Passons maintenant au troisième groupement, celui du colonel Jouffrault, dont la zone d'action est à l'ouest d'Esch-sur-Alzette.

Sa composition est la suivante :
- 1ère Brigade de spahis (4ème RSM, 6ème RSA)
- GRDI 61
- 1 peloton de 5 H35 de la 3ème DLC
- des canons antichars de 25mm de l’escadron antichar divisionnaire de la 3ème DLC
- 1 batterie du 46ème RA (4 canons de 75 mm modèle 1897)
- 2 compagnies cyclistes des 51ème et 58ème DI, avec chacune 4 pelotons de fusiliers et un peloton d’armes (2 mitrailleuses Hotchkiss modèle1914, 2 mortiers et 1 canon d’infanterie de 37 mm)
Ce groupement doit parcourir une distance plus importante que les autres pour atteindre la ligne L2.
Le général Pétiet indique que le groupement entre au Luxembourg avant 8h25 (d’autres sources donnent 08h15). Le groupement débouche du sud (route vers Differdange) et du sud-ouest, les spahis franchissant la vallée de Lasauvage (n°1). Il progresse, en contournant ou en détruisant les résistances [y en avait-il vraiment?] par Differdange en direction de Soleuvre (n°2).
Le colonel Jouffrault, qui suit les avant-gardes, « aperçoit lui-même de gros avions blancs en train de se poser, ou déjà au sol, dans les prairies au nord de Soleuvre, mettant à terre des troupes. Il distingue également dans la même région, des parachutistes en cours d’atterrissage. Plus de 800 combattants résolus auront été ainsi, dira-t-il plus tard, débarqués sous notre nez. »
Le colonel a peut-être été témoin de la troisième vague des Fieseler, qu'il est difficile cependant de qualifier de "gros avions blancs". Aucun parachutiste n'a été signalé au Luxembourg, hors quelques pilotes abattus, et on ne voit pas où sont passés les 800 combattants allemands.
Niederkorn est atteint à gauche. À droite, le détachement de découverte n°3 s’empare de Soleuvre avec le concours des spahis et du GRDI 61 mais il butte sur le carrefour 2. Les allemands y ont mis en place une défense avec des canons antichar et des mines. Une auto-mitrailleuse est détruite. On fait appel aux H35 mais les chars ne peuvent progresser à cause du réseau de mines.
Le carrefour est finalement enlevé par une attaque de cavalerie. Le bilan est de trois chevaux morts et quatre cavaliers blessés chez les Français, 16 morts et 13 prisonniers chez les Allemands. Les spahis capturent un canon, des mitrailleuses, des fusils-mitrailleurs et des side-cars.
La progression reprend, par contournement ou enlèvement des résistances, en direction du nord-ouest (Sanem) et du nord-est (ferme Arsdorf, n°3, puis Limpach, vers 11h00). Peu après Limpach, , vers l'est, les spahis rencontrent et mettent en fuite un groupe de motocylistes allemands. Ils continuent vers l’est jusqu’à Reckange (à 900 m à l'est au-delà de la carte, sur la ligne L2).
Sur l’axe nord, le 6ème spahis atteint le moulin de Bascharage (n°4) vers midi. Il est stoppé par des unités ennemies venant du sud-ouest (Pétange) alors que les renforts allemands commencent à arriver en provenance du nord-est.
(à suivre)