Post Numéro: 2
de Nicolas Bernard
21 Sep 2007, 00:48
A ma connaissance, seuls les officiers de l'armée impériale avaient droit de porter le sabre. Dès lors, eux seuls avaient la possibilité de commettre le seppuku par voie rituelle.
Les simples soldats, en revanche, ne perdaient pas pour autant au change. Ils se plaquaient la grenade contre leur poitrine ou leur abdomen, afin de respecter, à leur manière, le rituel du suicide - outre que la démarche évitait aux autres soldats d'être fauchés par l'explosion, donc leur permettaient d'accomplir tranquillement leur devoir pour l'Empereur, lequel se démenait déjà, à l'époque, pour sauver sa peau.
Le seppuku, selon les circonstances, pouvait revêtir des formes variées, selon le manque de temps (le général Saïto, à Saipan, demandera à un subalterne de l'abattre d'une balle dans la nuque), la prudence (le maréchal Sugiyama se tirera quatre balles dans la poitrine), ou un sincère remords (l'amiral Onishi, avant de se suicider selon la cérémonie classique, laissera une note d'excuse aux Kamikaze sacrifiés pour une guerre qu'il désapprouvait).
De nombreux dirigeants japonais, civils aussi bien que militaires, n'oseront ainsi survivre à la défaite. Leur Empereur, en revanche, sans aucun doute soucieux de contribuer à la reconstruction de son pays dévasté, tiendra à sauvegarder sa précieuse vie et obtiendra même des Américains de ne pas être jugé par le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient siégeant à Tokyo.
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).