
Il n'y a pas que la politique, ni le commandement militaire ; il y a aussi la chaine de commandement de l'industrie ...
A titre d'exemple, lorsque les marin-aviateurs de notre aéronavale se sacrifièrent en tentant de stopper les panzer-divisionen, ils étaient équipés pour moitié de LN-401/411 à moteurs Hispano-Suiza HS-12Xrs de 690CV flambant neufs, qui n'avaient même pas reçu la totalité de leurs équipements (viseurs notemment) ; voir
viewtopic.php?f=65&t=19438Or, ces avions avaient été commandés 2 ou 3 ans plus tôt, et le sacro-saint contrat signé alors prévoyait ce type de moteurs, qui en 1940 était obsolète, et dont il fallut sous-traiter la production d'une petite série (HS était débordé) pour honorer la commande.
De même, la politique française était de débloquer la totalité des crédit à la commande, et non à la livraison des avions, ce qui a permis, temporairement et uniquement sur le papier, de "gonfler les effectifs" de notre aviation avant la guerre.
L'idée de notre gouvernement était d'ainsi fournir de l'argent aux constructeurs pour leur permettre de se moderniser. Mais celà eut un effet pervers : les avionneurs se battirent pour décrocher des contrats, et non pour rendre leurs chaines plus productives ou construire de nouvelles usines ...
Lors de notre entrée en guerre, plus de la moitié des avions commandés et payés n'existaient que sur le papier, et les constructeurs fabriquaient à tour de bras des modèles corespondant à des contrats passés 1 à 2 ans plus tôt, et parfois déjà dépassés.
Lorsque nos décideurs se rendirent compte, peu avant l'entrée en guerre, de cet état de fait, ils passèrent aussi des commandes à l'étrager, principalement aux USA.
L'autre moitié de nos marin-aviateurs qui tentèrent de stopper les panzers en Mai 1940 étaient équipés de Vough V-156F, qui venaient d'être livrés en caisses dans le Nord de la France, et dont environ 40% furent détruits au sol, leur remontage n'étant pas encore terminé.
Mais ceci eut une autre conséquence : 1 à 2 ans plus tard, l'argent français fit que l'Amérique était prête à devenir "l'arsenal des Démocraties" !!!
Par comparaison, l'usine de Castle Brownich qui produisait des Spitfire anglais pendant la Bataille d'Angleterre avait été édifiée début 1939 sur fonds publics pour honorer une commande de 1.000 Spitfire Mk.I, et n'en produisit que quelques unités !!!
La production et les Ordes de Commande "glissèrent" automatiquement vers des Mk.II et III, puis Mk.V, tout simplement meilleurs.
De même, les premiers Spitfire étaient commandés et livrés avec des hélices bipales en bois, à pas fixe ; des hélices tripales à pas variable avaient un bien meilleur rendement, et permettaient aux chaseurs de grimper beaucoup plus vite.
L'Air Ministery contacta directement le constructeur (DeHavilland de mémoire), et celui-ci fit procéder à ses frais à la fabrication en urgence et au remplacement des hélices, et ne signa le marché (et ne fut donc payé) qu'une fois cette transformation effectuée ...