Chef Chaudart a écrit:Pour faire une réponse la plus complète possible à Manu :
La priorité d’Hitler n’est pas la paix avec l’Angleterre, même s’il la recherche au mieux. J’ai des tonnes de raison qui me font dire cela, qui nous entraineraient trop loin. Il me suffit de préciser que, dans sa directive n°21 prévoyant l’opération Barbarossa, il indique que l’opération aura lieu même si l’Angleterre est toujours en guerre. Et ce n’est pas du pipeau, car il envahit bien l’URSS au printemps, comme prévu.
C'est peut-être parce qu'il a compris que la paix avec l'Angleterre avant Barbarossa était désormais hors de portée.
Chef Chaudart a écrit:Ensuite, vous faites une confusion entre possibilités tactiques et buts stratégiques :
Stratégiquement, le seul moyen de forcer l’Angleterre à la paix est d’envahir l’Ile. On sait ce qu’il en a été à ce propos.
Les options « périphériques », comme les gesticulations diplomatiques hitlériennes auxquelles on assiste à l’automne 40, ou celles que vous proposez, peuvent peut-être impressionner suffisamment les Anglais pour qu’ils déposent les armes. J’insiste sur le « peut-être », je vais y revenir…
Concernant les opérations que vous préconisez, je serais bien incapable de savoir si elles sont possibles et quelles sont leurs chances de succès. D’autres plus calés ont déjà esquissé des réponses. Je m’en tiendrais à des généralités stratégiques.
L’Allemagne n’a aucune expérience, ni les moyens, en matière de projection de forces ou d’opérations amphibies. Elle devra, si elle veut porter des coups en Méditerranée, se reposer sur un ou plusieurs alliés. Nous avons déjà vu les implications politiques négatives, pour Hitler, que cela supposerait.
Oui il faut s'appuyer sur l'Italie évidemment. Démembrer une partie de l'empire français aurait certainement eu des implications politiques négatives mais à quoi bon avoir écrasé la France alors ? En 1918 les alliés ne se sont pas arrêté à ce genre de considérations. La France n'était tout de même pas en position de force pour négocier.
Chef Chaudart a écrit:Plusieurs opérations sont possibles ou envisageables : la prise de Gibraltar, vous avez cité une intervention en Egypte, au canal de Suez, en Irak, à Malte...
Première question : quelles opérations feront plier l’Angleterre ? Aucune ne sera décisive en elle-même : Gibraltar est, certes, un symbole important, mais stratégiquement d’une valeur limitée. Le canal de Suez serait un coup très dur à la présence Anglaise dans cette partie du monde. Mais la Grande Bretagne est un vaste empire, dont la survie ne repose pas sur sa présence en Egypte ou en Palestine. Le pétrole Irakien est, certes, utile, mais les USA peuvent suppléer à sa perte. Quand à Malte, sa valeur militaire et symbolique, à ce moment, est nulle.
Quelles sont donc les opérations qui, isolément, ou prises ensemble, permettront de faire basculer l’opinion anglaise ? Personne ne peut le savoir. Pour éviter le doute, une solution serait de les tenter toutes simultanément, mais, outre le fait que cela ne garantirait pas le résultat, cela serait couteux et pourrait finalement nuire aux moyens mis dans Barbarossa si les pertes étaient élevées ou si du matériel devait être livré aux alliés.
Pour envahir les possessions britanniques depuis l'Egypte jusqu'à l'Irak, comptez peut-être une demi douzaine de divisions allemandes dans la phase finale de l'opération (afin de pouvoir tenir les territoires conquis) appuyées par quelques divisions italiennes et quelques escadres aériennes. Mais je pense qu'une Pzd appuyée par 2 ou 3 divisions italiennes aurait suffit à percer en Egypte dans la phase initiale. Les allemands sont expérimentés.
Chef Chaudart a écrit:Et, s’agissant d’opérations militaires, il y a toujours un risque qu’elles échouent. Et si les Grands-Bretons s’accrochaient à leur rocher de Gibraltar comme des moules ? L’effet serait contre-productif. La Wehrmacht serait la risée de la BBC et les Anglais plus combatifs que jamais. Et si la Regia Marina prenait une raclée terrible, n’osait plus aider à un débarquement ?
Contrairement à vous, je ne vois pas Gibraltar comme un objectif prioritaire. Qu'auraient fait les britanniques avec ce seul point d'appui en Méditerranée ? Ils n'auraient pas tenté une sorte d'opération Torch tous seuls. Tout au plus pouvaient-ils tentés quelques attaques surprises sur les bases italiennes en risquant leurs porte-avions. Il est difficile de menacer sérieusement l'Italie et ses voies de ravitaillement en Méditerranée orientale sans Malte. Je vois donc Gibraltar comme un objectif secondaire.
Chef Chaudart a écrit:Ou si elle refusait de sortir de ses ports et abandonnait les troupes débarquées en Egypte ou à Suez ? Un Dunkerque à l’Allemande ?
Je pensais à une conquête de l'Egypte à partir de la Libye et non par voie de mer.
Chef Chaudart a écrit:Et si les Français de Vichy, devenus alliés et réarmés pour aider à bouter l’Anglois hors de la Méditerranée, trahissaient et changeaient d’alliance ?
Les Français pour quoi faire si Gibraltar est secondaire ?
Chef Chaudart a écrit:Bref, beaucoup de prise de risque pour un résultat qui n’est pas assuré. Hitler tranche : ou mettra le paquet pour foudroyer l’URSS et on se contentera de menacer l’Angleterre du pire en espérant, on ne sait jamais, qu’elle chassera l’ivrogne enjuivé qui lui sert de Premier Ministre pour, enfin, revenir à la raison et signer la paix.
Engager une Pzd dans la phase initiale de l'opération ne me semble pas du tout être une prise de risque importante.