Bonjour tout le monde
J'ai, pour ce titre prétentieux entre tous, une bonne excuse : il n'est pas de moi mais de l'éditeur, au vu du produit qui s'appelait, sur le contrat, "Vingt idées fausses sur les nazis". Il m'est arrivé de résister fermement aux lubies de ces chefs d'entreprise, mais là je dois avouer que j'ai cédé immédiatement. Il y a des cas où il faut assumer !
Effectivement, ces vingt idées devaient leur fausseté, pour l'essentiel, à une méconnaissance du dictateur. Dont je suis, depuis 1999, l'unique biographe français, que je croyais assez bien connaître et sur lequel je mesure un peu plus chaque jour mon/notre ignorance.
Liste :
- Hitler était inculte ;
- il était paresseux ;
- le nazisme était un régime polycratique ;
- Hitler fut surpris par le vol de Hess ;
- la résistance allemande n’a jamais été infiltrée ni guidée par le gouvernement ;
- le grand patronat était au poste de commande ;
- les conservateurs ont joué un rôle prépondérant dans la nomination d’Hitler à la chancellerie ;
- le gouvernement nazi exerçait sur la culture un contrôle totalitaire ;
- les victoires d’athlètes noirs aux Jeux olympiques furent une amère surprise ;
- le soutien d’Hitler au général Franco fut constant ;
- le slogan « Kinder, Kirche, Küche » (les enfants, l’église, la cuisine) offre un résumé exact de la conception nazie de la femme ;
- les nazis ont proposé avant 1939 une alliance à l’Angleterre et ont essuyé un refus ;
- Munich a empêché une guerre en 1938 ;
- en attaquant la Pologne, Hitler espérait que l’Occident ne bougerait pas ;
- la résistance britannique était prévisible, Churchill lui donnant son style mais ne la créant pas ;
- obtenant la paix en 1940, le Reich aurait attaqué l’URSS aussi rapidement, voire dès 1940 ;
- la politique antisémite de Vichy était spontanée, en l’absence de tout guidage de l’occupant ;
- la déclaration de guerre aux États-Unis était une faute qui aurait pu être évitée ;
- l’attentat du 20 juillet 1944 fut suivi d’une répression aveugle et massive ;
- la Shoah n’était pas préméditée, elle succéda en raison des circonstances à une politique d’expulsion déjà conçue comme une solution finale.
Ces idées fausses ont germé d'abord, pour l'essentiel, dans un cerveau, celui d'Hitler lui-même. Ce sont autant de mystifications, qui expliquent une bonne part de ses succès et dont les historiens tardent à prendre conscience... en grande partie parce qu'ils le prennent pour un inculte, trop paresseux pour se soigner !

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