauriac est caché par le chanoine Falc'hun, (éclesiastique et éminent universitaire spécialiste des langues celtiques qui créa un orthographe pour le breton encore plus précis que le KLT).
Georges Laurent rentre se cacher à Brest. Malheureusement la femme à qui il demande de l'aide le dénonce.
Le 25 mai à 1h30 du matin il est arrêté par Georges Roeder, chef du SIPO-SD et son accolyte, le collaborateur et (futur) chef de l'OTS Julien Origas. 1/2 heures après ils le forcent à sonner chez Kervella pour qu'il ouvre sans méfiance. Plusieurs Résistants sont arrêtés mais ils ne découvrent pas les armes, ni Georges Dauriac qui est caché dans un appartement du même immeuble. Les Resistants sont jugées le 9 juin et fusillés le 10. Georges Laurent est incarcéré à la prison de Pontaniou et lorsque les Américains arrivent en Bretagne il est placé début aout dans un train pour être déporté en Allemagne. Georges Laurent parvient à s'évader et reprend le combat pour la libération de Brest.
"Le 7 mars 1945, la police française arrête l’ancien résistant. Laurent est jugé pour trahison. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité le 8 septembre 1945 par la Cour de Justice de Quimper. Son mariage en est lourdement impacté puisque sa femme divorce en janvier 1947. Le coupable parvient néanmoins à obtenir une révision du procès en faisant valoir des faits nouveaux. En décembre 1948 l’arrêt est cassé, il est remis en liberté provisoire et comparaît devant la Cour de Justice de Paris en 1950. Lors de ce troisième passage devant un tribunal, des témoignages postérieurs à son procès de 1945 viennent édulcorer son implication dans la vague d’arrestations. Mais de nouvelles questions apparaissent et Georges Laurent semble amnésique ou évasif sur certains passages. Les témoins, s’enchaînent à la barre et se confrontent. Si les doutes de son implication profonde sont bien levés, d’autres persistent et le tribunal le condamne à 5 ans de prison et 15 ans d’indignité nationale pour avoir coopéré avec l’occupant."
Lorsque Georges Laurent est sorti de prison, Julien Origas, lui était déjà libre (prêt pour de nouvelles aventures avec l'Ordre du Temple Solaire). Il n'avait été condamné qu'à 4 ans de prison. Toussaint Jacob écopé de 10 ans. Chacun appréciera.
Les associations d'anciens résistants et de descendants d'anciens résistants ne sont représentatifs que de la fraction politisée défendant "une certaine idée de la Résistance". Autant les Résistants ont pu se montrer inconscient du danger et imprudent, autant leurs associations n'ont de cesse depuis la fin de la guerre de crier à la trahison.