La conférence du 23 mai 1939Lors de cette conférence, Hitler aborde 4 sujets.
1 - analyse de la situation L’Allemagne a amélioré sa position militaire et politique et a retrouvé sa place parmi les grandes puissances. Elle reste cependant isolée sur la scène internationale. Chacune de ses demandes est vue comme une ingérence, surtout par le Royaume-Uni qui craint plus la concurrence économique que la menace de la force.
Pour survivre, l’Allemagne doit acquérir des territoires, essentiellement à l’Est, afin de nourrir sa population et de sécuriser ses ressources. Le recours aux colonies n’est pas une solution à cause du risque de blocus. Si elle ne le fait pas dans les 15-20 prochaines années, ce sera le déclin.
2 - la tâche des forces arméesLa Pologne est un ennemi inévitable, malgré les traités d’amitié. Le conflit est lié à la sécurisation de l’espace vital et des approvisionnements alimentaires et au règlement des problèmes Baltes.
Il faut attaquer la Pologne dès que possible, en s’assurant que les puissances occidentales (France, Royaume-Uni) n’interviendront pas. Si cela s'avère impossible, il sera alors préférable d'attaquer à l’Ouest et de coloniser la Pologne simultanément.
L’Allemagne doit se préparer à une guerre courte ou longue (10–15 ans), en ciblant les faiblesses ennemies (ex. : approvisionnement du Royaume-Uni, occupation des Pays-Bas et de la Belgique pour sécuriser des bases aériennes).
Le Japon est un partenaire potentiel, mais sa collaboration reste incertaine. La Russie pourrait rester neutre si ses intérêts ne sont pas menacés.
3 - les conséquences pour les forces arméesL’Allemagne ne cherche pas la guerre, mais elle ne peut l’éviter. Le conflit avec le Royaume-Uni sera une lutte à mort, car ce dernier voit dans la montée en puissance allemande une menace pour son hégémonie. La stratégie contre le Royaume-Uni est la suivante :
- blocus : couper les routes d’approvisionnement alimentaire et énergétique du Royaume-Uni pour le forcer à capituler.
- attaques surprises : utiliser la Luftwaffe et la marine pour des frappes décisives, mais ne pas compter uniquement sur l’effet de surprise.
- occupation des Pays-Bas et de la Belgique : neutraliser les bases aériennes ennemies et sécuriser un nouveau front défensif.
En conséquence, l’armée doit être prête à passer rapidement de la paix à la guerre, avec une planification centralisée et secrète.
4 - la nécessité du secret absolu des décisions et des préparatifs- confidentialité : le succès dépend du secret total. Même les alliés (Italie, Japon) ne doivent pas être informés des plans détaillés.
- planification centralisée : un état-major restreint (OKW) est créé pour superviser la planification stratégique et technique, en évitant toute fuite.
- principe de "besoin de savoir" : seules les personnes directement concernées doivent avoir accès aux informations, et seulement au moment nécessaire.
- préparation à long terme : les programmes d’armement doivent anticiper les besoins jusqu’en 1943–1944, sans modification des priorités navales.
Le compte rendu rédigé par l'Oberstleutnant Schmundt est bien plus riche que la synthèse ci-dessus. Il est consultable en allemand ou en anglais :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9760029n/f562.itemhttps://nuremberg.law.harvard.edu/documents/2265-minutes-of-a-conference?mode=text