La bataille de la mer de Corail
4-8 mai 1942
Première bataille aéronavale de porte-avions
4-8 mai 1942
Première bataille aéronavale de porte-avions
*****
De tous les affrontements impliquant l’aviation embarquée japonaise et américaine dans le Pacifique, l'un d'entre eux marquera un changement radical dans le combat naval. La bataille aéronavale de la Mer de Corail en est le parfait exemple.
.Cette bataille se situe entre celle de Wake de décembre 1941 et celle de Midway en juin 1942. Elle se déroula du 4 au 8 mai 1942 soit un mois avant Midway.
La marine japonaise espérait alors occuper la partie orientale de la Papouasie et les îles Salomon mais la marine américaine était bien déterminée à empêcher toute nouvelle expansion japonaise dans la région. Au cours de la bataille, les Japonais perdirent le porte-avions léger Shōhō, tandis que la marine américaine perdit le Lexington, l’un des quatre porte-avions dont elle disposait dans le Pacifique.
Cette bataille fut une victoire tactique pour les Japonais en terme de tonnage coulé, mais une victoire stratégique pour les Alliés puisque l’expansion japonaise avait été stoppée.
De plus, deux porte-avions japonais furent si gravement endommagés qu’ils ne seront pas en mesure de participer à la bataille de Midway. Cette absence contribua à assurer la victoire américaine qui fera basculer le cours de la guerre dans le Pacifique.
Les effectifs des porte-avions USS Lexington (CV-2) et USS Yorktown (CV-5) étaient approximativement ceux ci:

USS Lexington (CV-2) en 1941
USS Lexington
21 F4F Wildcat
16 SBD Dauntless
12 TBD Devastator
Total; 49 avions

USS Yorktown (CV-5) en 1940
USS Yorktown
22 F4F Wildcat
18 SBD Dauntless
13 TBD Devastator
Total; 53 avions
Effectif total pour les deux P/A: environ 102 appareils
(Il faut toutefois distinguer l'effectif théorique du groupe aérien de l'effectif réellement opérationnel au moment d'une mission. Les chiffres varient donc légèrement selon les sources et selon que l'on compte les avions de réserve, de reconnaissance ou les indisponibles.)
De son coté, la flotte aéronavale japonaise comprenait trois porte-avions : les deux grands porte-avions de la 5e division,
les Shōkaku et Zuikaku, ainsi qu’un porte-avions léger, le Shōhō.

Le Shôkaku
18 Mitsubishi A6M Zero
21 Aichi D3A “ Val “
20 Nakajima B5N2 « Kate »

Le Zuikaku
Zuikaku
20 A6M Zero
21 D3A Val
22 B5N Kate
.jpeg)
Le Shôhô
12 A6M Zero
6 B5N Kate
Effectif total pour les trois P/A; environ 140 avions
La situation au dernier jour de combat, le 8 mai était la suivante :
Japon : Shōkaku + Zuikaku (Le Shoho avait été coulé la veille)
96 avions opérationnels -38 chasseurs - 33 bombardiers en piqué et 25 bombardiers-torpilleurs
États-Unis : Yorktown (Le Lexington a sombré la veille )
55 avions opérationnels 14 chasseurs - 32 bombardiers en piqué - 9 bombardiers-torpilleurs
(Chiffres indiqués par l'U.S. Naval History and Heritage Command pour le début de l'affrontement du 8 mai.)
*****
La Mer de Corail

Le commandant de la 4e flotte japonaise, le vice-amiral Inoue organisa trois groupes d’attaque qui se rassemblèrent autour de l’atoll de Truk, principale base navale japonaise en Micronésie et de Rabaul en Papouasie, en vue d’une expansion sur trois cotés du territoire japonais dans la dernière poche du S-O Pacifique qui n’était pas encore sous leur contrôle. Les trois objectifs étaient Port Moresby, le principal port de Papouasie où se trouvait une piste d’atterrissage; l’île de Tulagi, dans les îles Salomon; et les îles Louisiades, à l’extrémité orientale de la Papouasie. La plus grande force d’invasion se dirigea vers Port Moresby et les deux autres forces furent chargées d’établir des bases pouvant être utilisées par les hydravions japonais.
Les convois étaient protégés par une force commandée par le contre-amiral Aritomo Gotō. Elle était composée d'un porte-avions léger, le Shōhō, de quatre croiseurs lourds et d'un destroyer. De plus, une force encore plus importante, commandée par le vice-amiral Takeo Tagaki, menait l’assaut. Cette force comprenait deux porte-avions, le Shōkaku et le Zuikaku, deux croiseurs lourds et six destroyers. Au total, cette opération mobilisait une soixantaine de navires.
Les amiraux japonais avaient anticipé une riposte américaine face à leur dernière expansion, raison pour laquelle ils avaient divisé la force d’attaque en deux, dans l’espoir de prendre les navires américains en tenaille et, pendant l’engagement des combats, de permettre à la force principale de faire route sans encombre vers Port Moresby.

Douglas SBD-3 Dauntless endommagé du VB-6 après son appontage sur le Yorktown. Photo juin 1942
La marine américaine a réagit bien plus rapidement que ne l’avaient prévu les Japonais, grâce aux messages décodés dès le 9 avril. L’amiral Nimitz, fut immédiatement informé de la stratégie d’attaque sur deux fronts des forces japonaises. Nimitz créa alors deux groupes, chacun doté d'un porte-avions.
Les deux porte-avions déployés étaient le Lexington et le Yorktown. Nimitz ne disposait que de quatre porte-avions dans tout le Pacifique. Engager deux d’entre eux représentait donc un certain risque surtout que ses deux autres porte-avions, le Hornet et l’Enterprise, étaient de toute façon indisponibles. Chaque porte-avions disposait de sa propre escorte: le Lexington était accompagné par deux croiseurs et cinq destroyers, tandis que le Yorktown était escorté par trois croiseur. La flotte commandée par le contre-amiral John Grace de la Royal Navy fut déployée. Elle était composée du croiseur américain USS Chicago, de deux croiseurs australiens, l’Australia et le Hobart, et d’un destroyer américain, l’USS Perkins. Ces bâtiments avaient pour mission de défendre Port Moresby. Quatre sous-marins américains et douze hydravions PBY Catalina rejoignirent également les navires rassemblés dans les mers du Sud, leur rôle consistant principalement en des missions de reconnaissance.
Aichi D3A "Val"

Nakajima B5N "Kate"
A suivre...

Se Connecter









et 


dans: