L'Auftragstaktik est une des pierres angulaires de la spécificité de l'armée allemande de la Seconde Guerre mondiale.
Mais que faut-il comprendre par là ?
1. Le chef doit donner des instructions qui doivent laisser toute leur place à :
. l'initiative ;
. l'autonomie ;
de l'exécutant, mieux à même de saisir l’évolution de la situation sur le terrain.
(SCHARNHORST)
2. « Les plans doivent contenir tout ce que le subordonné ne peut décider par lui-même en vue d’obtenir un but précis, mais seulement cela. Les situations dans lesquelles l’officier doit agir en se fiant à son seul discernement sont variées. Ce serait prendre les choses à l’envers que de vouloir attendre des ordres dans des situations où des ordres ne peuvent être donnés. »
(MOLTKE l'Ancien)

Infanterie prussienne 1870-71 (https://www.herodote.net/La_defaite_en_ ... 58-163.php)
Cette doctrine suppose des officiers de haut niveau dont l’indépendance de caractère doit est encouragée.
Elle apparaît dans le règlement de 1888, après plus de quinze années de réflexion et de débats consécutifs à la Guerre de 1870 (des Grenadiers s'étaient rendus, au Bourget, dès lors que le lieutenant qui les commandait avait été tué. Sans ordres, ces soldats prussiens avaient cessé de combattre).

Heinz GUDERIAN
En 1910, le jeune sous-lieutenant Heinz GUDERIAN est fortement imprégné de cette Auftragstaktik qu'il s'évertuera, toute sa carrière durant, à inculquer et développer. Et certainement, dans les années '30, dans la création et le développement de la Panzerwaffe. Dans son dernier ouvrage ("Heinz Guderian le maître des panzers"), Jean LOPEZ va même plus loin en écrivant que « …la future arme blindée allemande a été efficace par ce qu’elle a poussé sur le terreau fertile de l’Auftragstaktik. »
Il va sans dire que durant la campagne de 1940, cette doctrine basée sur l'initiative, l'autonomie et le discernement laissés au commandement de terrain (à tous les niveaux de la ligne hiérarchique) a permis à la ruée des Panzer de pousser jusqu'à la mer, parfois à des centaines de kilomètres des états-majors d'armée et de groupes d'armées. Face à un commandement allié à l'opposé, sclérosé par un système de commandement trop rigide.
Sources :
. JARDIN, P., Auftragstaktik in La Wehrmacht la fin d’un mythe, Perrin, Paris, 2019 pp.31-32
. LOPEZ, J., Heinz Guderian Le maître des panzers, Perrin, Paris, 2025, pp.32-34

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