Héritage qui colle à la peau.
Un article du Wiener Zeitung. Je pense ne pas parler politique quand il s'agit de remonter à la source du mal... Mais encore ?
Brouiller, oublier, justifier : ces vieux nazis ont encore aujourd’hui pour complices les innombrables jeunes extrémistes de droite qui nient l’Holocauste ou défendent les crimes de leurs grands-pères et grands-mères comme « honorables », « bons » ou « inévitables ».
Jan Lohl, professeur de sociologie à Hanovre, a examiné dans son livre « L'héritage des sentiments et l'extrémisme de droite » comment la génération des auteurs, partisans et tolérants du nazisme a ouvert la porte à l'extrémisme de droite d'aujourd'hui. Ce que cette génération n’a pas fait, selon Lohl, c’est d’abandonner la croyance dans le « peuple allemand supérieur » et la croyance arrogante dans la « race des maîtres allemands ». Se débarrasser de cette idée absurde aurait nécessité un travail de deuil intensif, ce que la génération de la Seconde Guerre mondiale après 1945 n’a pas entrepris. Selon Lohl, ce processus de gestion de la culpabilité a été empêché par les grands-pères et les grands-mères agissant comme s'ils n'avaient pas été là du tout sous le Troisième Reich. Cela signifie que l’idée de « supériorité aryenne » reste intacte et est adoptée. De nombreux jeunes sont désormais convaincus qu’ils doivent, au nom de leurs ancêtres, effacer l’humiliation de la défaite et restaurer la grandeur allemande. Selon Lohl, ce sont ces « héritages de sentiments » à peine reconnaissables qui poussent tant de jeunes dans les bras des organisations de droite et d’extrême droite et les rendent vulnérables aux idéologies paranoïaques.
Il est important que les témoins contemporains aient la possibilité de rendre compte des horreurs des camps de concentration lors des derniers procès nazis. Les derniers survivants dont on peut encore se souvenir étaient des enfants à l’époque. Bientôt, il n’y aura plus personne pour signaler ces horreurs. Il faut espérer que ces crimes pourront encore être traités et que les blessures pourront enfin empêcher leur transmission à la génération suivante.

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